MAC #40 : Annie-Claude et Yann – Entre rêve et trop de réalité

Je me suis longuement posé la question du texte accompagnant les MAC que j’avais reçus d’Annie-Claude et de Yann.

Mais j’avais confiance. Je voulais laisser le temps se poser sur mes épaules, comme une main amicale.

Annie_le_brunJ’ai ainsi commencé à lire un livre qu’un copain m’avait récemment prêté. C’est un essai, écrit par Annie Le Brun, intitulé « Du trop de réalité » [Folio Essais n°444], dont les écrits naviguent semble-t-il entre poésie et essais littéraires.

Dès les premières lignes, on ressent la douce impression que cet ouvrage peut vous marquer. Peut-être profondément. Une étrange sensation d’appréhension vous saisit alors même que les mots lus se succèdent les uns après les autres et que leur sens résonne de façon persistante comme un écho primal à vos propres convictions.

Bref, pour l’instant, j’aime beaucoup.

On y lit par exemple cette citation de 1863 de Victor Hugo :

« Comme on fait son rêve, on fait sa vie ».

S’il y a bien deux personnes du monde blogUUesque auxquels j’ai immédiatement pensé à cette lecture, c’était [sincèrement] Annie-Claude et Yann.

Le MAC de Yann le montre bien : cet homme, ce bon p’tit gars est en quête. Il le montre là au beau milieu de toutes les directions qu’il peut aujourd’hui prendre, et pas que dans la Forêt Noire. Le MAC d’Annie-Claude est celui d’une femme, une sacrée bonne femme [héhé ;o) si tu me permets cette expression un peu familière, Annie Claude] qui nage aujourd’hui en plein rêve dans son paradis polynésien [regardez bien la photo, on y voit la trace du folklore local ;o)] tout en gardant ses pieds sur terre ferme [à Rangiroa précisément].

Mac40yannfortnoire Mac40annieclauderangiroaDeux personnalités fortes avec une certaine révolte intérieure qui sourd. Deux personnalités qui ne se ressemblent pas au premier abord mais que cette citation rapproche. En tout cas, selon moi.

Chacun, à sa façon, n’a pas tiré un trait sur son rêve, sur sa conscience sociétale et politique. Yann m’a apparu comme un être à devenir, qui se construit en se frottant avec son monde, naviguant entre son rêve et le trop plein de réalité. Annie-Claude, elle, a déjà accumulé la sagesse de la vie, de ses vies devrais-je plutôt écrire, entre son engagement citoyen [passé, présent et futur] et son rôle essentiel de transmission du savoir aux générations futures. Et chacun, j’en suis sûr, aurait pu être l’auteur de ce texte [écrit par Annie Le Brun toujours, op. cit.] :

« Avec le naturel de saisons qui reviennent, chaque matin des enfants se glissent entre leurs rêves. La réalité qui les attend, ils savent encore la replier comme un mouchoir. Rien ne leur est moins lointain que le ciel dans les flaques d’eau. Alors, pourquoi n’y aurait-il plus d’adolescents assez sauvages pour refuser d’instinct le sinistre avenir qu’on leur prépare ? Pourquoi n’y aurait-il plus de jeunes assez passionnés pour déserter les perspectives balisées qu’on veut leur faire prendre pour la vie ? Pourquoi n’y aurait-il plus d’êtres assez déterminés pour s’opposer par tous les moyens au système de crétinisation dans lequel l’époque puise sa force consensuelle ? Autant de questions qui me sont une raison de ne pas garder le silence, alors même qu’il serait difficile de dénombrer celles pour m’en dissuader. »

Hein dites ? Alors, pourquoi ?

Be cool, be open.

UU

ps #1: Feliz Año à toutes et à tous… avant la publication un jour [peut-être ;o)] de la note madrilène ! ;o)

ps #2: Pour ceux et celles qui ont pris comme bonne résolution en 2006 de me soumettre ou re-soumettre leur MAC, ben la bourriche à MAC est toujours au huuan@yahoo.com… ;o)

ps #3: Au rang des bons souvenirs, le précédent MAC d’Annie-Claude et le premier MAC de Yann !

Noël dans le Gers, Pâques sans averses

UU-collection : La campagne gersoise sous le givre
Voici le magnifique paysage auquel j’ai eu droit en allant courir le matin, au beau milieu de la campagne gersoise, pas loin d’Auch, le jour du réveillon de Noël. Le givre fascine plus que la neige, ne trouvez-vous pas ?

 

Gers_givre1 Gers_givre2 Gers_givre3

Gers_givre4Gers_givre5Gers_givre6Gers_givre7

Note : "Collection" est un terme déposé par Tivigirl.

UU-recipe : Foie gras frais poêlé au raisin et à la poire et flambé à l’armagnac blanc
Cette année, une énorme pression. Et une grande première aussi.
Faire un des plats du réveillon de Noël dans le Gers, dans la famille de douce Marie. Pour douze personnes, rien que ça. Toutes plus expertes les unes que les autres sur la cuisson du foie gras, de l’assemblage idoine.
Bon au final, je m’en suis bien tiré apparemment. ;o)

Foie_gras_frais_entier Foie_gras_frais_pol Foie_gras_frais_flamb Passez toutes et tous de très joyeuses fêtes.

Et à l’année prochaine ! Douce Marie et moi nous envolons demain pour un nouvel an madrilène grâce à mes innombrables miles Air France ! Hasta luego amigos !

Be cool, be open.
Sea tranquilo, sea abierto.

UU

Un peu de chouquettes dans un monde de brutes

Hier, j’ai acheté du pain à une boulangerie que je ne connaissais pas, dans un quartier que je ne connaissais pas.

Faut dire que nous recevions Mister Guess Who, de passage à Paris et qu’on s’est donnés rendez-vous chez nous pour un dîner convivial au son du fado de Mariza. Alors, fallait du pain. Forcément. Pour le fromage. Ben oui quoi, j’ai fait le pari qu’il aimerait le gouda au cumin. Et bien : Bingo ! ;o)

Bref, hier, j’ai dévalisé le peu de pain qui restait. Et ô belle surprise : un "geste commercial" fait avec le sourire par Madame la boulangère.

Trois chouquettes. Rien que trois.

ChouquettesMais c’était déjà énorme. Ce petit "geste commercial", un petit cadeau sucré, fait avec le
sourire, à un client qu’elle ne connaissait pas. Rien ne les obligeait.
Mais c’était comme ça hier soir : un peu de douceur dans notre monde de
brutes…

Arrivé dans la voiture, je les ai instantanément dévorés. En 10 secondes et quelques… ;o)

J’adoooooore les chouquettes, pas vous ?

Be cool, be open.

UU

ps 1 : pour écouter à nouveau un peu de Mariza, retrouvez le MAC #36 que j’avais écrit pour Guess Who…

ps 2 : Et puis pas rancunier pour un sou, le père Guess Who… Il m’a même
offert en parfait gentleman le livre de Proust dont est extrait son
texte des Meilleurs Mots Lus, sur la Mer… Vous savez, celui qui a
failli gagner [lire ma note précédente] ! ;o)

And ze 2005 winner is…

Ah la la la la la… Ca ne va pas du tout !

Pendant des semaines, le texte de Guess Who menait la tête… Et patatra, à la dernière publication, mon texte de Camus qui le devance de très très peu…

Je me retrouve … lauréat du premier prix Blogoncourt ! Avec ce [superbe] extrait de l’Eté de Camus

Pourtant ça a beaucoup débattu au sein du jUUry ! J’ai même protesté en refusant une première fois le prix mais Breizhette m’a rappelé à l’ordre !

Quand j’y repense, que de péripéties dans ce concours qui s’est déroulé sur 2 semaines : la polémique autour de Marc Lévy, les deux Marcel Proust [dont un qui a failli gagner], la belle surprise de Virgile-Virginie, l’incompréhension voire le rejet de Quignard, le coup de théâtre de ZeBigBro et le poème de ma nièce, la dernière minute de Marine

Il faudrait reprendre chaque texte pour les commenter un à un finalement… Personnellement, j’ai trouvé vraiment très intéressant le choix des textes qui nous ont été envoyés. Mélangeant originalité, qualité d’écriture et émotions… Il y en avait pour tous les goûts et cette diversité fait bon à goûter par les temps qui courent.

De la diversité, de la diversité ! Notre monde crie sa révolte pour une plus grande mixité culturelle. Entendons le !

En tout cas, il faut que je remercie la qualité du travail de notation du jUUry dans son ensemble : merci à Elisanne, Breizhette, Bourrique, Sweet Mary et doc Huff [tout perdu qu’il était au milieu de ces sirènes ;o)]. Merci à eux d’avoir été présents tout au long de ce jeu au [long] cours, d’avoir partagé leurs coups de cœur, leurs coups de gueule aussi ! Les remercier d’avoir pris tout ça à cœur tout simplement. Au final, on s’est bien marrés et on a eu un débat on ne peut plus ouvert [par émiles parfois, sur ce blog d’autres fois].

Par ailleurs, les prix spéciaux du jUUry sont :
– Prix Spécial de la Qualité de l’Ecriture : Kanji et le texte de Marguerite Yourcenar
– Prix Spécial de l’Originalité : Virgile-Virginie et le texte de Jean-Pol Lefèbvre
– Le Prix Spécial de l’Emotion et celui du Plaisir de la Lecture : UU [moi] et le texte de Camus.

J’imagine que l’Histoire ne retiendra [comme souvent] que le lauréat. Mais quand même, j’avais envie de partager avec vous ce qui composait le trio quasi-gagnant :
    Guess Who et son magnifique texte sur la mer
    ZeBigBro et le poème en anglais de ma nièce américaine de 17 ans
    et enfin last but not least, ze BOURRIQUE et son décapant texte balzacien !

Le cadeau promis [i.e. impression de tous les textes qui ont participé au Grand Concours 2005 des Meilleurs Mots Lus – reliés artisanalement] à tous les participants se fera bien sûr, p’têt pas avant Noël comme annoncé initialement mais il se fera ! S’ils souhaitent recevoir ce cadeau, ils peuvent me faire parvenir leur adresse postale par émile [huuan@yahoo.com] ainsi qu’un *vrai* nom pour la Poste ;o) !

Encore un dernier et

GRAND MERCI

à tous les participants qui m’ont suivi dans cette aventure littéraire ! ;o)

Be cool, be open.

UU

ps : Pour tout relire à Noël ou tout imprimer d’un bloc et ainsi passer véritablement un bon moment de lecture, on retrouve groupés  ici tous les textes ayant participé au Grand Concours 2005 des Meilleurs Mots Lus…

Que pensez-vous du Père Noël ?

Bon bon bon… Il faut que je vous fasse un peu patienter. Parce que douce Marie me demande un ultime délai [jusqu’à ce ouikende] pour remettre ses dernières notes du Grand concours 2005 des meilleurs mots lus. On saura enfin lundi qui aura le prix Blogoncourt !!!

Alors, on va meubler. Hein ? Vous n’avez rien contre ? Si ?… Ben tant pis, vous n’avez pas le choix: je vais meubler quand même.

Depuis l’année dernière, on voit fleurir sur les façades de maisons, d’immeubles des choses innommables qui prennent la forme de Père Noël qui montent [ou descendent ?] des tuyaux divers et variés ou autres balcons.

Pere_noelGenre celui ci-dessus qui descend le long de notre immeuble depuis bien 2 semaines [plus lent qu’un paresseux, c’est pour vous dire…]. Bref, j’ai une opinion claire à ce sujet. Mais je voudrais avoir votre avis :

Pour ou Contre les Pères Noël qui s’affichent sur nos façades à travers le pays ?

Voyez, ça meuble bien comme sujet non ? J’ai préféré vous en faire profiter plutôt que de vendre le sujet à la boîte de prod’ de Delarue [l’émission "Ca se discute", etc.].

Voilà enfin une note courte et débile du père U[b]U, pour annoncer un doux ouikende à tout le monde. Après mes récentes tergiversations altermondialisantes, ça fera du bien aux 2 neurones qu’il me reste.

Be cool, be open.

UU

Un amuse-gueule, une vespasienne, le cycle de Doha et l’inaction politique

Un amuse-gueule, une vespasienne et le cycle de Doha

1. Amuse-gueule
Les semaines passent et ne se ressemblent pas.
Chaque semaine, je passe un ou deux entretiens d’embauche.
Vous vous rappelez que je vais certainement changer de job.
Depuis ce temps là, je sors moins sur les blogs. Très peu même.
M’enfermer sur moi. Ou plutôt me ressourcer. Me retrouver.
Garder un pied-à-terre dans la mondoblogosphère.
Quelques notes par ci, par là. Comme aujourd’hui.
Le besoin de partager. Toujours et encore partager.
J’aime ce mot : Partager.

Ben voilà, maintenant ça s’accélère.
Et ça me prend un temps dingue.
Ces entretiens d’embauche sont comme une forme d’amuse gueule au sens littéral.
Montrer sa gueule sous le meilleur jour, jouer un rôle, prétendre qu’on est l’homme [forcément] de la situation et que forcément ce job là, il est pour moi !
C’est plutôt marrant.
Et vous verriez la gueule que je tire : bien sous tous rapports, le sourire, la décontraction, la confiance en soi et le discours bien rodé…
C’est pour toutes ces raisons que j’ai envie d’intituler ce paragraphe « Amuse-gueule ».

2. Réflexion vespasienne
Non, le paragraphe qui suit n’a décidément rien à voir avec une réflexion de WC public.

Au premier âge de la civilisation chrétienne, un homme inventa un système permettant de soulever des poids importants sans peine.
Surtout il rendait le travail moins pénible à ces personnes qui travaillaient durement. Qui plus est, il réduisait également le nombre de personnes nécessaires pour manipuler un poids équivalent.

L’empereur romain Vespasien aurait alors dit ceci envers cet homme, géniteur de cette prouesse technique:

« Tu as bien travaillé. Mais ta machine doit être détruite. Je ne veux pas jeter dans la misère tout un peuple de porteurs qui se verraient privés par là leur gagne-pain. »

Que penser de cette réflexion à l’aube de la conférence de Hong Kong, ouverte dans le cadre du cycle de Doha au sein de l’OMC ?

3. La mondialisation en plat principal : des aberrations mais tout n’est pas si simple
Je n’avais rien compris au cycle de Doha.
Depuis quelques jours, je commence à saisir l’enjeu, les vrais enjeux devrais-je dire.

C’est simple [je schématise un peu pour la bonne cause] et éminemment complexe à la fois.

Les Etats-Unis, l’Europe subventionnent considérablement leur agriculture.
Le Brésil a une main d’œuvre éminemment bon marché [voire, a aussi recours à l’esclavagisme].
L’Europe protège encore certains de ses marchés [sucre, etc] pour protéger ses emplois.
SubventionsGrâce à tout cela, les grosses industries agro-alimentaires occidentales inondent les pays en voie de développement en faisant semblant d’être compétitives.
Ce sont eux, ces multinationales, qui s’enrichissent de la mondialisation.
Ce sont eux qui veulent libéraliser le marché à outrance.
En même temps, ces industries permettent d’avoir des produits à bas prix sur les marchés des pays « pauvres » [quitte à recourir au « progrès » technique des OGM].

Madamedelbard2Nous mêmes, en France, nous achetons ces produits mondialisés. Ne serait-ce que des fleurs qui viennent en France par avion d’Amérique Latine. Moins chers que ces superbes roses rouges que j’offrais à douce Marie [« Madame Delbard »] quand on était étudiants dans le Quartier Latin.

De l’autre côté, les pays en voie de développement ne peuvent pas vendre au prix du marché mondial car le cours est trop faible par rapport à leur coût de revient [énorme vu leur petites structures]. Même sur leur propre territoire. Ils veulent donc une protection tarifaire sous forme de droits de douanes.

Par exemple, le sucre [dont le prix est inchangé depuis 1993] est garanti aux fabricants européens à un cours de 632 Euros/T. Rien que trois fois le cours mondial du sucre. L’Europe en fait bénéficier des pays de l’ACP [Afrique-Caraïbes-Pacifique] en leur rachetant du sucre à ce cours là. Sympa comme geste de solidarité mondiale. Mais c’est aussi une forme d’acharnement thérapeutico-économique alors que ces industries sont en phase terminale. Plus dure sera la chute. Avec à la clé la perte de 20.000 emplois industriels d’ici quelques années, lorsque ce protectionnisme aura cessé. En faveur du Brésil et son canne à sucre. Et l’ACP perdra brutalement, violemment sa manne de devises.

De façon générale, si on baisse les subventions agricoles en France, c’est toute une industrie paysanne qu’on pousse au bord du suicide social. Mais en attendant, ce sont les paysans « pauvres » des pays en voie de développement qui sont en train de crever ou du moins de ne pas se développer. On s’étonne qu’il se déroule alors des drames style Médina aux portes de l’Europe.

Seuls les plus gros et les plus forts ont leur mot à dire dans notre monde de brutes. C’est comme ça. Il faut juste le savoir.

Mais ce repli vers un protectionnisme économique n’est pas souhaitable. Il empêche l’adaptation des sociétés et des économies à des nouvelles donnes qui sont irréversibles. Sauf à dire à la Chine qu’il faut qu’elle arrête de produire des T-shirts pas chers et que les occidentaux arrêtent de vouloir les acheter à moins de 10 Euros. Nous sommes nous-mêmes par nos comportements d’achats les acteurs de cette mondialisation, de cette violence morale de par le monde.

Saviez-vous que la Chine elle-même craint maintenant que ses industries textiles soient à leur tour délocalisé dans d’autres zones moins chers en main d’œuvre en Asie ?

Mais c’est là que je boucle sur un leitmotiv personnel : de la responsabilité des hommes politiques à nous gouverner, à préparer notre société à ces changements profonds qui sont … prévisibles. Combien d’années par avance a-t-on su que le marché textile allait être ouvert à la concurrence ? Guillaume Sarkosy [à la tête de sa fédération de l’industrie textile] me fait bien rigoler à pleurnicher. Il a raison de dire que c’est un drame social pour l’industrie textile française. Mais son frère Nicolas, il aurait pu dire à ses copains de l’UMP [Chirac en premier] qu’il fallait mettre en place des filière de reconversion industrielle, mieux adapter la formation des bacs pros au besoin futur [vous savez, la gestion prévisionnelle des compétences ?]. Et puis on parle même pas des socialistes non plus qui n’ont pas été tellement meilleurs au gouvernement.

De toute façon, ils s’en foutent tous. Ce qui les intéresse, c’est leur élection à eux. Si ce sera untel ou unetelle qui sera choisi(e) après les primaires, à droite ou à gauche. Quant aux gros chantiers de fond, personne n’y mettra la main à la patte.

Bref, le politique est responsable.
Le politique est coupable.
Même dans son inaction.

Be cool, be open.

UU

ps : Y a encore des débats au sein du jUUry quant au lauréat du Grand concours 2005 des meilleurs mots lus… ;o) Fin de délibération d’ici quelques jours… ;o)

[crédit : Merci Fred pour la photo sur les subventions !]

Horaires d’ouvertUUre

Puisqu’il faut faire court sur les blogs, ben je vais tout simplement modifier mes horaires d’ouvertUUre. ;o)
Uu_1Légende photo : Prise près de la République à Paris il y a deux semaines. Pas de traficotage de photo. Juste un cadrage heureux.

Ben oui, c’est tout. Pas de réflexion UUesque aujourd’hui. L’envie de faire simple parfois. Chemin nécessaire pour plus de sérénité.

Un très bon et heureux ouikende à toutes et à tous.

Be cool, be open.

UU

Tous les chemins mènent à Londres

[jeUU : Quelque part dans cette note se trouve caché un morceau musical. On l’a entendu alors qu’on mangeait… On est tombés en amour de ce son. Manu Chao et Buena Vista Social Club peuvent aller se coucher… Ca vient de Bogota, ça groooove un maximum, avec un beat chaleureux et un flow de ragga à faire bouger le popotin aux plus réticents. Il accompagnera merveilleusement cette note colorée qui, comme les autres notes relatant les rencontres de bloggueurs, est quand même bien barrée. ;o) Enjoy folks !]


We were there, Sweet Mary and I ! Can you believe that, folks ?

A la fin du ouikende londonien, on en revenait à peine…

1. SchlUUrp

Notre dear Mireille from London « nationale » et notre Fab encore plus beau, plus rayonnant, plus bronzé que ce qu’il laisse entrevoir sur son blog…

Blablabla.

On a causé. On n’a pas arrêté de causer.. 

Et re-blablabla.

De choses et d’autres. Comme des copains zé copines qu’on n’avait pas vu depuis lontemps.

M’enfin, on aurait encore plus causé si Fab n’avait pas encore eu du taf et si notre p’tite Mireille [en fait, elle est deux fois plus grande que la Bourrique ;o)] n’avait pas été sur ses rotules avec son déménagement de dingue – juste trois jours avant notre arrivée… ;o)

Fabs_cakeEn tout cas, plein de blablabla et c’était bien sympa !

Pour accompagner le champ’ qui fêtait notre rencontre, Fab nous a apporté un sacré gâteau de derrière les fagots. Chocolat blanc et fruits. Ce serait le meilleur pâtissier de Londres que cela ne m’étonnerait qu’à moitié…

Puis le lendemain matin, festin de rois – festin de reines : Ze English Breakfast, avec baked beans [mmmh !], bacon, sausage, fried egg & toasts. Avec English Tea siouplé !

Ah j’oubliais les très bons scones dont on s’est empiffré le samedi, dès notre arrivée. [dear Mireille from London, it was just perfeeect !]

Bref : schlUUrp !

2. London train
London_trainBon cela dit, qu’a-t-on vu de Londres ?

Du tube, en veux-tu en voilà… N’aurais-je pas eu peur de choquer le modérateur mondain, j’aurais écrit qu’on l’a pris le tube, et dans tous les sens… Bon bref.

Mais pour tout dire, on a commencé par le suburb train. Aux toilettes gigantesques et aux rames top confort.

3. Shocking

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Smokey Arrivés à bon port, le choc : Smokey aurait disparu ?
En fait, non. Fausse alerte. Il dormait tranquillou sur le sofa.

4. UU-collection : London streets
London_truc1London_truc2London_truc3

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5. Old Spitafields Market

C’est simple, c’est notre marché préféré à Londres.

Pas vraiment un flea market.

Mais un marché qui mélange un peu tout.

De la bouffe bio, de la musique introuvable ailleurs, un stand indonésien aux milles senteurs et surtout aux délicieuses nouilles, des trucs bizarres [des cacahuètes enrobés de wasabi], des fringues de jeunes créateurs et autres stylistes en devenir, de la déco 100% british…
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Notamment, on a retrouvé un stand où Sweet Mary avait acheté il y a 3 ans un très beau T-shirt sur lequel est écrit : « Oh, where the hell is he ? ». Avec une très belle silhouette de femme cousue sur le devant. Elle le porte quasiment à chaque fois que je reviens d’un déplacement de plus de 2 jours : sa façon à elle de me dire qu’elle m’attend de pied tendre [pas ferme, hein !] quand je franchis le seuil de la maisonnée avec ma p’tite valisette à roulettes.

6. Le beau, le brut et le scato : The Upper Room, par Chris Ofili

Merci à Lunettes Rouges pour ses [toujours] bons conseils d’expo.

On a fait dans l’ultra court. Mais on l’a bien choisi. On connaissait Chris Ofili déjà, lorsqu’on l’a vu pour la première fois à la Tate Modern il y a 1 an. Déjà à l’époque, c’était un des rares à avoir retenu durablement notre attention au sein du foisonnement de l’exposition permanente de la Tate Modern. De l’art « brut » qui mérite amplement des qualificatifs tels que « beau ».

Chris Ofili donc.

Un artiste anglo-nigérian qui signe [tous ?] ses tableaux – toujours très forts en symboles, toujours très « bavards » – d’une touche très africaine : des bouses d’éléphant. Et oui…

En fait, ce n’est pas scato du tout. Plutôt élégant même, si je puis m’exprimer ainsi… ;o)

Ces bouses forment les pieds sur lesquels reposent ses grands tableaux et parsèment de temps à autre l’œuvre elle-même.
Marrant et profond à la fois. Et Dieu [ !] sait que je suis sceptique vis-à-vis de ce genre de démarche dans l’art contemporain.

Chris Ofili met donc en scène une superbe Cène, intitulé The Upper Room (2002).
Upperroom1

Les 12 apôtres de part et d’autre reprennent chacun le même dessin warholien d’un singe. De profil.

Pourquoi ces primates ? Certainement, comme on le lit à l’entrée de l’exposition , parce qu’ils font preuve de plus de compassion entre eux que les humains.

Pink_1 Brown_1 Green_1 Gold_1

Et seul de face, le grand singe doré. Mono Doro. Ou bien la figuration de Jésus-Christ. Instant de recueillement. La mise en scène, la lumière y est pour beaucoup. C’était vraiment impressionnant au sens premier : donner une impression sur l’âme, laisser une empreinte au visiteur qui passait par là, ce jour là.

Sweet Mary, tranquillement, appréciait en laissant le temps filer devant ses yeux émerveillés.
Recueillement2

6. Et une dernière pour la route : « Cockfosters »

Petite leçon de vocabulaire anglais.

CockfostersEn anglais, to foster veut dire : donner naissance, mettre au monde.

Mais to foster veut aussi dire stimuler, exciter.

Et puis, pour cock : vous n’avez qu’à chercher dans le dictionnaire ou sur G**gle…

Vous comprendrez quand vous aurez tout mis bout à bout.
Alors, je ne vous raconte pas. Quand j’ai vu ça, j’me suis dit : « Faut que je fasse la blague à Fab, c’est dirty joke mais bon ça me fait marrer quand même… » ;o)

Personnellement, j’aime bien l’humour british. Baptiser une station de métro avec le nom d’une société secrète imaginaire qui prône la dépravation et un abandon collectif au sexe. Y a qu’à Londres que ça pouvait arriver. Comme ces parlementaires qui allaient à la chambre des Lords il y a quelques années avec des dessous féminins [vous vous rappelez ?].

Oh shocking ! ;o)

Et c’est bien pour ça qu’on retourne aussi souvent à Londres.

Be cool, be open.

UU

Divagations polonaises

Cimg5113
Vous vous êtes déjà interrogés ici [sur ce blog – il y a longtemps] sur le type d’hôtel où je vais lors de mes déplacements à l’étranger. Ben en voilà un, tout à fait intéressant. Tout à fait somatique.

Vaste et impressionnante cour intérieure [l’espace vide en Pologne ne coûte pas cher à vrai dire. Pas encore].
Couloirs périphériques donnant sur ce vide vertigineux.
Rempli d’air brassé [full of hot air – autrement dit, vide de sens].
Et ces arbustes comme enfermés derrrière des barreaux.
Et moi, l’anonymous business traveler enfermé dans cette prison dorée.
A regarder par ma fenêtre sur cour…
Une fenêtre condamnée. Forcément.
Serions-nous les condamnés à un travail forcé d’un nouveau genre ?
Et une cour intérieure qui ressemble étrangement à une cour de promenade [de prison dorée ?].
Des impressions multiples sous forme de divagations polonaises.

(…)

Rien à voir:
Hmm hmm… Pour détendre l’atmosphère. Avez-vous déjà entendu ce
genre de doublage de films étrangers ? Non ? Et bien, en Pologne comme
ailleurs en Europe [Portugal notamment], c’est le même gars qui double de façon monotone,
monocorde et … monosexe les films anglophones. C’est surréaliste,
vous verrez. On a l’impression que Saturday Night Fever est devenu un documentaire sur l’âge d’or du disco. Ou mieux, une blague à 2 balles de Benny Hill. ;o)

Be cool, be open.

UU

Meilleurs mots lus #19 et #20 : Sweet Mary et UU

Bon ben voilà… Après le ouikende londonien [post demain à ce sujet], j’ai enchaîné pour deux jours avec un déplacement en Pologne [à Lodz plus précisément, grande ville industrielle à 2 heures de voiture de Varsovie].

La connexion Internet marche merveilleusement ici. Heureusement parce qu’aujourd’hui est un jour particulier. Pas forcément à marquer d’une pierre blanche [blanche comme cette belle neige nonchalante qui tombe de l’autre côté de ma fenêtre …] mais on arrive à la fin du festival des meilleurs mots lus… Une sacrée aventure de mots tout de même avec ses rebondissements tout au long des publications des un(e)s et des autres.

Pour Sweet Mary et moi, il est plutôt difficile de passer après tout ce qui a déjà été publié auparavant pour ce Grand concours des meilleurs mots lus [même si certains avaient déjà lu mon extrait de Camus voilà quelques semaines]. On a déjà tout eu : de l’émotion intense, de la forte originalité, de la grande qualité littéraire et souvent du plaisir à lire, tout simplement…

Je tenais aussi et surtout à remercier très chaleureusement tous ceux et toutes celles qui ont participé par leur choix de mots lus. Un grand, énorme, que dis-je une péninsule de merci ! Merci parce qu’ils/elles ont donné un peu d’eux-mêmes, parce qu’ils/elles se sont aussi un peu révèlé(e)s à nous par le choix des mots. De leurs mots.

Comme dirait Lacan, que je n’ai pas connu personnellement, le choix des mots n’est jamais anodin.

Merci enfin à ceux et celles qui ont participé par leurs commentaires. Nous savons tous qu’un festival ne vit que grâce à ses festivaliers, grâce à son public. Merci donc de nous avoir lu pendant ces 2 semaines de publications et parfois d’avoir commenté !

Pour finir, [désolé di Brazza – pourtant j’y travaille, tu le sais ! ;o)], je ne sais toujours pas serrer la paluche par blog interposé. ;o) Mais quand même, si je savais comment faire, j’aurais fait une standing-ovation à tous les participants de cette première édition du Grand concours  des meilleurs mots lus. Allez ! Tout le monde debout ! Et à très bientôt pour la délibération qui s’annonce passionnante !

Faudra laisser un peu de temps au jUUry [laissez lui la semaine, hein ?] pour délibérer. D’ici là, on saura à qui sera décerné le prix Blogoncourt ! ;o)

Be cool, be open.

UU

Meilleurs mots lus #18
Ces meilleurs mots lus sont extraits de : « Mémoires d’une jeune fille rangée », de Simone de Beauvoir (Folio, pp. 173)
Mots lus par : Sweet Mary
Blog : Même sans blog, elle est un peu chez elle ici quand même ;o)

Je ne régnais plus sur le monde ; les façades des immeubles, les regards indifférents des passants m’exilaient. C’est pourquoi mon amour pour la campagne prit des couleurs mystiques. Dès que j’arrivais à Meyrignac, les murailles s’écroulaient, l’horizon reculait. Je me perdais dans l’infini tout en restant moi-même. Je sentais sur mes paupières la chaleur du soleil qui brille pour tous et qui ici, en cet instant, ne caressait que moi. Le vent tournoyait autour des peupliers : il venait d’ailleurs, de partout, il bousculait l’espace, et je tourbillonnais, immobile, jusqu’aux confins de la terre. Quand la lune se levait au ciel, je communiais avec les lointaines cités, les déserts, les mers, les villages qui au même moment baignaient dans sa lumière. Je n’étais plus une conscience vacante, un regard abstrait, mais l’odeur houleuse des blés noirs, l’odeur intime des bruyères, l’épaisse chaleur du midi ou le frisson des crépuscules ; je pesais lourd ; et pourtant je m’évaporais dans l’azur, je n’avais plus de bornes.
Mon expérience humaine était courte ; faute d’un bon éclairage et de mots appropriés, je n’en saisissais pas tout. La nature me découvrait, visibles, tangibles, quantité de manières d’exister dont je ne m’étais jamais approchée. J’admirais l’isolement superbe du chêne qui dominent le parc paysager ; je m’attristais sur la solitude en commun des brins d’herbe. J’appris les matins ingénus, et la mélancolie crépusculaire, les triomphes et les déclins, les renouveaux, les agonies. Quelque chose en moi, un jour, s’accorderait avec le parfum des chèvre-feuilles. Chaque soir j’allais m’asseoir parmi les mêmes bruyères, et je regardais les ondulations bleutées des Monédières ; chaque soir le soleil se couchait derrière la même colline ; mais les rouges, les roses, les carmins, les pourpres, les violets ne se répétaient jamais. Dans les prairies immuables bourdonnait de l’aube à la nuit une vie toujours neuve. Face au ciel changeant, la fidélité se distinguait de la routine, et vieillir n’était pas nécessairement se renier.

Commentaire du participant : Le pouvoir et la grandeur de la nature. Son pouvoir d’apaisement, de « lavement » de tout ce qui nous encrasse, d’engloutissement, de perte de soi, pour en revenir plus riche. Comme un lavage de printemps. Car c’est avant tout un face à face singulier entre nous, terriblement seul et petit face à l’immensité et la beauté de la nature.
Ce livre, et particulièrement ce passage m’ont fait découvrir (il y a longtemps certes, j’ai triché, c’était pas en 2005, mais UU m’a piqué mon meilleur mot lu 2005 de Camus) l’infime poésie des petites choses qui nous entourent. Cela a révolutionné ma vision du monde et mon positionnement dans celui-ci (et oui, rien que ça !). J’espère que vous prendrez autant d’émotion que moi à le lire.
[NdUU : J’ai effectivement piqué ce texte de Camus à Sweet Mary. ;o) Il se trouve que nous avons échangé sur ce texte, que je ne connaissais pas, à la fin de l’été, et ce soir là, je lui ai littéralement pris des mains ce livre pour tout lire ! ;o) Depuis, ce texte m’a tellement marqué que je me le suis approprié. Pour le partager avec vous… Maintenant, vous savez tout, ou presque…]

Meilleurs mots lus #19
Ces meilleurs mots lus sont extraits de : « L’Eté », extrait du Retour à Tipasa, d’Albert Camus (1952)
Mots lus par : UU
Blog : hé oh, je ne vais quand même pas vous dire où c’est quand même non ?!

A midi, sur les pentes à demi sableuses et couvertes d’héliotropes comme d’une écume qu’auraient laissée en se retirant les vagues furieuses des derniers jours, je regardais la mer qui, à cette heure, se soulevait à peine d’un mouvement épuisé et je rassasiais les deux soifs qu’on ne peut tromper longtemps sans que l’être se dessèche, je veux dire aimer et admirer.
Car il y a seulement de la malchance à n’être pas aimé : il y a du malheur à ne point aimer. Nous tous, aujourd’hui, mourons de ce malheur. C’est que le sang, les haines décharnent le cœur lui-même ; la longue revendication de la justice épuise l’amour qui pourtant lui a donné naissance. Dans la clameur où nous vivons, l’amour est impossible et la justice ne suffit pas. C’est pourquoi l’Europe hait le jour et ne sait qu’opposer l’injustice à elle-même. Mais pour empêcher que la justice se racornisse, beau fruit orange qui ne contient qu’une pulpe amère et sèche, je redécouvrais à Tipasa qu’il fallait garder intactes en soi une fraîcheur, une source de joie, aimer le jour qui échappe à l’injustice, et retourner au combat avec cette lumière conquise. Je retrouvais ici l’ancienne beauté, un ciel jeune, et je mesurais ma chance, comprenant enfin que dans les pires années de notre folie le souvenir de ce ciel ne m’avait jamais quitté. C’était lui qui pour finir m’avait empêché de désespérer. J’avais toujours su que les ruines de Tipasa étaient plus jeunes que nos chantiers ou nos décombres. Le monde y recommençait tous les jours dans une lumière toujours neuve. Ô lumière ! c’est le cri de tous les personnages placés, dans le drame antique, devant leur destin. Ce recours dernier était aussi le nôtre et je le savais maintenant. Au milieu de l’hiver, j’apprenais enfin qu’il y avait en moi un été invincible.

Commentaire du participant : Du pouvoir des mots.
Lire Camus et pleurer.
Ce pouvoir est terrible.
Des mots.
De l’importance des mots.
Pourquoi écrire un mot ?
Pourquoi faire un mot ?
Comment se fabrique un mot ?
Comment un mot tisse-t-il un lien entre les êtres ?
Que s’y trouve-t-il en son for intérieur pour qu’il ait ce pouvoir ?
En vous offrant cet extrait quelques mots plus bas, je comptais initialement vous parler de bien des choses.
Parler des sens.
Parler de la lumière.
Parler de la Méditerranée.
Parler des mythes.
Parler des métaphores.
Parler du rythme, du glissement.
Parler du contenu, de la puissance de ce texte.
Tel un cri originel, un cri sourd et primal à la fois, de l’Homme au monde.
De l’Homme révolté par ce qu’il a vu.
Révolté par ce dont ses semblables sont capables.
Révolté par l’horreur de leurs actes qui ont précipité notre monde aux portes d’un enfer.
Finalement, je n’en ferai rien. Laisser parler Camus.
Et le lire en version originale.
Les yeux embrumés.
Sans filtre.