Je me suis longuement posé la question du texte accompagnant les MAC que j’avais reçus d’Annie-Claude et de Yann.
Mais j’avais confiance. Je voulais laisser le temps se poser sur mes épaules, comme une main amicale.
J’ai ainsi commencé à lire un livre qu’un copain m’avait récemment prêté. C’est un essai, écrit par Annie Le Brun, intitulé « Du trop de réalité » [Folio Essais n°444], dont les écrits naviguent semble-t-il entre poésie et essais littéraires.
Dès les premières lignes, on ressent la douce impression que cet ouvrage peut vous marquer. Peut-être profondément. Une étrange sensation d’appréhension vous saisit alors même que les mots lus se succèdent les uns après les autres et que leur sens résonne de façon persistante comme un écho primal à vos propres convictions.
Bref, pour l’instant, j’aime beaucoup.
On y lit par exemple cette citation de 1863 de Victor Hugo :
« Comme on fait son rêve, on fait sa vie ».
S’il y a bien deux personnes du monde blogUUesque auxquels j’ai immédiatement pensé à cette lecture, c’était [sincèrement] Annie-Claude et Yann.
Le MAC de Yann le montre bien : cet homme, ce bon p’tit gars est en quête. Il le montre là au beau milieu de toutes les directions qu’il peut aujourd’hui prendre, et pas que dans la Forêt Noire. Le MAC d’Annie-Claude est celui d’une femme, une sacrée bonne femme [héhé ;o) si tu me permets cette expression un peu familière, Annie Claude] qui nage aujourd’hui en plein rêve dans son paradis polynésien [regardez bien la photo, on y voit la trace du folklore local ;o)] tout en gardant ses pieds sur terre ferme [à Rangiroa précisément].
Deux personnalités fortes avec une certaine révolte intérieure qui sourd. Deux personnalités qui ne se ressemblent pas au premier abord mais que cette citation rapproche. En tout cas, selon moi.
Chacun, à sa façon, n’a pas tiré un trait sur son rêve, sur sa conscience sociétale et politique. Yann m’a apparu comme un être à devenir, qui se construit en se frottant avec son monde, naviguant entre son rêve et le trop plein de réalité. Annie-Claude, elle, a déjà accumulé la sagesse de la vie, de ses vies devrais-je plutôt écrire, entre son engagement citoyen [passé, présent et futur] et son rôle essentiel de transmission du savoir aux générations futures. Et chacun, j’en suis sûr, aurait pu être l’auteur de ce texte [écrit par Annie Le Brun toujours, op. cit.] :
« Avec le naturel de saisons qui reviennent, chaque matin des enfants se glissent entre leurs rêves. La réalité qui les attend, ils savent encore la replier comme un mouchoir. Rien ne leur est moins lointain que le ciel dans les flaques d’eau. Alors, pourquoi n’y aurait-il plus d’adolescents assez sauvages pour refuser d’instinct le sinistre avenir qu’on leur prépare ? Pourquoi n’y aurait-il plus de jeunes assez passionnés pour déserter les perspectives balisées qu’on veut leur faire prendre pour la vie ? Pourquoi n’y aurait-il plus d’êtres assez déterminés pour s’opposer par tous les moyens au système de crétinisation dans lequel l’époque puise sa force consensuelle ? Autant de questions qui me sont une raison de ne pas garder le silence, alors même qu’il serait difficile de dénombrer celles pour m’en dissuader. »
Hein dites ? Alors, pourquoi ?
Be cool, be open.
UU
ps #1: Feliz Año à toutes et à tous… avant la publication un jour [peut-être ;o)] de la note madrilène ! ;o)
ps #2: Pour ceux et celles qui ont pris comme bonne résolution en 2006 de me soumettre ou re-soumettre leur MAC, ben la bourriche à MAC est toujours au huuan@yahoo.com… ;o)
ps #3: Au rang des bons souvenirs, le précédent MAC d’Annie-Claude et le premier MAC de Yann !