Parce qu’il n’y a plus de dialogue

Hier soir, soirée anniversaire pour les 30 ans d’un copain. Tout se passe bien grâce à un sacré punch à la canneberge agrémenté d’un champagne-rhum blanc. Puis, des bruits vers 21 heures. Beaucoup de bruit.

On est rue d’Avron, au 4ème étage avec une perspective qui remonte jusqu’à la porte de Montreuil. Des jeunes, en manque de manifestation anti-Sarko, viennent de faire basculer sur la chaussée un récup-verres [voir la photo plus bas]. Une banderole "Etat-Sarko, on aura ta peau", ou quelque d’approchant. A cette heure-ci, on ne parle plus de CPE.

Plus d’une vingtaine d’entre eux repartent avec 2 bouteilles en verre à la main. La nuit va être rude pour les CRS.

J’avais garé ma voiture rue d’Avron justement. Je descends pour voir. Voir la voiture mais aussi tout simplement voir. Avais-je l’ambition de croire que je pourrais comprendre quelque chose en descendant voir ? Douce Marie me dira après que c’était un beu bargeot de descendre dans ce tumulte. Peut-être.

J’ai donc vu ma voiture. Une poubelle en feu sur la chaussée, à cinq mètres de la voiture. Rien de méchant. Puis j’ai vu les vitrines de la rue. Au début, j’avais cette impression qu’elles étaient toutes cassées sur 20 mètres. Je réaliserai plus tard en rentrant chez nous à la fin de la soirée que c’était *uniquement* des institutions : MACIF, Banque Populaire, BNP et… McDonald’s. Pas de vitrines de commerce, pas de restaurants touchés par cette folie passagère.

Nous ne sommes pas au degré zéro de l’acte délinquant des casseurs. Nous sommes juste au dessus. Comme une envie, un besoin irrépressible de s’exprimer. Et l’impossibilité de le faire autrement que par la violence et des actes publiquement visibles et provocateurs. Une forme de réponse à un dialogue de sourds.

Mais alors une question : n’est-on plus capable de dialogue dans cette société ? ne sait-on plus se parler entre gens de la Cité ?

"La Cité n’est pas une famille mais un lieu où l’on se connaît de vue" – Aristote

J’ai envie d’ajouter : où l’on peut dialoguer à tout instant.

Oui, le marché du travail en France est rigide et doit être réformé. Oui, la société a peur de la précarité.

Puis je pense à Villepin qui a brandi le 49.3 et qui a martelé son discours de fermeté sur la nécessaire application de cette loi.

Puis je pense à Sarko qui fustige des pans entiers de la société avec ses "karchers" et ses "racailles".

Puis je pense qu’on n’y arrivera pas. Pas avec ces hommes politiques là.

Be cool, be open.

UU

ps : comble de l’histoire, les CRS avaient allumé [exactement !!!] 30 bougies bleues pour cette soirée d’anniversaire. Y a des trucs dingues qui se passent parfois, on croirait presque aux théories du complot. ;o)

Crs_bougies_bleues

Une devinette chantée pour se détendre de tout ça

Ah, tu verras,
Tout recommencera, tu verras,
L’amour c’est fait pour ça, tu verras,
Je ferai plus le con… [etc.]

Qui chante donc ?

Pas d’indices [pour le moment]. ;o)

Allez bizz à toutes et à tous pour un beau ouikende de repos [je ne sais pas pour vous, mais je suis sur les rotules… même pas eu le temps d’assurer la suite du débat]

Be cool, be open.

UU

A-t-on la société que l’on mérite ?

Précision extrêmement importante : mon but n’est absolument pas de juger sur le fond le travail en cours, réalisé par la commission parlementaire sur l’affaire d’Outreau, ou plus précisément sur les potentiels dysfonctionnements soit du système judiciaire au global soit de Fabrice Burgaud, juge d’instruction sur ce procès. C’est un point de départ à une réflexion plus générale, qui m’inquiète beaucoup plus finalement.

Nous sommes lundi, et j’exUUlte.

Inversons le problème. Et si Fabrice Burgaud n’était pas responsable. Et si c’était la société elle-même qui est responsable de ce dérapage judiciaire [plusieurs personnes emprisonnées à tort en détention provisoire, parfois durant plus de 30 mois].

Re-situons le contexte. Nous sommes dans l’ère post-Dutroux. La société [tant française que belge – à en juger par nos journaux télévisés de l’époque et le nombre de correspondants des différents médias envoyés là bas] est traumatisée. Et dans un mouvement de *psychose collective*, personne ne veut que *ça* ne se reproduise.

Un *ça* sale et répugnant.

Et hop, on se remet à vivre l’équivalent moderne du gibet et de la catharsis collective par le lynchage en direct du coupable.

Ok ok, peut-être qu’il était trop jeune, le Fabrice Burgaud. Peut-être. De toute façon, comme je l’écris plus haut, il y a une commission parlementaire qui [j’espère] saura nous le dire en toute objectivité.

Et je ne contredirai personne qui voudra me rappeler – si besoin est – ce point là.

Mais mon point est ailleurs.

Peut-être qu’il était trop jeune. Peut-être pas. Vous ne m’enlèverez pas de la tête que les médias sont – du moins en partie – responsables de cette psychose collective. Ad minima, ils en sont partie prenante.

Selon Samuel Lepastier, [psychanalyste à la Pitié Salpétrière]:

« Outreau est un procès de sorcellerie des sociétés post-modernes » [entretien dans le Monde du 8 Février 2006].

J’accuse les médias. J’accuse notre société hyper-informée. J’accuse la sur-médiatisation. J’accuse l’information-spectacle.

Ok ok, l’information circule vite.

Ok ok, l’information véhicule un puissant sentiment de liberté. Mieux, elle est même parfois directement synonyme de liberté dans certains pays où les journalistes ne peuvent exercer dignement et librement leur travail.

Mais on ne doit pas pour autant faire l’impasse d’une réflexion de fond. Notre société moderne est minée, gangrénée par la fausse information. Pas la désinformation. Mais l’information sans recul. Celle du journal télévisé de TF1 [aussi bien le 13h que le 20h d’ailleurs]. Celui là même qui caracole en tête de toutes les mesures d’Audimat.

De là à croire que ce type de journal vous vend du temps de cerveau disponible, je ne ferai qu’un pas. Allègrement qui plus est. Mais il n’y a pas qu’eux à juger. Ce sont ceux qui le regardent. Ceux qui acceptent de se laisser manipuler par une telle information-spectacle que je condamne encore plus fortement.

J’accuse notre société hyper-informée. Je l’accuse de se laisser faire. Je l’accuse de se laisser manipuler. J’accuse son manque de courage. J’accuse son manque de recul. J’accuse sa léthargie et son incapacité à tirer seule la sonnette d’alarme.

« L’opinion publique, c’est la bêtise en action » Julien Green

Si les médias cherchent le scoop, c’est qu’il fait vendre. Et que les gens achètent. Et donc quoi de plus humain que de vouloir avoir le scoop le plus retentissant.

Rappelez vous il y a quelque temps [plus d’un an, non ?] cette mythomane qui s’était dite agressée dans le RER parisien par des jeunes voyous : je crois qu’elle avait déclarée s’être fait taggée des croix gammées sur son ventre de femme enceinte, dans un grand moment de mythomanie. En fait, peu importe cette histoire. C’est surtout que la pression de la société est telle que qu’il faut absolument agir *de suite*. Faire un communiqué de presse. *De suite*.

Comme ce récent meurtre antisémite il y a quelques semaines. Il faut occuper le terrain médiatique car on pourrait a contrario se faire taxer paradoxalement de sympathie pour les antisémites en cas de silence trop prolongé.

Jusqu’à des revues – réputées comme sérieuses, telles que Nature ou Science, qui ont publié des scoops scientifiques qui se sont révélés infondés [ex. Hwang Woo-suk, le scientifique coréen et son faux clone humain]. La course au sensationnel mène droit au mur, si ce n’est au bide scientifique en l’espèce.

On ne nous donne plus le temps. Malheureusement, c’est justement ça dont on manque.

Le temps. Le recul. Se poser. Et réfléchir [Le fait-on encore ? Ah la crise des intellectuels…].

Cela me fait penser qu’il faut que j’achète, que vous achetiez ce hors-série de la revue Le Débat, dirigée par le brillant Marcel Gauchet [le Désenchantement du monde, etc.]. Je l’ai entendu récemment sur France Q : c’est un hors-série sur la société des médias. Ou comment société et médias interagissent, pour le meilleur et pour le pire. Il est urgent que nous le lisions tous, ce hors-série, pour comprendre dans quel monde nous vivons.

Urgences_1

J’avais écrit une note sur les relations patient-médecin il y a quelques semaines, disant en substance que si les médecins tiennent parfois un discours trop prudent avec leurs patients, c’est que la société ne tolère plus l’erreur médicale. La zéro-tolérance médicale, absurde invention postmoderne.

J’ai ce même sentiment aujourd’hui. La pression de notre société est en train de la transformer de façon particulièrement profonde, et j’ai bien peur que cela ne soit pas dans le bon sens. Et on le réalisera peut-être un jour mais on sera bien égaré avant de revenir en arrière et choisir un autre chemin.

Je simplifie volontairement : un maire peut être condamné pénalement pour un accident qui s’est produit dans un jardin d’enfants sur un équipement défectueux de sa commune ; un directeur d’hôpital peut être condamné pour avoir sélectionné un architecte qui a proposé un circuit de canalisation ayant engendré à terme de la légionellose. Comme ça, on se dit : quoi de plus normal que d’avoir un responsable, mieux un coupable.

Ce que l’on réalise moins dans « l’opinion publique », c’est qu’un jour il n’y aura pas plus personne pour exercer certains métiers. Du moins, il n’y en aura plus assez. Ou pire, ce ne seront pas les plus compétents. Car il sera devenu tout simplement impossible d’exercer certains métiers.

Commençons [au hasard] par les gynécologues-obstétriciens pour lesquels le montant des assurances devient de plus en plus important du fait du nombre croissant de procès à leur encontre. Celui de mon assistante l’a plantée d’ailleurs pour cette raison. Elle ira se faire … accoucher ailleurs.

Et puis maintenant les psychiatres experts près la Cour d’Appel [c’est un des problèmes fréquemment soulevé par la justice en général : le manque de disponibilité et de compétences en psychiatrie pour pouvoir avancer dans les dossiers et in fine rendre des décisions de justice].

Qu’est-ce que je cherche à illustrer ici ? Qu’il est légitime d’exiger le progrès à tous les niveaux, de vouloir réduire les risques partout, d’avoir un résultat à la hauteur de ce pour quoi on a payé, etc. Mais que cette demande légitime, générale de la société – moi compris – ne se fait pas « toutes choses égales par ailleurs ».

Il y a besoin [notamment] :
– de plus de ressources [tant financières qu’humaines]
– de plus de tolérance [et oui, paradoxalement, le droit à l’erreur fait progresser]
– de plus de temps [alors qu’on est pressé par les échéances électorales, financières, budgétaires, etc.]
– d’un changement de NOS mentalités.

Mais qui mettra de sa poche pour cela ? Qui mettra du sien ?

Prenez par exemple le principe de précaution. On en parlait la semaine dernière avec douce Marie. Ah ah, cette notion me fait marrer…

Tout le monde s’accorde pour dire qu’il faut appliquer le principe de précaution autant que faire se peut, dans tous les domaines. Mais pour cela, il faut [c’est dans la définition même du principe de précaution] faire se matérialiser des risques encore inconnus jusqu’à présent. Car c’est seulement en envisageant le pire [i.e. la matérialisation des risques qui – je le rappelle – n’existent pas encore ou ne sont pas encore avérés par définition] que l’on peut prendre des décisions « de précaution ». Même lorsque l’état de l’art est moins avancé que la décision que l’on doit prendre [dernier exemple en date : le virus du chikungunya].

Vous comprenez que le principe de précaution me fasse marrer… Comprenons nous bien : je trouve ce principe de précaution fort à propos. Moi même dans la vraie vie me l’applique ce principe à plusieurs titres. Mais bon, force est de constater que ce principe de précaution reste un leurre tant qu’on n’a pas mis les moyens de prévention ou d’action en face.

La zéro-tolérance [politique, médicale, judiciaire, professionnelle quel que soit le secteur] a un prix. Et quelqu’un doit payer. J’ai bien peur que ce soit la société elle-même qui paiera de sa poche ce lourd tribut.

Je sais : je mélange tout. Mais pas tant que ça. Je bouillonne, j’exUUlte. Et pourtant, il ne faut en vouloir qu’à nous mêmes. Il me semble que l’on n’a que la société que l’on mérite.

Be cool, be open.

UU

ps : mes sincères excUUses aux ami[e]s blogueuses et blogueurs – en particulier celles et ceux qui ont un blog. Je ne vous délaisse pas. En fait, je manque cruellement de temps [boulot, *vraie* vie]. Je profite d’une toute petite éclaircie temporelle pour écrire cette [longue] note. Parce que j’avais besoin de partager cela. Parce que ce sujet est devenu soudainement urgent. J’espère que vous ne m’en voudrez pas de m’absenter de mon UUnivers connUU. Merci en tout cas à celles et ceux qui continuent de bUUtiner par ici. ;o)

Agnelli (*)

PienzaFromages_pienza (*) Agneaux en italien…

La veille de Ferragosto [qui n’a pas connu le 15 août en Italie ne peut imaginer ce qu’est une grande fête populaire, vraiment ! Surtout en Sicile, mais bon, c’est une autre histoire], douce Marie et moi vadrouillions par monts et par vaux dans la campagne toscane, précisément autour de Pienza et ses fromages bien odorants…

Bref, juste après un virage un peu serré que je prenais à la Fangio [une expression de douce Marie pour m’engueuler en général pour ma vitesse], elle eut une vision. Pas dans l’eau de Seltz hein. La vision d’un agneau [saint ?]. Ou plutôt d’un bébé agneau.

L’espace de 5 secondes [si si, on parle très vite parfois avec douce Marie], juste le temps de débattre :

– Euh, tu l’as vu ?
– Vu quoi ?
– Ben l’agneau ?
– Non quel agneau ? Tu parles du gigot de midi ?
– Mais non, là, juste après le virage !
– Quel virage ?
– Ben celui que tu viens de prendre à la Fangio !!
– Ah ?
– Alors, tu l’as vu ?
– Quoi ?
– Ben l’agneau ?
– Euh… non.
– Mais si !
– Je te dis que je ne l’ai pas vu.
– Mais si !
– Bon d’accord, je l’ai vu. Et donc ?
– Ben je crois qu’il était tout seul.
– Ah ? C’est un problème ?
– Ben oui, je crois que c’était un bébé.
– Ah ! Ben, si c’est un bébé, ben j’m’arrête alors..

Et hop, de 90 km/h, je passe à zéro en 20 mètres [ce qui est pas mal entre nous, hein ;o)].

Et hop, à l’italienne, je mets une marche arrière sur la voie de droite de la départementale pour revenir au point exact de la vision. Sauf que le temps des 5 secondes, on avait déjà parcouru 400 mètres.

Arrivé au virage [la voiture mal garée sur la chaussée, à la sortie d’un virage, tout ça pour un gigot d’agneau], nous descendons de la voiture et partons à la recherche de la vision.

La vidéo du petit agneau toscan (4,7 Mo)

On finit par le trouver par le son de son bêlement [ça bêle un agneau ?].

Il est adorable comme tout, attendrissant, à tel point qu’on en a les larmes aux yeux quand nous réalisons soudain qu’il est perdu, définitivement séparé de sa mère. Nouveau débat :

– Ben on fait quoi Marie ?
– Ben on essaie de l’attraper pour le ramener chez lui ?
– Ok, mais c’est à dire que les barbelés là m’empêchent de passer les bras par dessus.
– Ah…
– Mais j’ai une idée
[NdUU : je ressemble de profil à McGyver] !… [je montre la barrière 400 mètres plus loin, là où j’ai fait piler la voiture]
– Oui, t’as raison, on va passer là bas…
– […] Mince alors, on peut pas plus rentrer dans ce champ par là.
– […] Zut, il est parti où le petit agneau ?
– […] Là, là, il est caché dans le petit bosquet. Mais j’y pense : si je l’attrape, il va sentir l’humain. Et peut-être qu’il sera rejeté par sa mère
[je repense aux docus que je regardais quand j’étais petit sur les bébés orang-outans] !
– Ah ? Tu crois ?
– Mais j’ai une autre idée
[NdUU : réplique assénée avec le même profil ;o)]. Tu vois la ferme là, je suis sûr que c’est le propriétaire et du champ et de l’agneau [on voit la ferme dans la vidéo].
– Ah ? Tu crois ?

On file là bas, trouve un vieux monsieur, probablement le propriétaire. 70 ans environ, « non parla francese, non parla inglese… ». Bref, je baragouine un mélange d’espagnol, d’italien à 2 balles et de langage international des mains :

– Alli si trova un picolo agnello ? Es a lei ? Si si, per che é picolo e piensa que é perdido…

Bon voilà, le monsieur a répondu avec ses mains qu’il avait tout compris. Il voyait bien que je parlais de son petit agneau.

Les yeux encore embués d’émotion, nous sommes repartis avec douce Marie, le cœur soulagé d’avoir sauvé la vie de ce petit agneau.

MaremmaOn était complètement à la bourre pour continuer notre chemin et faire le check-in à l’hôtel où on était attendus à la Maremma, magnifique région en bord de mer au sud de la Toscane. Un vrai petit paradis naturel…

On risquait de perdre notre résa tellement le coin était surbooké par les Italiens pour Ferragosto.

Mais bon, on s’en moquait tellement on était plein de bonheur ce soir là.

Be cool, be open.

UU

La pensée du vendredi #8: Trois – Un mot, un chiffre

Un mot, un chiffre.

Ne le saviez-vous pas ? Notre monde est gouverné par le chiffre trois.

Un troisième Œil…

Un troisième Sexe ?

Ou bien à l’opposé de l’axe de la Morale : la Sainte Trinité.

Ou bien encore, l’homme condamné par le Sphynx à finir sa vie en marchant sur ses trois pattes.

Je leur préfère la troisième Voie, entre capitalisme et socialisme.

Trois_bouleaux_1Ah ha, de ma part, finalement, il ne pouvait en être autrement. C’est la voie du Milieu, celle de Bouddha.

Comme ces bouleaux que l’on plante toujours par trois, sempiternellement.

Des triplettes quoi, comme à Belleville.

Trois enfin comme le début d’une famille.
Un père, une mère et …

Très bon ouikende.

Be cool, be open.

UU

Une semaine pas comme les autres

Ce que mon cortex a vécu depuis samedi dernier.
[non, je n’exagère même pas ce qui suit].

Tulipe64Samedi :
Bloganniversaire
Valse-hésitation
Atermoiement
Dérive
Enfoncement

Tulipe65Dimanche :
Déconnexion
Appréhension
Panique
Décollage
Amerrissage
Tremblements

Tulipe66Lundi :
Silence
Nervosité
Ponction
Errance
Immobilisation
Cauchemars

Tulipe67Mardi :
Déperdition
Fuite
Peur
Tension
Asphysie

Tulipe74Mercredi :
Moiteur
Appréhension
Irritation
Puis délivrance
Pleurs
Soulagement

Tulipe75Jeudi :
Stress
Pression
Angoisse
Culpabilité
Anxiété
Décompression
Pleurs [encore]

Tulipe76Vendredi :
Stress
Pression
Angoisse
Sérénité
Succès
Exténuement
Décompression

Aujourd’hui samedi, j’ai l’impression d’avoir vécu une semaine en enfer : voir la liste sus-citée.

Pour douce Marie, la semaine qui précédait avait été une des semaines les plus difficiles qu’elle ait eu à vivre professionnellement depuis 3 ans. Mais c’est pas ça le plus important.

Pour moi, c’était aussi une des semaines où j’ai eu le plus de stress, de pression, de montée d’adrénaline depuis 7 ans que je bosse dans cette boîte. Mais c’est pas ça le plus important.

Pour tous les deux, cette semaine a été sur le plan personnel une des épreuves les plus difficiles qu’on ait eu à passer ensemble. Cette *intervention* était prévue, planifiée depuis plusieurs semaines. Mais l’appréhension s’était elle aussi invitée. Planifiée, d’elle-même.

Aujourd’hui, je peux dire que la semaine s’est bien finie. Surtout depuis mercredi lorsqu’on a eu les résultats. Tout va bien. Et c’est tant mieux. Quel soulagement…

C’est peut-être ça la vie, tout simplement.
C’est peut-être ça grandir aussi.
Arrêter de croire que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.
Ouvrir les yeux vers ce trop plein de réalité que le monde nous donne à voir.
Comme dans ce cauchemardesque Orange Mécanique où l’on  v i o l e  mentalement l’individu en le forçant à voir des choses qu’il se refusait de voir jusqu’à maintenant.

Epilogue :

« Je ne sais pas […] si le bonheur se supporte mal ou si les gens le comprennent mal, ou s’ils ne savent pas très bien celui qu’il leur faut, ou s’ils savent mal s’en servir, ou s’ils s’en fatiguent en le ménageant trop, je ne le sais pas ; ce que je sais, c’est qu’on en parle, que ce mot-là existe et que ce n’est pas pour rien qu’on l’a inventé. » Marguerite Duras, in Le Square.

Promis , on va essayer de redevenir cool, redevenir open.
Bientôt, bientôt.
Donnez moi un peu de temps encore [i.e. contrairement aux apparences, je n’ai pas vraiment recommencé à bloguer ;o)]
Le temps de réaliser que tout va bien.
Je m’en remets à peine…

UU

ps : Si je ne vous donne pas plus de détails, c’est bien par pUUdeur que je le fais. Le blog a forcément un côté intime qui se dévoile un peu à la face du monde, certes. Mais certaines choses doivent rester du côté de la *vraie* vie. Pour le reste, j’ai déballé mon sac dans cette note. Probablement que j’en avais besoin, pour finir de décompresser.

note : les fleurs sont celles du bouquet de Saint Valentin offert à ma douce. Elles sont encore plus belles dans la lumière d’un soleil d’après-midi [les 3 dernières photos]

Same player shoot again

Aujourd’hui, vendredi soir.

FeuJe sors enfin la tête de l’eau après une semaine en enfer.

Pas vraiment des vacances malheureusement.

Je lisais de temps en temps vos précédents commentaires.

Ils m’ont fait chaud au coeur. Vraiment.

Heureusement, la semaine finit bien.

Peut-être en ferai-je une évocation. Peut-être pas.

Cerise sur le gâteau, je viens de me rendre compte que mon morceau des Carpenters ne marchait pas.

C’est maintenant réparé.

Pour la peine, vous êtes TOU[TE]S obligé[e]s de retourner lire la note et surtout *écouter*. ;o)

Same player shoot again.

J’adore cette chanson…

La bizz pleine d’espoir du ouikende.

Be cool, be open.

UU

Blog-birthday : Why do UU suddenly appear ?

[NdUU : Je vous laisse les clés de la maison. Pour quelques jours… Prenez votre temps. DéambUUlez, respirez…]

En cette journée anniversaire de création de blog, j’avais envie de plein de petites choses.

Tout d’abord, commencer par pousser la chansonnette : « Why do UU suddenly appear ?… », des Carpenters avec Burt Bacharach.

Une chanson d’amour [a lovesong, you know…] qui nous fait fondre douce Marie et moi, pour vous accompagner dans cette note.

Vous dire aussi *merci* parce que sans vos commentaires, sans nos échanges, ce blog n’aurait pas de raisons d’être. Je le pense sincèrement. L’acte bloguesque peut partir d’une idée égocentrique, le plus précieux reste dans le partage des choses.

Je me rappelle avoir trouvé au bout de quelques semaines ce petit leitmotiv de blog, à l’époque il y a bien 10-11 mois : Rire S’étonner Partager Débattre Etre heureux. C’est toujours valable aujourd’hui et c’est tant mieux.

Je n’ai que de bons souvenirs de l’expérience bloguesque :

– La promenade sensorielle dans le Luberon
– Les souvenirs ensoleillés de Toscane [série que je n’ai pas vraiment fini…]
– La récente sitcom madrilène
– Le débat sur le TCE. Même douce Marie s’était lancé dans la bataille !
– Se régaler aussi, même d’un Big Mac !
– On s’était bien marrés à cette époque où on tchattait sur les blogs à tour de bras !
– Les premiers concours de dépassement de trafic ! ;o)
– Raaaaah, et puis ces MAC. Je suis toujours ébahi de votre participation consciencieuse ! C’est [en toute modestie] ce qu’on pourrait qualifier d’acte culturel décalé, non ?… En attendant, allez-y, continuez : moi, ça m’inspire toujours ! ;o) Et entre nous, je suis sûr que maintenant, quand vous partez en vacances ou ailleurs, vous regardez vos pieds différemment maintenant…
– Et ce plaisir d’écrire que je me suis découvert. Bah, je n’ai pas la prétention d’écrire du Faulkner ou du Proust, hein ! Mais quand même, le plaisir des mots, de leurs sons, de leur sens
– Et puis les quelques notes sur moi, rien que moi. Pas les plus faciles à écrire mais toujours un besoin impérieux de mettre des mots pour m’éclairer.
– Mais aussi un passage à vide, la dé-blog-alisation. Une note salvatrice, une note qui m’a aussi permis de remettre les pendules à l’heure et de m’ajuster pour continuer ce blog.
– J’en oublie plein sûrement de notes que j’ai aimé écrire, que j’ai aimé partager avec vous… Ne serait-ce que pour changer le monde. ;o)
– Mais fô pas oublier bien sûr Montcuq ! Une rencontre extraordinaire… qui nous a amenés à revoir ensuite Bourrique, doc Huff, Yann, Ckck, JLHuss, JMP, dear Mireille from London, Fab
– Et tous ceux de l’UUnivers connUU, que je ne citerai pas et qui se reconnaîtront d’eux même sur la colonne de gauche de ce blog. On en rencontrera d’autres aussi sûrement un jour, qui n’ont pas forcément de blog mais qui les fréquentent [ce jour là, je me ferai pousser une cravate… ;o)]…

Bref, une expérience humaine extrêmement riche que le blog, concept virtuel somme toute assez récent en France, a permis : car derrière ce virtuel, on trouve une tangibilité humaine très forte. Ouaip !

Bon, pour la route, je vous fais un p’tit cadeau [merci à mon copain Bertie de m’avoir retrouvé ça dans ses archives ramonvilloises !].

Ca date de 1994. Mon premier et dernier site Web perso. A l’époque, à part les geeks, personne ne savait ce que c’était que le Ouorldeuh Ouaïde Oueb [WWW en français]. On utilisait Netscape, Mosaïc, on était sur Unix pour aller surfer… Bref, vous n’imaginez pas… Ben déjà à l’époque, j’étais un peu barré ! ;o) En tout cas, la genèse préhistorique de mon blog se trouve déjà en filigrane dans ces 2 pages HTML !

Sitewebuupage1_2Sitewebuupage22_1

[NdUU : la photo en smoking ?! J’étais en 1994 un des Best Men pour le mariage de ZeBigBro à Los Angeles ! ;o) Sur la photo, j’étais avec ma môman. Mais bon, à l’époque, post-pubère que j’étais, je ne me voyais pas me mettre en photo avec ma môman. Depuis, j’ai changé. Je n’ai plus peur de dire certaines choses.]

[[NdUU encore : Pour ce qui est de la prévalence pour l’insulte, je comprends pas pourquoi j’avais écrit ça ! Jeune et c** sûrement ;o)]]

Be cool, be open.

UU