MAC 47 di Choupi e Felice Anno di Sardegna #5: Saluti a tutti [dé-blog-alisation]

Ayé, Choupi a eu ses six mois.

Sa moitié de première année.

Aujourd’hui, elle peut prendre allègrement ses pieds avec ses mains.

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Elle peut aussi s’asseoir, toute seule.

Comme une grande fille, parce que maintenant elle a un autre regard sur le monde, du haut de son petit popotin.

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Note: Sur la photo floutée ci-dessus, Choupi « mange » le cache de mon zoom Sigma… ;o) Elle est assise sur la banquette du hall de réception de notre hôtel à Cagliari.

Elle en a profité pour jeter son premier regard grand-angle sur la vie, à Cagliari, la capitale de la Sardaigne.

cagliari.jpg

Un peu surprise de voir une patinoire à glace, par 18° au soleil, sous les palmiers qui plus est.

Mais ce n’est pas la dernière chose qui l’étonnera, cette petite Choupi.

Tout reste à faire, tout reste à découvrir…

(…)

Inspiration

(…)

Expiration

(…)

Aujourd’hui, j’ai décidé de me retirer de la blogosphère.

Pour un certain temps. Ou bien un temps certain.

J’ai vraiment trop de travail qui m’attend.

Pour mon bien, bien sûr…

Tout se passe pour le mieux: job passionnant, de plus en plus de responsabilités…

Et puis, y a la vraie vie.

Choupi, douce Marie…

Faut que je m’occupe de mes deux trésors.

Le blog rentre à un certain stade en conflit avec la vraie vie…

Question de choix, de priorités.

Et pendant plus d’un an, le blog a été un choix, une priorité.

Il m’a permis de me ré-équilibrer,

de prendre du recul,

de me ré-ouvrir au monde,

de faire des rencontres formidables.

Si si, rien que ça.

J’ai même découvert que j’aimais écrire des haïkUUs de temps à autre. ;o)

(…)

A vrai dire, depuis la rentrée, je savais que cela allait arriver.

J’attendais juste de finir ce cycle de promenades sardes. Le finir proprement.

Voilà venu le temps des au-revoir.

Pas adieu, hein…

(…)

Ne me demandez pas quand je republierai une prochaine note…

Un mois ?

Deux mois ?

Trois mois ?

Six mois ?

Ah si… Notre voyage en Polynésie Française !…

Et la rencontre [enfin !] avec la célèbre Annie-Claude ! ;o)

Beaucoup la connaissent, mais tellement peu l’ont vue sur ses propres terres. Ce sera quelque chose, j’en suis sûr !

Vous en aurez des nouvelles, comptez sur moi.

Pour toutes les fidèles lectrices et tous les fidèles lecteurs, une notification de reprise de publication sur ce blog sera faite par émile.

Si vous voulez en être avertis et que je n’ai vraisemblablement pas votre émile, contactez moi en haut à gauche [« Ecrivez-moi »].

(…)

Les larmes me sont venues aux yeux.

Comme en levant la main vers quelqu’un qui vous est cher, sur le quai d’une gare.

Vous allez me manquer. Vraiment.

Be cool, be open.

UU

Felice Anno di Sardegna #4: Spiaggia di Co’Quaddus

Sulla carta per uno Felice Anno:

Antipasti: Castello di Las Plassas
Primo piatto: Giara di Gesturi
Secondo piatto: Pauli Maiori
Secondo piatto di pesce: Spiaggia di Co’Quaddus nell’isola di Sant Antioco
Dolci: Choupi ha sei mesi

Oggi al ristorante: Spiaggia di Co’Quaddus nell’isola di Sant Antioco

spiaggia.jpg

Seuls sur le sable,

Les yeux dans l’eau,

Mon rêve était trop beauhéhé ;o)

Ca ne m’arrive pas souvent, mais , je n’ai pas pu résister à aller faire trempette.

On était le 31 décembre après midi, il ne me restait plus que quelques heures pour profiter de 2006.

Be cool, be open.

UU

ps: Je vous conseille également la plage d’Herlin, au sud de Belle-Île. Plage accessible à pied uniquement et terriblement efficace pour vous convaincre un 1er novembre de vous jeter à l’eau également.

Felice Anno di Sardegna #3: Pauli Maiori

Sulla carta per uno Felice Anno:

Antipasti: Castello di Las Plassas
Primo piatto: Giara di Gesturi
Secondo piatto: Pauli Maiori
Secondo piatto di pesce: Spiaggia di Co’Quaddus nell’isola di Sant Antioco
Dolci: Choupi ha sei mesi

Oggi al ristorante: Pauli Maiori

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Le Lonely Planet nous disait que le Pauli Maiori valait le détour.

Sans plus, sans fioritures.

C’était ainsi sans aucune attente particulière qu’on allait découvrir ce somptueux paysage, toujours au sein de la Giara di Gesturi .

Lever de rideaux de mère Nature sur ce qu’elle a de plus émouvant: une pure beauté minérale et végétale, comme mise à nu après les quelques préliminaires d’approche…

Premier rideau de pierres d’abord.

Eparpillées de façon étrangement régulière, elles étaient posées sur le sol, comme pour nous faire baisser le regard, nous concentrer sur nos pas… et ne pas lever trop vite les yeux sur le Pauli Maiori [cf. la première photo].

Second rideau de végétation ensuite.

Les bosquets avaient poussé de telle manière à parer pudiquement le Pauli Maiori de quelque parure végétale, se laissant entrevoir d’un seul clin d’oeil furtif [toujours la première photo].

Puis, enfin le Pauli Maiori qui se dévoile entièrement.

Somptueux dans cette lumière de fin d’après-midi de Décembre [cf. la deuxième photo].

Nous nous sommes alors posés avec douce Marie et Choupi sur une grande dalle en pierre, et nous sommes tus.

Le temps d’écouter ce que ce Pauli Maiori avait à nous dire sur le bonheur du monde.

Be cool, be open.

UU

ps: Je n’avais pas encore pris le temps de rendre hommage à ce beau blog sur la Polynésie Française [que m’avait fait connaître Annie-Claude], et dont je me suis librement inspiré ;o) pour la nouvelle mise en valeur de mes photos de voyage… Merci donc à Dorothée et encore bravo pour la qualité de son blog !

Felice Anno di Sardegna #2: Giara di Gesturi

Sulla carta per uno Felice Anno:

Antipasti: Castello di Las Plassas
Primo piatto: Giara di Gesturi
Secondo piatto: Pauli Maiori
Secondo piatto di pesce: Spiaggia di Co’Quaddus nell’isola di Sant Antioco
Dolci: Choupi ha sei mesi

Oggi al ristorante: Giara di Gesturi

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[Cliquer évidemment sur la photo pour agrandir…]

Quand on a un premier enfant, on s’étonne de toutes ces premières fois.

Que dis-je, on s’émerveille…

De tout et de rien.

Des choses les plus futiles comme des choses les plus émouvantes.

Cette fois, c’était la première vraie randonnée avec Choupi.

Bah, pas vraiment difficile non plus.

Un peu de gadoue.

Quelques ronces et autres herbes vaguement urticantes.

Deux ou trois vagues hésitations à des bifurcations de chemins de terre.

Mais bon, le soleil donnait la direction. Nous devions aller vers lui, plein Ouest.

Et je peux vous dire que Choupi a adoré.

Elle a gazouillé comme jamais. Poussant constamment de puissants cris aigüs accompagnés de charmants sourires…

On se demandait si nous arriverions à entrevoir discrètement ces poneys sauvages [cavallini] qui peuplent le magnifique plateau de la Giara di Gesturi .

Et puis finalement, on en a vu. Par dizaines. Pas farouches pour un sou.

Paisibles, sereins. Tout comme la lumière d’une belle fin d’après midi chaudement ensoleillée.

Cette lumière là, elle allait véritablement nous émerveiller quelques minutes plus tard, au Pauli Maiori…

Be cool, be open.

UU

ps: Question subsidiaire – Savez-vous ce qui figure sur la deuxième photo [celle du bas donc] ?

Felice Anno di Sardegna #1: Castello di Las Plassas

On est donc parti avec des last-minute tickets pour… Cagliari, capitale de la Sardaigne ! Bien nous a pris [vous le comprendrez, enfin je crois, lorsque vous aurez lu cette note et les suivantes].

3 jours de pérégrination dans tout le sud-ouest de la Sardaigne.

Pour vous souhaiter une belle nouvelle année, plein de bonheurs petits et grands, je vous ai préparé un cycle de promenades dans le pays sarde – sur la même idée que pour Madrid l’année dernière, mais cette fois sous la forme d’un menu typiquement italien.

Du bonheur comme il en arrive parfois dans la vie, tout simplement.

Sulla carta per uno Felice Anno:

Antipasti: Castello di Las Plassas
Primo piatto: Giara di Gesturi
Secondo piatto: Pauli Maiori
Secondo piatto di pesce: Spiaggia di Co’Quaddus nell’isola di Sant Antioco
Dolci: Choupi ha sei mesi

Oggi al ristorante: Castello di Las Plassas

castello-di-las-plassa.jpg

A l’ouest de Cagliari, à environ une heure de route, un monticule plutôt impressionnant se dresse au milieu de la plaine.

C’est le Castello di Las Plassas .

Un peu plus loin, arrivé sur un joli site nouragique, on a trouvé ce point de vue.

Choupi a pris son déjeuner.

Et nous, on a déballé notre pique-nique…

Le temps a passé tranquillement…

Nos joues se réchauffaient.

La peau du ventre se tendait.

On s’est regardés avec douce Marie et on s’est pris la main.

On s’est alors embrassés, pas encore ivres de bonheur mais presque.

Ce n’était que le début, on venait seulement de goûter à l’antipasti

Be cool, be open.

UU

« Une robe rouge est-elle encore rouge lorsque je ne la regarde pas ? »

Marie

Légende : Photo de douce Marie, dans une installation de Lille 2004

Ah, merci Patsystone pour cette magnifique question…

« Une robe rouge est-elle encore rouge lorsque je ne la regarde pas ? »

Elle m’a rappelé immédiatement une émission de radio sur un  magnifique texte de Merleau-Ponty – j’ai envie de dire ce chant du cygne philosophique car écrit au crépuscule de ses jours, au bord d’une piscine [c’est important, vous allez comprendre pourquoi]. C’était sur le chemin de la Toscane, sur France Q, l’été dernier.

La question de Patsystone, fondamentalement ontologique [référence à "l’être en tant qu’être" d’Aristote], est fascinante.

C’est une question qui joue un air faussement shakespearien [étre ou ne pas être] mais qui renvoit non seulement l’homme à sa condition [in]humaine mais aussi le monde dans sa globalité en tant qu’objet pleinement empreint d’une finitude inéluctable.

Qui suis-je, moi celui qui regarde cette robe en ce moment ?, avais-je envie d’écrire à Patsystone – avant d’écrire cette note.

Merleau-Ponty, lui, a écrit ceci :

« Quand je vois à travers l’épaisseur de l’eau le carrelage au fond de la piscine, je ne le vois pas malgré l’eau, les reflets, je les vois justement à travers eux, par eux. S’il n’y avait pas ces distorsions, ces zébrures de soleil, si je voyais sans cette chair la géométrie du carrelage, c’est alors que je cesserais de le voir comme il est, où il est, à savoir : plus loin que tout lieu identique. L’eau elle-même, la puissance aqueuse, l’élément sirupeux et miroitant, je ne peux pas dire qu’elle est dans l’espace ; elle n’est pas ailleurs, mais elle n’est pas dans la piscine. Elle l’habite, elle s’y matérialise, elle n’y est pas contenue, et si je lève les yeux vers l’écran des cyprès où joue le réseau des reflets, je ne puis contester que l’eau le visite aussi, ou du moins y envoie son essence active et vivante. » in ‘Le visible et l’invisible’ (oeuvre posthume) de Maurice Merleau-Ponty

Que voit-on vraiment ? Est-ce la poésie profonde du monde ?

Merleau-Ponty, par ce texte, nous donne envie d’avoir la foi dans le monde. Une foi poétique et artistique.

Cette interrogation n’avait alors cessé de me hanter tout le temps qu’on caressait de l’oeil les cyprès en Toscane, l’été dernier.

Toscane_bosquet_de_cyprsLégende : Photo d’un bosquet de cyprès, au sud de Sienne – dans les Crete senesi précisément

Be cool, be open.

UU

La pensée du vendredi [saint] #10 : Crucifixion, Lamentation et Résurrection par Fra Angelico

A Florence, sur la place San Marco se trouve le couvent San Marco et son magnifique cloître. Il est aujourd’hui transformé en musée et abrite une forme inédite d’art religieux.

Fra Angelico [1387-1455] vint y habiter avec ses confrères et travailla de 1438 à 1446 à la décoration, ornant de fresques les 42 cellules où logeaient les moines, le cloître, la salle capitulaire et les couloirs de premier étage.

Cellule_4_le_christ_crucifi_avec_saint_jCellule_2_lamentationCellule_8_le_christ_ressuscit_et_les_mar .

Douce Marie et moi n’étions pas passé loin du syndrome de Stendhal après avoir vu ces fresques. Elles sont empreintes d’une sérénité, d’une lumière et d’une beauté rares. Même les thèmes plus douloureux – autour de la thématique de Pâques par exemple – apporte un apaisement persistant.

Je vous souhaite à toutes et à tous un beau et doux ouikende de Pâques.

Be cool, be open.

UU

ps : Mon oeuvre préféré de Fra Angelico [il pourrait presque concourir pour la place de Best religious art masterpiece of all times] reste cette annonciation là.

San Galgano: émouvante abbaye cistercienne

La précédente note a soudainement généré en moi une envie… d’Italie. Voici donc…

Après ce merveilleux crochet par les Crete senesi, on arrivait précipitamment dans la plaine [c’était donc en août 2005].

Pour découvrir un véritable havre de paix, source d’une puissante émotion : l’abbaye de San Galgano, près de Sienne.

Construite probablement au XIIIème siècle, elle fut l’objet de nombreuses donations des seigneurs vivant alentour et la majesté de sa contruction reflète pleinement ce passé fortement empreint de puissance [je trouve].

0104_5 0104_5 Je ne me rappelle plus ce qui s’est passé précisément mais au milieu du XVIème siècle, les moines cisterciens – à force d’accumuler des impayés – ont dû vendre le mobilier ainsi que le toit en plomb [!].

0102 0095Et c’est en foulant le sol de la nef vertigineusement ouverte vers le Ciel que l’on ressent un moment intense. Peut-on imaginer plus beau vitrail que ce bleu immaculé à travers les ouvertures séculaires de cette abbaye ?

0094 0097 0098Un cadeau enfin qui nous a été donnée en fin de parcours. Signe du ciel ? Pré-annonciation ? En tout cas, 3 piafs – tout mignon tout plein – s’égosillaient à gorge déployée, le temps que leurs parents reviennent pour une becquée.

0099 0100On était alors fin prêt pour nous acheminer, le long d’un chemin de traverse terriblement bucolique, vers la chapelle romane qui trônait comme un joyau minéral au dessus de ce petit monde végétal à ses pieds. Chapelle romane attenante à l’abbaye de San Galgano mais contruite à un jet de pierre. Sûrement que les moines savaient ce qu’ils faisaient en magnifiant ainsi leur paysage.

0103 Be cool, be open.

UU

Jumieges_nefps : Pour ceux qui la connaissent, elle a tout de même un air de parenté – dans la famille du merveilleux et non architecturalement hein ! quoique finalement… – avec la belle abbaye de Jumièges.

Agnelli (*)

PienzaFromages_pienza (*) Agneaux en italien…

La veille de Ferragosto [qui n’a pas connu le 15 août en Italie ne peut imaginer ce qu’est une grande fête populaire, vraiment ! Surtout en Sicile, mais bon, c’est une autre histoire], douce Marie et moi vadrouillions par monts et par vaux dans la campagne toscane, précisément autour de Pienza et ses fromages bien odorants…

Bref, juste après un virage un peu serré que je prenais à la Fangio [une expression de douce Marie pour m’engueuler en général pour ma vitesse], elle eut une vision. Pas dans l’eau de Seltz hein. La vision d’un agneau [saint ?]. Ou plutôt d’un bébé agneau.

L’espace de 5 secondes [si si, on parle très vite parfois avec douce Marie], juste le temps de débattre :

– Euh, tu l’as vu ?
– Vu quoi ?
– Ben l’agneau ?
– Non quel agneau ? Tu parles du gigot de midi ?
– Mais non, là, juste après le virage !
– Quel virage ?
– Ben celui que tu viens de prendre à la Fangio !!
– Ah ?
– Alors, tu l’as vu ?
– Quoi ?
– Ben l’agneau ?
– Euh… non.
– Mais si !
– Je te dis que je ne l’ai pas vu.
– Mais si !
– Bon d’accord, je l’ai vu. Et donc ?
– Ben je crois qu’il était tout seul.
– Ah ? C’est un problème ?
– Ben oui, je crois que c’était un bébé.
– Ah ! Ben, si c’est un bébé, ben j’m’arrête alors..

Et hop, de 90 km/h, je passe à zéro en 20 mètres [ce qui est pas mal entre nous, hein ;o)].

Et hop, à l’italienne, je mets une marche arrière sur la voie de droite de la départementale pour revenir au point exact de la vision. Sauf que le temps des 5 secondes, on avait déjà parcouru 400 mètres.

Arrivé au virage [la voiture mal garée sur la chaussée, à la sortie d’un virage, tout ça pour un gigot d’agneau], nous descendons de la voiture et partons à la recherche de la vision.

La vidéo du petit agneau toscan (4,7 Mo)

On finit par le trouver par le son de son bêlement [ça bêle un agneau ?].

Il est adorable comme tout, attendrissant, à tel point qu’on en a les larmes aux yeux quand nous réalisons soudain qu’il est perdu, définitivement séparé de sa mère. Nouveau débat :

– Ben on fait quoi Marie ?
– Ben on essaie de l’attraper pour le ramener chez lui ?
– Ok, mais c’est à dire que les barbelés là m’empêchent de passer les bras par dessus.
– Ah…
– Mais j’ai une idée
[NdUU : je ressemble de profil à McGyver] !… [je montre la barrière 400 mètres plus loin, là où j’ai fait piler la voiture]
– Oui, t’as raison, on va passer là bas…
– […] Mince alors, on peut pas plus rentrer dans ce champ par là.
– […] Zut, il est parti où le petit agneau ?
– […] Là, là, il est caché dans le petit bosquet. Mais j’y pense : si je l’attrape, il va sentir l’humain. Et peut-être qu’il sera rejeté par sa mère
[je repense aux docus que je regardais quand j’étais petit sur les bébés orang-outans] !
– Ah ? Tu crois ?
– Mais j’ai une autre idée
[NdUU : réplique assénée avec le même profil ;o)]. Tu vois la ferme là, je suis sûr que c’est le propriétaire et du champ et de l’agneau [on voit la ferme dans la vidéo].
– Ah ? Tu crois ?

On file là bas, trouve un vieux monsieur, probablement le propriétaire. 70 ans environ, « non parla francese, non parla inglese… ». Bref, je baragouine un mélange d’espagnol, d’italien à 2 balles et de langage international des mains :

– Alli si trova un picolo agnello ? Es a lei ? Si si, per che é picolo e piensa que é perdido…

Bon voilà, le monsieur a répondu avec ses mains qu’il avait tout compris. Il voyait bien que je parlais de son petit agneau.

Les yeux encore embués d’émotion, nous sommes repartis avec douce Marie, le cœur soulagé d’avoir sauvé la vie de ce petit agneau.

MaremmaOn était complètement à la bourre pour continuer notre chemin et faire le check-in à l’hôtel où on était attendus à la Maremma, magnifique région en bord de mer au sud de la Toscane. Un vrai petit paradis naturel…

On risquait de perdre notre résa tellement le coin était surbooké par les Italiens pour Ferragosto.

Mais bon, on s’en moquait tellement on était plein de bonheur ce soir là.

Be cool, be open.

UU

Quale calzone ! È bella, no ?

Calzone_milano
Légende : Photo prise à Milan le 31 juillet 2005 – à la terrasse d’une pizzeria traditionnelle (Casio)

J’aime la calzone
Parce qu’elle est différente
Et que ça se voit
Reconnaissable entre mille pizze.

C’est rare que je ne la choisisse pas
Mais je suis souvent déçu
Il faut le dire
Haut et fort.

La pâte doit être bien cuite
La farce doit être bien garnie.
Mais, s’il vous plaît, point trop n’en faut !
Du goût, du goût, du goût…

Sur le chemin de la Toscane
Arrêt à Milano.
Raté pour le shopping fashion.
Ben oui, c’était dimanche. Trop dure, la vie.

Mais quelle merveilleuse rencontre.
C’est simple.
La meilleure calzone de l’Univers.
Rien que ça.

Mais point trop n’en faut.
Rucola [NdT : roquette]
Prosciutto di Parma
Mozarella di Buffala

Parfois la vie, le bonheur ne tient qu’à cela
Une bonne pizza
Et le reste vous importe peu
Ah si… douce Marie était là. ;o)

Steiner_une_certaine_ide_de_leuropeNote complémentaire : L’apparition en force de l’italien [hmm, je suis bien prétentieUUx aujourd’hui ;o)] a été quelque peu suscitée par cette phrase, cette pépite, trouvée cachée au beau milieu d’un court ouvrage de Georges Steiner, dont je viens d’achever la lecture. Voici ce qu’il dit. A méditer. Veiller tout de même à ne pas léviter si vous êtes en appartement. Cela provoquerait une douleur crânienne indésirable.

« Le génie de l’Europe, c’est ce que William Blake aurait appelé « le caractère sacré du détail infime ». C’est celui de la diversité linguistique, culturelle et sociale, d’une mosaïque prodigue qui fait souvent, d’une vingtaine de kilomètres, une division entre deux mondes. (…) Chaque langue contient, articule et transmet non seulement une charge unique de mémoire vécue, mais encore une énergie élaboratrice de ses temps futurs, une potentialité pour demain. La mort d’une langue est irréparable, elle diminue les possibilités de l’homme. »

Illustration in situ de la division entre deux mondes, milanese et napolitano : En 2002, lorsque nous fûmes à Napoli, ma douce Marie et moi, nous assistâmes à une projection impromptue de cinéma en plein air, sur une des collines surplombant le golfe, entre le Vésuve et Capri. Ce film, j’ai oublié son nom, était en italien non sous-titré. Ce dont je me souviens, c’est la trame dramatique : Un couple napolitain fêtait l’heureux événement de la naissance de leur fille. Mais ils déchantèrent rapidement car au fur et à mesure que les années passaient, ils se rendirent compte que leur bambina parlait italien avec l’accent milanais, avait une préférence marquée pour la pâtisserie également de Milan, ainsi que ses escalopes de veau. Le drame familial napolitain par excellence… ;o) L’audience autour de nous, à 99% acquise à la cause napolitaine, se tapait littéralement la rate par terre. Tous écroulés de rire. Et nous avec, finalement.

Be cool, be open.

UU

ps : Lisez le bouquin de Georges Steiner (Une certaine idée de l’Europe, Actes Sud). Ca vous prendra deux heures et vous serez époustouflés. Une superbe vision apolitisée de l’Europe, celle qu’il faudrait mettre dans les rêves de toutes les petites têtes blondes européennes, en particulier en France. Une Europe pour laquelle on a envie de voter.