Agnelli (*)

PienzaFromages_pienza (*) Agneaux en italien…

La veille de Ferragosto [qui n’a pas connu le 15 août en Italie ne peut imaginer ce qu’est une grande fête populaire, vraiment ! Surtout en Sicile, mais bon, c’est une autre histoire], douce Marie et moi vadrouillions par monts et par vaux dans la campagne toscane, précisément autour de Pienza et ses fromages bien odorants…

Bref, juste après un virage un peu serré que je prenais à la Fangio [une expression de douce Marie pour m’engueuler en général pour ma vitesse], elle eut une vision. Pas dans l’eau de Seltz hein. La vision d’un agneau [saint ?]. Ou plutôt d’un bébé agneau.

L’espace de 5 secondes [si si, on parle très vite parfois avec douce Marie], juste le temps de débattre :

– Euh, tu l’as vu ?
– Vu quoi ?
– Ben l’agneau ?
– Non quel agneau ? Tu parles du gigot de midi ?
– Mais non, là, juste après le virage !
– Quel virage ?
– Ben celui que tu viens de prendre à la Fangio !!
– Ah ?
– Alors, tu l’as vu ?
– Quoi ?
– Ben l’agneau ?
– Euh… non.
– Mais si !
– Je te dis que je ne l’ai pas vu.
– Mais si !
– Bon d’accord, je l’ai vu. Et donc ?
– Ben je crois qu’il était tout seul.
– Ah ? C’est un problème ?
– Ben oui, je crois que c’était un bébé.
– Ah ! Ben, si c’est un bébé, ben j’m’arrête alors..

Et hop, de 90 km/h, je passe à zéro en 20 mètres [ce qui est pas mal entre nous, hein ;o)].

Et hop, à l’italienne, je mets une marche arrière sur la voie de droite de la départementale pour revenir au point exact de la vision. Sauf que le temps des 5 secondes, on avait déjà parcouru 400 mètres.

Arrivé au virage [la voiture mal garée sur la chaussée, à la sortie d’un virage, tout ça pour un gigot d’agneau], nous descendons de la voiture et partons à la recherche de la vision.

La vidéo du petit agneau toscan (4,7 Mo)

On finit par le trouver par le son de son bêlement [ça bêle un agneau ?].

Il est adorable comme tout, attendrissant, à tel point qu’on en a les larmes aux yeux quand nous réalisons soudain qu’il est perdu, définitivement séparé de sa mère. Nouveau débat :

– Ben on fait quoi Marie ?
– Ben on essaie de l’attraper pour le ramener chez lui ?
– Ok, mais c’est à dire que les barbelés là m’empêchent de passer les bras par dessus.
– Ah…
– Mais j’ai une idée
[NdUU : je ressemble de profil à McGyver] !… [je montre la barrière 400 mètres plus loin, là où j’ai fait piler la voiture]
– Oui, t’as raison, on va passer là bas…
– […] Mince alors, on peut pas plus rentrer dans ce champ par là.
– […] Zut, il est parti où le petit agneau ?
– […] Là, là, il est caché dans le petit bosquet. Mais j’y pense : si je l’attrape, il va sentir l’humain. Et peut-être qu’il sera rejeté par sa mère
[je repense aux docus que je regardais quand j’étais petit sur les bébés orang-outans] !
– Ah ? Tu crois ?
– Mais j’ai une autre idée
[NdUU : réplique assénée avec le même profil ;o)]. Tu vois la ferme là, je suis sûr que c’est le propriétaire et du champ et de l’agneau [on voit la ferme dans la vidéo].
– Ah ? Tu crois ?

On file là bas, trouve un vieux monsieur, probablement le propriétaire. 70 ans environ, « non parla francese, non parla inglese… ». Bref, je baragouine un mélange d’espagnol, d’italien à 2 balles et de langage international des mains :

– Alli si trova un picolo agnello ? Es a lei ? Si si, per che é picolo e piensa que é perdido…

Bon voilà, le monsieur a répondu avec ses mains qu’il avait tout compris. Il voyait bien que je parlais de son petit agneau.

Les yeux encore embués d’émotion, nous sommes repartis avec douce Marie, le cœur soulagé d’avoir sauvé la vie de ce petit agneau.

MaremmaOn était complètement à la bourre pour continuer notre chemin et faire le check-in à l’hôtel où on était attendus à la Maremma, magnifique région en bord de mer au sud de la Toscane. Un vrai petit paradis naturel…

On risquait de perdre notre résa tellement le coin était surbooké par les Italiens pour Ferragosto.

Mais bon, on s’en moquait tellement on était plein de bonheur ce soir là.

Be cool, be open.

UU

3 commentaires sur “Agnelli (*)

  1. La vision suréaliste d’un agneau esseulé au détour d’un virage pris à fond la caisse, c’est quelquechose.

    Puis le sauvetage dudit agneau, passant notamment par un échange lui aussi surréaliste avec un vieil agriculteur, dont nous étions séparés par la barrière de la langue, c’est encore autre chose !

    En bref, au final, ça fait une belle aventure.

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