Ayé ! J’ai reçu ma commande du livre de David Mangin, la Ville Franchisée, éditions de la Villette. J’en parlais il y a qq temps déjà sur ce blog. Et bien, cela se confirme, c’est vraiment un très bon livre !
C’est bien la 1ère fois que je lis un livre d’urbanisme et c’est extrêmement clair et enrichissant. Dans sa forme, il peut facilement se lire par chapitre (et non du début à la fin). Son style est clair, simple, accessible tout en approfondissant ses sujets (on sent qu’il maîtrise bien son sujet, le sieur Mangin).
Son histoire de la colonisation de nos banlieues par les magasins, les hypermarchés et les franchises de tous bords (d’où la ville franchisée) est limpide : plus d’autoroutes, plus de voies rapides, plus d’échangeurs donnent plus d’accès à plus de voitures et à un plus grand nombre de parking de plus grande taille pour un plus grand nombre de clients qui dépensent alors un panier d’achat de plus grande valeur. Et oui, réfléchissez bien et regardez autour de vous, tous les hypermarchés et grands centres commerciaux sont à un noeud d’échange de voies rapides.
Bonus : Extraits de qq passages qui ont retenu mon attention (jpc va sûrement réagir de plaisir à cette lecture) :
Page 99
« Déjà soumis aux nuisances de la voie rapide, ceux-ci [ndlr : les habitants des grandes villes] se voient par surcroît écartés du centre-ville et de ses services par des structures rendues quasi infranchissables pour cause de priorité à la vitesse, ou par de grandes enclaves à contourner avant d’accéder aux transports collectifs ou aux équipements publics »
Page 125 – David Mangin parle d’Ikea
« Au final, un déplacement en périphérie entraîne une économie de 20% sur un achat de 150 Euros par rapport à un achat en centre urbain. Mais on dépensera en temps et en argent deux à trois fois plus que le budget initialement prévu, histoire d’amortir le forfait ou d’occuper un après-midi familial ».
Ma solution: faites comme jpc et moi, habitez en banlieue près d’un Ikea…
Page 324
« Il faut passer d’une notion de projets urbains à celle de projets territoriaux. (…) D’abord, plutôt que de couvrir ou franchir à grand frais les infrastructures, faire muter certaines voies rapides gagnées par l’urbanisation en boulevards urbains (…) pour favoriser les échanges à niveau. Ensuite, (…) si les rocades doivent devenir des boulevards à court terme, il faut les penser dès aujourd’hui ainsi. Enfin, privilégier la fluidité plutôt que la vitesse en ville, et réduire le nombre et la taille des giratoires. Ceux-ci doivent être pensés avec la géographie urbaine et non comme de simples diffuseurs pour de futures zones enclavées. »
Page 328
« Améliorer la lisibilité de la grande ville. Une telle ambition est considérée comme vaine par beaucoup. On leur accordera volontiers que, sans autorité politique légitime ni politique foncière à l’échelle de l’agglomération, elle reste souvent sans objet. »
(sic – IdF, réveille toi !!!!)
Bientôt, une note spéciale anti-plan de circulation automobile de Paris. David Mangin se fait le porte-parole d’une charge en bonne et due forme à l’encontre de la politique des élus verts et de Delanoë sur ce sujet. Même s’ils ne les citent pas explicitement dans son ouvrage. A savourer ultérieurement. En attendant, relisez les extraits ci-dessus, ils invitent à la réflexion.
Be cool, be open.
UU