Meilleurs mots lus #5 et #6 : di Brazza et Breizhette

Aujourd’hui, nous revenons dans la littérature. Mais nous ne sommes toujours pas dans le classique.
D’ailleurs, comment déterminer arbitrairement qu’un choix est "classique" ou pas. Cela dépend des époques, de la façon dont vieillissent les oeuvres elles-mêmes.

Bien sûr, on ne se trompe pas en disant que Zola, Balzac sont des "classiques". Mais Quignard sera certainement un classique, bientôt, un jour…

En tout cas, deux auteurs majeurs : Quignard pour di Brazza [ô monstre sacré – (…) entre nous : l’ami di Brazza, soit il va s’énerver en lisant ça, soit il va en rougir jusqu’aux oreilles ! ;o)] et Vian pour Breizhette [je lui envoie aussi des fleurs un peu plus bas… ;o)].

Allez, continuez vos lectures. On fera sûrement aussi un vote du public à la fin du festival concours. A main levée. Comme au temps rougissant où on croyait tous encore aux lendemains chantants.

Be cool, be open.

UU

ps : Pour ceux et celles qui n’ont pas encore participé, vous pouvez continuer à envoyer vos meilleurs mots lus d’ici la fin de
la publication des textes déjà reçus. Disons encore quelques jours…
et c’est à envoyer là : huuan@yahoo.com 

 

Meilleurs mots lus #5

Ces meilleurs mots lus sont extraits de : "Petits Traités", de Pascal Quignard (chapitre intitulé « Taciturio », p. 87, Folio)

Mots lus par : di Brazza

Blog : Mémorial de la Rue d’Où-Suis-Je

"Le livre est un morceau de silence dans les mains du lecteur.Celui qui écrit se tait. Celui qui lit ne rompt pas le silence.
*
C’est une époque ancienne, qui est périe, que celle où le lecteur lisait à haute voix, où l’écrivain à voix forte dictait, où les volumes se déroulaient, transcrits à la main, et ne se multipliaient pas. Ils sont arrivés ensemble: le moulin à papier, la page typographique, les libraires-imprimeurs, et ce taisir du livre. La voix dans le livre est retraite dans un désir de se taire, un
taisir sans abord, sans proximité autre que celle, taciturne de part en part, d’une distance due au silence. Le livre se retrait à partir d’un silence qui naît par contrecoup en lui aussitôt que la langue (non un souffle) s’est métamorphosée en lui, et il naît sous un ciel autre que celui où les voix sonnent, où le monde s’ébruite. Le livre est ce suppôt de contagion où le silence dans le visible gagne le visible à sa propre invisibilité, et (de même la vie veillant, terrifiée, sur la mort) témoigne du désir de se taire."

Commentaire du participant: Je n’ai pas choisi ce texte parce qu’il est le plus beau que j’ai pu lire en 2005.
En 2005 je n’ai lu que des textes qui ne cessaient de jouer à se dépasser les uns les autres, à me dépasser aussi. Dire lequel m’a ému ou m’émeut encore le plus relève de l’impossible. Autant dire à ton fils que tu le préfères à ta fille ou vice versa. ça n’a pas de sens. Les textes que je lis , par une alchimie dont eux seuls détiennent le secret , deviennent miens. Me prolongent. Je leur appartiens comme ils m’appartiennent. Tout en gardant chacun nos Jardins de Mémoires, nos arbres d’O.mbres.
Si j’ai choisi ce texte, extrait des "petits traités" de Pascal Quignard c’est parce qu’il parle, dans une langue qui me parle , du "taisir" du livre.

Il y a longtemps – c’était en juin , j’avais écrit  ceci :

"Ainsi les mots sont ils les meilleurs alliés du Silence. Par les mots : Il demeure"

Et tu m’avais répondu "Caudalie".

Cette Caudalie du Silence, cette "permanence aromatique du silence en bouche " que je n’arrive pas à poser sur mes nouvelles toiles puisqu’il n’y a plus de nouvelles toiles ( je n’arrive pas à travailler. Je m’y prépare et ne peins pas ), cette caudalie du silence, expression qui est tienne : le texte suivant en est plein.

Comme on dit d’une femme qu’elle est Pleine.

amications quignardes

Meilleurs mots lus #6

Ces meilleurs mots lus sont extraits de : " L’écume des jours ", de Boris Vian (1947)

Mots lus par : Breizhette

Blog : pas de blog, mais un couple d’enfer [avec Herr jmesuiléssépoucélacravat] sans lequel les blogs du monde.fr ne seraient pas ce qu’ils sont !

–    Prendras-tu un apéritif ? demanda Colin. Mon pianocktail est achevé, tu pourrais l’essayer.
–    Il marche ? demanda Chick.
–    Parfaitement. J’ai eu du mal à le mettre au point, mais le résultat dépasse mes espérances. J’ai obtenu à partir de la Black and Tan Fantasy un mélange vraiment ahurissant.
–    Quel est ton principe ? demanda Chick.
–    A chaque note, dit Colin, je fais correspondre un alcool, une liqueur ou un aromate. La pédale forte correspond à l’œuf battu et la pédale faible à la glace. […] Et d’ailleurs, en plus, le piano fonctionne réellement.
–    C’est merveilleux ! dit Chick.
–    Il n’y a qu’une chose gênante, dit Colin, c’est la pédale forte pour l’œuf battu. J’ai dû mettre un système d’enclenchement spécial, parce que lorsque l’on joue un morceau trop hot, il tombe des morceaux d’omelette dans le cocktail et c’est dur à avaler. Je modifierai ça. Actuellement il suffit de faire attention. Pour la crème fraîche, c’est le sol grave.
–    Je vais m’en faire un sur Loveless Love, dit Chick. Ca va être terrible.
[…]
Chick se mit au piano. A la fin de l’air, une partie du panneau de devant se rabattit d’un coup sec et une rangée de verres apparut. Deux d’entre eux étaient pleins à ras bord d’une mixture appétissante.
–    J’ai eu peur, dit Colin, un moment, tu as fait une fausse note, heureusement, c’était dans l’harmonie.
–    Ca tient compte de l’harmonie ? dit Chick.
–    Pas pour tout, dit Colin. Ce serait trop compliqué. Il y a quelques servitudes seulement. Bois et viens à table.

Commentaire du participant : Extrait choisi premièrement parce que "L’écume des jours" est un de mes livres cultes que je relis régulièrement, mais surtout ici parce que j’ai toujours rêvé qu’un tel instrument existe ! ! ! Je trouvais cette invention géniale ! Mêler et lier Musique (ici le Jazz avec Duke Ellington) et Gastronomie (enfin, plutôt l’alcool ici), c’est tout bonnement génial !

Meilleurs mots lus #3 et #4 : Annie-Claude et Elisanne

Double nouveauté aujourd’hui…
Je vous laisse découvrir, savourer…
Il s’agit d’une chanson et d’une poésie en prose.
Je vous le dis sans arrière-pensée : ce concours s’annonce "métissée". Poil au pied. ;o)

Pour ceux et celles qui en doutent encore [n’est-ce pas Marina ? ;o)] : vous pouvez continuer à envoyer vos meilleurs mots lus d’ici la fin de la publication des textes déjà reçus. Disons encore quelques jours…  et c’est à envoyer là : huuan@yahoo.com

Be cool, be open.

UU

Meilleurs mots lus #3

Ces meilleurs mots lus sont extraits d’une chanson, d’un album qui s’intitule "Tôt ou Tard", par le groupe Coquille (Jean-Philippe Coquille et Fred Choquet)

Mots lus par : Annie Claude

Blog : Changer de vie 

La vie est lourde comme une enclume
Compliquée comme un Rubik’s cube
Les additions qui s’accumulent
Comment est-ce qu’on annule

Des kilos de plombs, des kilos de plume
Des contestations, des conciliabules
Télétransmission, objectif lune
Et les mouches qu’on encule

Moi, j’aimerais bien parfois être un ventilateur
Juste faire le vent dans tes cheveux
Brasser de l’air, jouer avec la pesanteur
De temps en temps, sécher tes yeux
Fixé au plafond d’une chambre d’hôtel
Sur une île sans nom pour qu’on l’appelle
Donner des frissons aux demoiselles
Et même à l’occasion tomber amoureux d’elles
Pour une fois, ne penser à rien
Penser à tout c’qui fait du bien

Qui aurait pu, un jour, me dire
Que tout était si compliqué
Que tout se vaut le meilleur, le pire
Que c’est facile de mélanger
Et moi qui pensais que grandir
C’était mettre des choses de côté
Du genre plus besoin d’y r’venir
Au moins pour ces trucs, c’est réglé
Alors il va falloir construire
Peut-être un jour tout démonter
Pour à nouveau se reconstruire
Quand tout menace de s’effondrer
Ne pas essayer d’en finir
Ne pas chercher à terminer
Laisser dorer, laisser frémir
A petit feu bien mijoter

Moi, j’aimerais bien…

Commentaire du participant : Ci-joint donc, une page, un texte de… chanson. Album découvert le mois dernier, musique qui accompagne une pièce de théatre "Sushis Variés", vue ici [NdUU : en Polynésie Française… aaarghhh]. En plus, leur site est génial. « Ventilateur » ? j’aime bien sa lecture au 2nd, 3ème degré. Et, chanté, c’est encore mieux.

Meilleurs mots lus #4

Ces meilleurs mots lus sont extraits de : "Les yeux du ciel", de Nicolas Charlet

Mots lus par : Elisanne

Blog : double je

"Je marche sur le sable blanc d’un jardin imaginaire. La nonchalance du flâneur a la légèreté d’une aile de papillon. Il se promène vers nulle part et sans raison, humant ici ou là l’odeur de l’instant.
La promenade sensible se fait au hasard d’un battement d’aile. C’est un mouvement saisi dans son élan. Pour flâner, il est préférable de troquer son guide contre un bon cigare.
Le flâneur enfumé est si profondément songeur qu’il ne distinguera bientôt plus les montagnes enneigées des grands lapins blancs.
Dans sa rêverie, il croisera le désir et la mélancolie, le désespoir et la joie secrète.
La terre brûle encore du feu de vos regards, et déjà vous brûlez le ciel de vos larmes."

Commentaire du participant : J’ai lu plein de belles choses, cependant un petit recueil dans la collection littérature et poésie des éditions du pli a retenu toute mon attention et souvent je parcours les pages de "Les yeux du ciel" de Nicolas Charlet qui fait partie d’une trilogie, alors je recopie ici la page 45.

Meilleurs mots lus #1 et #2 : Kanji et La Tartine

Et c’est parti pour la publication des Meilleurs mots lus… ;o)
Vous avez été un peu plus d’une quinzaine à répondre à l’appel…
Merci déjà infiniment pour votre participation à ce Grand concours 2005 des meilleurs mots lus !
Pour les retardataires, l’envoi de leurs mots lus est toujours ouvert… tant que la publication du dernier texte n’est pas faite. ;o)
Une seule adresse pour cela : huuan@yahoo.com

La composition du jUUry :
– Double Je
– Bourrique
– Breizhette
– Sweet Mary
– Doc Huff
– UU

La publication se fera au rythme de 2 participations/mots lus par note, dans l’ordre de réception des textes.
Nos délibérations de jUUry se feront au fur et à mesure.
A l’issue de tout cela, le lauréat sera désigné !

Les membres du jUUry, comme vous tous lecteurs du blog, peuvent [je vous y incite même !!!] échanger, commenter sur chacune des notes.

Que le meilleur gagne !… ;o)

Be cool, be open.

UU

Meilleurs mots lus #1
Ces meilleurs mots lus sont extraits de : Mémoires d’Hadrien,  de Marguerite Yourcenar (Folio)

Mots lus par : der Wanderer

Blog : kanji

Le paysage de mes jours semble se composer, comme dans les régions de montagne, de matériaux divers entassés pêle-mêle. J’y rencontre ma nature, déjà composite, formée en parties égales d’instinct et de culture. Cà et là, affleurent les granits de l’inévitable ; partout les éboulements du hasard. Je m’efforce de reparcourir ma vie pour y trouver un plan, y suivre une veine de plomb ou d’or, ou l’écoulement d’une rivière souterraine, mais ce plan tout factice n’est qu’un trompe-l’oeil du souvenir. De temps en temps, dans une rencontre, un présage, une suite définie d’événements, je crois reconnaître une fatalité mais trop de routes ne mènent nulle part, trop de sommes ne s’additionnent pas. Je perçois bien cette diversité, dans ce désordre, la présence d’une personne, mais sa forme semble presque toujours tracée par la pression des circonstances ; ses traits se brouillent comme une image reflétée dans l’eau.

Meilleurs mots lus #2
Un double extrait de mots lus par : La Tartine

Ces meilleurs mots lus sont extraits de : Bartabas Roman, de Jérôme Garcin

Un grand spectacle, on le sait dès qu’on a quitté la salle, c’est celui qui nous donne l’impression, à la fois magique et cruelle, d’être désormais en exil dans le monde réel.

Ces meilleurs mots lus sont extraits de : Dernier amour, de Christian Gailly.

Le silence tarde. Se répand dans la salle. Descend sur les têtes. Tape sur les plus distraites. Chacun bientôt se sentira responsable du silence. Pas peu fier de l’avoir obtenu pour eux, les musiciens. Ça y est presque. Quelqu’un tousse une dernière fois puis plus rien. On va pouvoir y aller.

Commentaire par La Tartine : C’est au début du bouquin, les musiciens se sont mis en place, le concert va bientôt commencer. On s’y croirait!

Grand concours 2005 des meilleurs mots lus

Dites, j’espère que vous n’avez pas oublié quand même ! ;o)

Et voilà donc, le
«Grand concours 2005 des meilleurs mots lus».
Cela consiste à publier la page lue que vous avez préférée en cette année 2005. En guise de rappel, cette note post-datée…
Date limite du concours : 18 novembre 2005 (à 23h59)
Ici
les règles toutes simples !!! [format Word].

Voyage au centre de l’Europe (le Doubs et la Suisse Romande)

Mais où étions-nous passés ?

Et bien, nous fûmes à Goux les Usiers, dans le Doubs, près de Pontarlier, en Franche-Comté [dédicace spéciale à Fab donc, son pays paraît-il]. Ci-dessous son église [pas celle de Fab, mais celle de Goux].
Photo1Et sinon ?

Ben sinon, j’ai pas arrêté de poser des questions sans réponse.

Photo2_1« Et pourquoi il y a cette bosse dans ce champ ?  Une bosse avec une porte qui plus est ! »

Photo3« Et pourquoi il n’y a que le haut des maisons qui aient des revêtements en bois ?»
J’apprendrais plus tard que c’est l’héritage du bâti traditionnel dans la région. Qu’en haut c’était pour le foin, qu’en bas, c’était pour l’habitat. D’où le bois en haut… Vous avez suivi ?

Pourquoi Gustave Courbet a-t-il peint cette grotte 14 fois ?

Photo5Malgré la pancarte affichée à la source de la Loue, à l’entrée de la grotte éponyme, et bien je ne sais toujours pas pourquoi.
Photo4Et sinon, c’est joli la Suisse ?

Euh… oui et non.

Dans la catégorie, oui c’est joli la Suisse

Les forêts, les lacs, la ferronnerie [saxonne ?], le vieux Fribourg, un peu d’église [mais pas trop] à Lausanne, et puis le Müesli suisse [ce n’est pas joli, mais qu’est-ce que c’est bon !].

Photo6Photo7Photo8Photo11Photo9Photo10Photo12Photo121

 

Dans la catégorie, bof on s’attendait à mieux en Suisse

Par exemple Lausanne. Nous avons été franchement déçus. Le temps y était peut-être pour quelque chose. Mais c’est globalement morne.
Photo13Photo14Photo15Et puis, il doit y avoir une incompréhension culturelle de ma part : je ne comprends pas comment la cathédrale de Lausanne soit si … hétérogène dans le mélange de ses 4 tours, toutes de styles différents. Il faut dire qu’on a raté le chef d’œuvre qui était en restauration (le portail de la cathédrale). Alors bon, un peu déçus…

Je n’y connais pas grand chose [on peut même aller jusqu’à « rien »], mais à mon humble avis, l’influence de la Réforme, du choix d’une pratique austère de la religion a laissé son empreinte architecturale dans la ville et ses monuments. Mais bon, cela n’engage que moi, hein…

Par contre, on s’est bien marrés en Suisse !

Photo16Blague #1 : Les maisons closes suisses facilitent le choix du consommateur dès l’interphone

Photo17Blague #2 : Les maisons closes suisses indiquent même les nouveautés [là, sous Fabienne S.M. – d’ailleurs, je me demande si ce sont les vraies initiales de son patronyme à celle-là]

Photo18Blague #3 : Bonne nouvelle, Miss Suisse est très croyante.

[NdUU : Non pas que je me moque de l’Eglise, loin de là. Moi même, etc. En fait, ce qui me fait sourire c’est d’avoir dans la même « phrase » ou pagination, les trois termes « Bonne nouvelle », « Miss Suisse » et « TRES croyant » [parce qu’on peut être croyant partiellement ?].

PhotoBlague #4 : L’Eglise suisse a trouvé une nouvelle régulation naturelle des naissances. Qui ne passe par le préservatif. Et le monde entier [en dehors des croyants suisses] n’est pas au courant.

Photo19Blague #5 : Il fait tellement beau en Suisse qu’ils ont encore des tournesols. C’est dingue.

Photo20Photo22Blague #6 : C’est déjà Noël en Suisse. D‘ailleurs, y a pas qu’en Suisse. Chez Ikéa dans le 9-cube aussi. C’est n’importe quoi. Demain, on fêtera la Saint Sylvestre à la Saint Nicolas !

Photo23Blague #7 : Ils doivent beaucoup aimer les New-Yorkais à Lausanne. Parce qu’ils ont reconstruit le WTC là bas.

Photo24Photo25Blague #8 : Raaah, je sais, c’est pas gentil de ma part. Mais c’est vrai qu’on se marre bien en lisant le Franco-Suisse. Autant que le Québecois. Mais des fois, on ne comprend pas tout. Mais on se marre quand même.  « Ainsi flon flon flon, les p’tits suisses au bord du lac … »

Blague #9 : On a retrouvé la trace de Bioman à Lausanne. Disparus de nos écrans dans les années 80, les voilà installés en Suisse. « Force bleue », « Force orange », « Force rouge »… héhé ;o)
Photo26
Oui, je sais. Cette note, c’est du "n’importe quoi". Mais qu’est-ce que ça fait du bien. ;o)
J’espère que notre franco-teuton-suisse national (l’ami jmesuiléssépoucélacravat) tient encore sur sa chaise après cette note ! Prenez autant de degrés que nécessaire pour lire ma note… ;o)

Be cool, be open.

UU

ps : Dites, la fin du Grand Concours 2005des Meilleurs Mots Lus est pour demain soir, à minuit [m’enfin, j’suis cool – donc prolongation négociable ;o)]…

De mon prénom, de la guerre, des poilus et des traces d’humanité

Cimg4851J’avais lu, il y a quelques jours, une très bonne note de JPC, belle et personnelle sur ces poilus de la der des ders.

Vous aussi, vous avez dû en lire des choses à ce sujet en ce long ouikende de commémoration du 11-novembre. En voir aussi. Et puis en entendre certainement.

Franchement, autant vous dire que cela me dépassait un peu tout ça. Cette guerre, si lointaine dans le temps. J’étais beaucoup plus consterné, plus révolté par l’autre guerre, la suivante.

Et puis, il y a eu cette note de JPC. Puis cet article quelques jours plus tard, dans l’édition du Monde daté du jeudi 10 novembre.

Dans le train qui nous amenait à très grande vitesse vers les territoires verdoyants du Doubs, j’ai lu cet article [lien abonnés] sur les « ders des ders ». Sur ces six derniers poilus [selon le baromètre officiel].

Des portraits ?
Des anecdotes ?
Des histoires de guerre ?
Non, rien de tout ça.
Non, on était ailleurs.
Non, c’étaient simplement des traces d’humanité.
A figer dans le marbre.

Pourquoi la simple lecture de ces quelques lignes m’a-t-elle bouleversé au point de me faire venir des larmes aux yeux ? Au point de ressentir ces frissonnements qui m’ont traversé les avant-bras et les côtes de part en part ?

Vous le savez, vous ne le savez peut-être pas… Mais j’ai peur des films de guerre… sur le Viêt-Nam. Peur de voir de quoi sont capables les hommes.

Ou bien est-ce toujours en raison de ce prénom que je porte depuis ma naissance.
Avec fierté, c’est sûr.
Il n’y a même pas de doute à ce sujet.
Il renvoie à la fois à une certaine légèreté et à un optimisme appuyé.
Ce qui me convient bien.
Il me rappelle aussi en permanence aussi d’où je viens.
D’un pays en guerre.
Littéralement, je suis « celui qui apporte la paix », celui qui est pacifique.

[Extraits des citations de ces poilus qu’a rencontrés le Monde]

« Il faut avoir entendu les blessés entre les lignes. Ils appelaient leur mère. Suppliaient qu’on les achève. C’était une chose horrible. Les Allemands, on les retrouvait quand on allait chercher l’eau au puits. On discutait. Ils étaient comme nous, ils en avaient assez. » Louis de Cazenave, 108 ans.

« Il hurlait : "Venez me chercher, j’ai la jambe coupée." Les brancardiers n’osaient pas sortir. Je n’en pouvais plus. J’y suis allé avec une pince. Je suis d’abord tombé sur un Allemand, le bras en bandoulière. Il m’a fait deux avec ses doigts. J’ai compris qu’il avait deux enfants. Je l’ai pris et l’ai emmené vers les lignes allemandes. Quand ils se sont mis à tirer, il leur a crié d’arrêter. Je l’ai laissé près de sa tranchée. Il m’a remercié. Je suis reparti en arrière, près du blessé français. Il serrait les dents. Je l’ai tiré jusqu’à nos lignes, avec sa jambe de travers. Il m’a embrassé et m’a dit : "Merci pour mes quatre enfants." Je n’ai jamais pu savoir ce qu’il était devenu. » Lazare Ponticelli, 108 ans.

Le Monde écrit : Sur la table du salon traîne un numéro de Das Neue Blatt, un magazine people allemand. Ferdinand parle couramment cette langue, qu’il avait commencé à apprendre en 1914. « Ce peuple m’a toujours intéressé. Ce que je préfère chez les Allemands ? Les Allemandes… L’amitié entre nos deux pays, l’Europe sont la plus belle chose du XXème siècle, avec le jour où l’homme a marché sur la Lune. » Ferdinand Gilson, 107 ans.

Ferdinand ajoute : « Aujourd’hui encore, je ne peux pas passer devant un cimetière militaire. Chaque fois, je me dégonfle. » [note : Vous rendez-vous compte, c’était pourtant il y a près de 90 ans… Et encore aujourd’hui…]

[Pause]
[Reprise de souffle]
[Le temps de réaliser, de ressentir]

Qu’y ai-je donc lu qui m’ait tant ému ? Que la guerre, les guerres ne peuvent pas être faites par les hommes. « On » les y oblige. On les endoctrine. On les y force. Au nom d’un pays. Oui c’est ça, ce sont des nations qui font les guerres. Aujourd’hui, ce sont des idéologies qui font aussi les guerres.

Mais ça ne peut être les hommes eux-mêmes.
Ce n’est pas envisageable.
Je veux le croire.
Je veux y croire.
L’homme ne peut naître avec la haine des autres.
L’homme porte consubstantiellement la mémoire de l’humanité.
Ou bien sinon, je ne serais pas digne de porter mon prénom.

Be cool, be open.

UU

UU-collection [Amsterdam]

UU [enfin moi quoi], à la veille d’un long ouikende, charette comme il peut ne pas paraître, va rendre un simple hommage.

A un style tout d’abord : celui des collections de Tivigirl [depuis, copiée par la Bourrique mais jamais égalée ;o) ni par moi d’ailleurs…].

A Amsterdam ensuite, pour un autre ouikende mémorable, en amoureux tout simplement.

(…) Mais dans le port d’Amsterdam
Y a des marins qui naissent
Dans la chaleur épaisse
Des langueurs océanes (…)

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See you some day, some time, some other place. I am off for a few days…

Be cool, be open.

UU

A l’ombre de la République

Avec ce qui se passe présentement dans NOS banlieues,
J’aurais tant souhaité que NOTRE société se relève.
Pour que la République, NOTRE République continue à regarder, debout, l’avenir.
NOTRE avenir.
Mais même dans le sillage de son ombre, NOTRE ombre,
NOUS avons peur.

Place_de_la_rpublique_parisLégende : Photo prise la semaine dernière, à l’ombre de la République. Paris 11ème.

Néanmoins : Be cool, be open.

UU

Savoir *vraiment* faire l’amour à une femme

Le_dclin_de_lempire_amricainIl y a quelques mois, je m’étais limite fait engueuler par Tivigirl et la Bourrique parce que je n’avais pas encore vu « Le déclin de l’empire américain », film kébécouais de Denys Arcand. J’avais vu « Les invasions barbares », du même auteur, qui m’avait bouleversé l’année dernière.

Ben, on l’a vu, ce « Déclin de l’empire américain », hier soir avec douce Marie. Il date un peu ce film avec ses fringues fluos des eighties. En fait, il date surtout parce que ce qui pouvait être une véritable révolution culturelle [sexuelle devrais-je dire] en 1986 semble aujourd’hui plus admissible dans notre société 19 ans plus tard. Heureusement me direz-vous…

Ca parle donc de sexe, ce film. C’est clair. C’est même dessiné sur la pochette du dividi pour ceux et celles qui ne comprennent que si on leur fait un dessin.

Plus précisément, ça parle d’adultère, de sexe libre, d’échangisme, d’homosexualité, de Sida [ça, chapeau ! parce qu’en 1986, on n’en savait pas forcément grand chose, non ?], de mariage, de fidélité, de sado-masochisme, de prostituées, d’apparence physique, de vieillir, de la fréquence des actes sexuels, de prof d’histoire [héhé ;o)], du crépuscule de la civilisation humaine.

Un film sous forme de questions ouvertes sur tous ces sujets. C’était marrant, plaisant, questionnant donc. Et encore une fois, en 1986, ça devait être quelque chose de sortir ce film.

Mais surtout.

Surtout.

Il y a une réplique.

Lumineuse.

Vers la fin du film.

Une réplique féminine.

Féminine forcément.

Parce que les femmes… etc.

Bref.

« J’ai pas envie de baiser.

J’ai envie de faire l’amour avec toi.

Tu comprends jamais rien…
»

Terrible réplique qui m’a interpellé.

Réplique qui tombe comme une sentence.

Pour couper la chique aux hommes.

C’est vrai, quoi.

Baiser, c’est facile : il suffit de regarder à la télé ou au cinéma [même pas besoin des films pour adultes pour ça, d’ailleurs].

Mais faire l’amour à une femme…

Ben v’là aut’ chose !
;o)

Be cool, be open.

UU

La suprématie raciale du Rhinocéros Blanc

Ce ouikende, aussi familial qu’il puisse être [je reçois ma soeurette pendant quelques jours chez nous, avec toute la smala] et aussi professionnel qu’il puisse être [pas de petit pont pour moi côté boulot], a été propice à la rédaction d’une note particulière.

Ma participation à un ouvrage collectif en devenir, intitulé les Rhinocérales. Un cri de révolte à tout ce qui peut être dénoncé aujourd’hui, à l’image de la ré-utilisation de la swastika sur les drapeaux de l’école de guerre de l’armée finlandaise.
 

Mon rhinocéros à moi, celui que j’ai chassé la semaine dernière pour le dénoncer, vous le trouverez dans cette note. Parue initalement en exclusivité hier chez Armand Zerty.

Cette initiative de la part d’Armand Zerty (prête-nom collectif sorti de la conscience éclairée de l’ami di Brazza) s’est structurée autour d’un projet collectif, dont vous trouverez ici le le Mode d’emploi pour que le maximum de personnes participent à ce Safari Rhinocéral :

Car le but principal de toute cette affaire (…) est bien d’occire un maximum de Rhinocéros et d’éviter ainsi à notre bonne vieille Planète la RHINORANKXEROXISATION qui s’est abattue sur le village de la pièce de Théatre  "RHINOCEROS" d’Eugène Ionesco. Il ya des nostalgies à dénoncer, des rhinocéros à combattre, des voix à faire entendre haut et fort. Hardi les gars !

Nous avons donc décidé d’écrire un OUVRAGE COLLECTIF auquel je prêterai mon nom en tant qu’auteur. Ce qui n’empêchera pas chaque contribution de l’un ou de l’autre d’être "sous-signée".

Cet ouvrage s’appelle LES RHINOCERALES, signé, A.ZERTY.

Rejoignez-nous dans cette initiative collective et citoyenne que sont les Rhinocérales. Allez chez Armand Zerty. Pour qu’on n’oublie pas. Qu’on ne laisse pas passer ce genre de choses. Et surtout pas ce genre de choses.

******* MA NOTE ENVOYEE A ARMAND ZERTY *******

Duo_rhinocros_blancIl est des plaines de par le monde qui sont plus ou moins propices à la chasse du Rhinocéros.

Car c’est un sacré animal que nous chassons là. Le monstre honni. La boîte de Pandore sur quatre pattes.

Allez le chercher en Afrique, sa terre d’élection que vous ne le trouverez pas ou plus. Mais veillons, des fois qu’il ait muté génétiquement.

Cet animal-là voyage, migre, transhume. Il préfère ces espaces de libertés, ces mornes plaines où il fait bon paître entourés de cons aveugles et sourds.

On a commencé à en lever dans les pays nordiques. Mais cela ne s’arrêtera pas. Cela ne peut pas.

C’est une chasse éternelle. Une mission divine au sens laïque, si vous voyez ce que je veux dire.

LamblynxgaedeMon Rhinocéros à moi, il n’a pas la peau épaisse, dure, grise, recouverte de poussières et de boues séchées. Mon Rhinocéros à moi, vous le croiseriez dans la rue, sur le même trottoir que vous tendriez la main pour caresser leurs… petites têtes blondes.

Car le Rhinocéros sait s’adapter à son environnement. Il sait sortir de la fange de ces plaines de la Vieille Europe, drainées par des hectolitres de sang maintenant séché, pour aller voler de ses propres ailes en des contrées ô combien plus accueillantes et tolérantes pour les idées d’extrême droite, voire pro-nazies – n’ayant pas peur des mots. Appelons un Rhinocéros, un Rhinocéros. Puisque c’en est un et un beau et gros !

Car le Rhinocéros est subtil, pervers même. Jusqu’à aller manipuler des enfants, des jumelles qui plus est, dont la blondeur et leur sourire candide n’ont d’égal que la haine qu’elles propagent dans leurs chansons.

Voici ce qu’elles disent, en interview publique, sur ABC News :

"We are proud of being white. (…) We want our people to stay white…we don’t want to just be, you know, a big muddle. We just want to preserve our race."

"Not having enough white babies born to replace ourselves and generally not having good quality white people being born."

Elles s’appellent Lamb et Lynx Gaede. Leur groupe porte le nom de Prussian Blue. Elles n’ont que 13 ans, vivent en Californie. Ont été brain-washed depuis leur tendre enfance. Eduquées à la maison depuis toujours par leur mère.

Leurs chansons sont des hymnes (“Sacrifice”) à Rudolf Hesse, présenté comme un « homme de paix ». Détail ô combien signifiant, leur père porte la swastika en boucle de ceinture…

Elles chantent – notamment – pour le neo-Nazi National Alliance at Holocaust. N’hésitent pas un instant à faire le salut hitlérien en concernant tout en clamant (peut-on parler de chant à ce stade ?) "Strike force! White survival. Strike force! Yeah."

No comment.

La nausée me vient.

Sic. Sick, devrais-je plutôt écrire.

La chasse au Rhinocéros est éprouvante.

Car elle vous emmène dans les profondeurs pourries de l’âme humaine, celles où peu de gens osent mettre le pied, ou même ouvrir les yeux.

Ouvrir la fenêtre, vite. Ouvrir sa bouche, pour déverser ce trop plein de dégoût. Vomir la haine qu’ont ces gens. Vomir car mon corps, mon âme trouvent intolérable la cohabitation d’une telle évocation avec mon for intérieur.

Plus que jamais : Be cool, be open. Please.

Armand ZERTY p/o UU

Sources:

ABC news

Daily Telegraph