La pensée du vendredi #13 : Légitimité politique

Martin Hirsch, président d’Emmaüs France, ce matin sur France Q, à peu de choses près [je ne pouvais pas écrire en voiture…] :

« La nouveauté, c’est que même les élites politiques reconnaissent maintenant qu’il est impossible de gouverner [la France]. »

Il parlait de Villepin…

Et il n’y a pas que la droite actuelle qui se plaint des freins de la société française [cf. CPE, etc.]. Même la gauche et ses intellectuels s’y mettent [article payant de Libé – mais je l’avais lu à l’époque où c’était gratuit quand notre copine Marine me l’avait envoyé ;o)].

Ben, merdum, c’est inquiétant… Y a-t-il un pilote dans l’avion "France" ?

Autre perle du jour par Sarkosy à son congrès de Nîmes :

« Il n’y a pas de fatalité au déclin de notre pays, il y a seulement les
ravages de l’immobilisme (…) C’est l’immobilisme qui affaiblit la
France, qui discrédite l’Etat, qui détourne le pouvoir de ce pourquoi
il est fait (…)
»

C’est marrant, parce qu’en lisant son discours du congrès de Nïmes,
j’ai eu l’impression que c’est bien la première fois dans la Vème
République qu’un Ministre d’Etat, par ailleurs chef du parti de la
majorité gouvernante, critique aussi [ou]vertement le gouvernement dont
il fait partie.

Mais voilà la *vraie* question à méditer pour ce ouikende : Pourquoi Nicolas Sarkosy ne démissionnerait-il pas de ce gouvernement, depuis le temps qu’il critique et fustige tout ce qui l’encadre un tant soi peu ?…

Il y a des vendredis où je me demande si j’entends quoi que ce soit en chose politique.

Bon ouikende néanmoins à toutes et à tous.

Be cool, be open.

UU

Bleu comme une…

Hier, j’étais tout heureux en sortant du restaurant. Puis j’ai vu cet Arc de Triomphe qui m’a rendu un peu triste.

Arc_de_triomphe_bleu_9_mai_2006

L’Arc était bleu pour la Journée de l’Europe.

Il m’a surtout rappelé qu’elle [l’Europe] est toujours en feu et que nos "gouvernants" [européens à Bruxelles ou français à Paris] ne font rien, mais alors vraiment pas grand chose pour l’éteindre ce feu.

Moi, ce dont j’ai *vraiment* peur, c’est qu’il y ait un jour des gens qui sautent par la fenêtre de l’Europe en *voyant* tout ça… Et on pourrait compter autant de bénis-oui-oui que de nonistes !… Malheureusement…

Personne ne voit donc qu’elle pleure toute seule, dans son coin, notre Europe bleue comme une orange ?

– La terre est bleue –

La terre est bleue comme une orange
Jamais une erreur les mots ne mentent pas
Ils ne vous donnent plus à chanter
Au tour des baisers de s’entendre
Les fous et les amours
Elle sa bouche d’alliance
Tous les secrets tous les sourires
Et quels vêtements d’indulgence
À la croire toute nue.

Les guêpes fleurissent vert
L’aube se passe autour du cou
Un collier de fenêtres
Des ailes couvrent les feuilles
Tu as toutes les joies solaires
Tout le soleil sur la terre
Sur les chemins de ta beauté.

Oeil de sourd
Faites mon portait.
Il se modifiera pour remplir tous les vides.
Faites mon portrait sans bruit, seul le silence,
A moins que – s’il – sauf – excepté –
Je ne vous entends pas.

Il s’agit, il ne s’agit plus.
Je voudrais ressembler –
Fâcheuse coïncidence, entre autres grandes affaires.
Sans fatigue, têtes nouées
Aux mains de mon activité.

Poème de Môssieur Eluard, issu du recueil intitulé "L’amour la poésie" [1929].

Be cool, be open.

UU

Aujourd’hui, j’ai XXXI ans et c’est tant mieux

Aujourd’hui, cela fait un an de plus que l’année dernière et c’est tant mieux.

J’ai surtout envie de dire que tout va bien, que tout va tellement mieux [qu’il y a quelques années].

Darrozepersonne
"Personne ne me volera ce que j’ai dansé", Hélène Darroze (*).

Pas plus elle que moi d’ailleurs.

Et c’est ainsi que les choses devraient toujours être.

Belles et simples.

Be cool, be open.

UU

(*) On dîne chez elle ce soir…

C’est grave, docteur ?

ChoUUpinette rocks !

C’est dingue, à chaque fois, que je mets ce morceau des Arctic Monkeys [de loin le meilleur album rock de 2006 ! Non, Bourrique, après mûre réflexion, cela ne souffre pas l’ombre d’un poil de discussion ! ;o)], notre ChoUUpinette se met à danser comme pas possible dans le bidou de douce Marie !!…

Y a pas à dire, le titre de ce morceau colle à la peau de notre ChoUUpinette : « I bet you look good on the dancefloor! »

Et la lUUmière fut !

Le croyez-vous ? Les foetus ouvrent leurs yeux dans le ventre de leur maman à la 28ème semaine de grossesse.

Quand j’ai lu ça la semaine dernière, j’ai fait un rêve dans la nuit qui a suivi : avec son dynamisme inné [voir le précédent paragraphe], j’ai rêvé qu’on voyait à travers la peau du bidou de douce Marie la forme du bras de ChoUUpinette. Puis ce fut au tour de son visage que je voyais alors s’imprimer sur le même bidou [je l’imaginais appuyer sa tête contre la paroi du ventre de douce Marie, tellement fort qu’on pouvait voir son visage en reflief]. Et alors que je souriais à ce visage tout mignon tout plein et que je le montrais à tout le monde [la famille a tout d’un coup apparu dans mon rêve], ce visage en relief sur le bidou de douce Marie s’est mis à ouvrir les yeux !!!

Comme c’était un rêve, cela ne me surprenait pas trop.

Mais maintenant je me demande : "C’est grave, docteur ?". ;o)

Be cool, be open.

UU

Du muguet qui se mange !

LadureMacarons_ladureMacaron_muguet_1

L’heure du déjeuner approche… J’en profite pour vous ouvrir l’appétit…

Hier, plutôt que d’offrir du muguet à douce Marie, je suis tombé sur une surprise alléchante. Du muguet qui se mange ! [le vert tendre, en premier plan sur la photo de droite]

Ladurée propose [selon nous] le MEILLEUR macaron à Paris. Je sais, il y a débat. Parce qu’il y a aussi Pierre Hermé, les macarons artisanaux du boulanger du quartier, etc.

Mais qui n’a jamais goûté chez Ladurée le macaron au caramel à la fleur de sel n’a certainement pas [encore] connu l’extase pâtissier.

Oui, j’exagère mais à peine. Allez y, goûtez ceux à la réglisse [une longueur en bouche exceptionnelle], à la rose [d’une grande subtilité…], au chocolat amer [pour les gourmands !], à la cassis-violette [originalité et souvenir d’enfance !], aux fruits rouges [croquant à souhait !]…  Et ça, c’étaient que les classiques !

Restent les nouveautés de la saison : au citron-gingembre [à se damner !], à la fleur d’oranger [d’une fraîcheur incroyable] et enfin au muguet [originalité et de saison !].

Vous n’imaginez pas le sourire qu’on a aux lèvres en portant le premier macaron Ladurée en bouche. En général, leur durée de vie après paiement avoisine les cinq minutes…

Be cool, be open.

UU

Rouge

Je parle assez peu de mes goûts musicaux sur ce blog… [à part quelques piques de bloggeurs bien attentionnés ;o)].

Et pourtant, la musique tient une place essentielle…

Ne serait-ce que par l’espace qu’elle occupe avec nos 500 et quelques CDs.

De l’opéra et Chopin jusqu’au hip hop avec un soupçon de dub house broken beat, en passant par Brel, il y a un grand écart sonore qu’on entretient volontairement pour garder nos oreilles ouvertes sur le monde.

On baigne en permanence dans la musique. Le premier geste après avoir remis le pied chez nous en rentrant du boulot: allumer la chaîne et choisir la sensation qui va bien.

Car la musique n’est rien d’autre que cela : une jouissante correspondance baudelairienne [souvenirs, émotions, goûts, texture, couleurs, etc.]…

Et une voix de femme sur du rock à l’état brut, ben moi, ça me donne des frissons.

Rouge ma gorge est rouge
Allongé ici
Dans cette salle triste de blanc et de glace
Rouge rouge est ma voix
D’avoir supplié
Les bourreaux qui riaient de me voir pleurer
Rouge rouge est mon sang
Mélangé ici
A cette terre sale de terrain vague
Là-haut la lune sourit aux méchants
On y voyait comme en plein jour
La la la la la la la….
Rouge ma robe est rouge
J’aime tant danser
Mes ongles aussi sont rouges
Pour l’eternité
Priez, priez pour celle qui n’a plus d’amoureux
Et ne peut pourtant plus être sainte vierge
Je n’ai que des regrets
Et presque pas de haine
Rouge de n’avoir pu t’aimer plus fort.
Je n’ai que des regrets
Et presque pas de haine
Rouge de n’avoir pu t’aimer plus fort.

[Morceau : "Rouge" par les 10 Petits Indiens, éphémère groupe français de rock indépendant – Morceau choisi en écho des derniers commentaires – Breizhette et L’Oeil Vagabond – sur cette note.]

[Et pour continuer la séquence *nostalgie*, cette chanson en fait est une de celles qui ont marqué notre rencontre avec douce Marie il y a plus de douze ans. Elle ne portait – presque – que du rouge et j’en suis tombé follement amoureux… ;o)]

Be cool, be open.

UU

La pensée du vendredi #12 : Cultiver son jardin

Cultiver son jardin…

L’ami Voltaire, je le prends au mot [faites en autant. Vous verrez, ça marche !].

C’est peut-être pour cette raison que ça va bien actuellement.

Je vous souhaite à toutes et à tous un joli ouikende fleuri.

En particulier à Virginie-Virgile qui partage cet amour floral qui ressource.

Ainsi que GuessWho, notre poète-jardinier.

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Be cool, be open.

UU

« Une robe rouge est-elle encore rouge lorsque je ne la regarde pas ? »

Marie

Légende : Photo de douce Marie, dans une installation de Lille 2004

Ah, merci Patsystone pour cette magnifique question…

« Une robe rouge est-elle encore rouge lorsque je ne la regarde pas ? »

Elle m’a rappelé immédiatement une émission de radio sur un  magnifique texte de Merleau-Ponty – j’ai envie de dire ce chant du cygne philosophique car écrit au crépuscule de ses jours, au bord d’une piscine [c’est important, vous allez comprendre pourquoi]. C’était sur le chemin de la Toscane, sur France Q, l’été dernier.

La question de Patsystone, fondamentalement ontologique [référence à "l’être en tant qu’être" d’Aristote], est fascinante.

C’est une question qui joue un air faussement shakespearien [étre ou ne pas être] mais qui renvoit non seulement l’homme à sa condition [in]humaine mais aussi le monde dans sa globalité en tant qu’objet pleinement empreint d’une finitude inéluctable.

Qui suis-je, moi celui qui regarde cette robe en ce moment ?, avais-je envie d’écrire à Patsystone – avant d’écrire cette note.

Merleau-Ponty, lui, a écrit ceci :

« Quand je vois à travers l’épaisseur de l’eau le carrelage au fond de la piscine, je ne le vois pas malgré l’eau, les reflets, je les vois justement à travers eux, par eux. S’il n’y avait pas ces distorsions, ces zébrures de soleil, si je voyais sans cette chair la géométrie du carrelage, c’est alors que je cesserais de le voir comme il est, où il est, à savoir : plus loin que tout lieu identique. L’eau elle-même, la puissance aqueuse, l’élément sirupeux et miroitant, je ne peux pas dire qu’elle est dans l’espace ; elle n’est pas ailleurs, mais elle n’est pas dans la piscine. Elle l’habite, elle s’y matérialise, elle n’y est pas contenue, et si je lève les yeux vers l’écran des cyprès où joue le réseau des reflets, je ne puis contester que l’eau le visite aussi, ou du moins y envoie son essence active et vivante. » in ‘Le visible et l’invisible’ (oeuvre posthume) de Maurice Merleau-Ponty

Que voit-on vraiment ? Est-ce la poésie profonde du monde ?

Merleau-Ponty, par ce texte, nous donne envie d’avoir la foi dans le monde. Une foi poétique et artistique.

Cette interrogation n’avait alors cessé de me hanter tout le temps qu’on caressait de l’oeil les cyprès en Toscane, l’été dernier.

Toscane_bosquet_de_cyprsLégende : Photo d’un bosquet de cyprès, au sud de Sienne – dans les Crete senesi précisément

Be cool, be open.

UU

MAC 43 : HaïkUU pour un MAC anonyme

Appel à témoins !

A qui appartient ce MAC ?

J’ai [enfin] rangé ce ouikende la pièce qui fait office de bureau chez nous… Et hop, j’ai aussi rangé mon bureau virtuel [i.e le répertoire avec tous les fichiers "En attente – à traiter, etc."] de l’ancien ordinateur de boulot.

Bon, je n’avais pas oublié les MAC de mon copain Lof [qui viendront juste après celui ci]… Mais je savais qu’il y en avait un avant. Le MAC 43.

Mac43anonymeBon, vous ne savez plus ce que sont les MAC ? Allez jeter un coup d’oeil rapide ici [un obscur concours permanent de photos de pieds – chaussés ou non – et pour lesquels, d’habitude j’invente un texte ad hoc, parfois sur un ton léger, d’autres fois plus sérieux…]

Bon, vous vous rappelez maintenant, hein !? ;o)

Bon [encore], en attendant, en changeant de job, je n’ai plus gardé trace de qui m’a envoyé ce MAC là.

Ce sera donc le MAC Anonyme ! A moins qu’elle [je suis quasiment sûr que c’était une femme qui me l’a envoyé, c’était en février… Oui, je sais, je suis à la bourre. ;o)]

Et comme je suis enrhubé [rhume des foins + "en avril, ne te montre pas nUU au balcon"], je trouve ce MAC rafraîchissant bien à propos.

Et pour me faire pardonner de cette perte de mémoire malencontreuse, un haïku de derrière les fagots. ;o)

L’abominable
Sur la neige ramollie
Aussi s’attendrit.

 

Be cool, be open.

UU

ps : Si l’auteur anonyme de ce MAC pouvait se dénoncer… je me coucherai ce soir en étant rassuré… ;o)