Devoir de vacances #3 par Philéas

Appel solennel à toute la blogosphère. Cet été, le MAC change de ligne éditoriale. Entre le 22 Juin et le 1er Septembre, ne seront acceptés par le jUUry que les MAC de vacances !

L’élève Philéas, quoique en vacances permanentes depuis 9 juin 2004, s’est fendu d’un mignon Devoir de Vacances, le premier qu’il ait jamais fait ! Vous allez voir, y a du potentiel chez ce petit.

Sujet du devoir du jour : « Plus tard, quand je serai grand »

Devoirdevacances3philasMoi, plus tard, quand je serai grand, je serai Explorateur.
Moi, plus tard, quand je serai Explorateur, ben je marcherai beaucoup et pas parce que mon pôpa, il a toujours aimé que je marche. Et puis ce sera pieds nus, parce que on sent mieux la terre que l’on foule.
Moi, plus tard, quand je marcherai beaucoup pieds nus, j’aurai tout le temps que je voudrai pour aller voir le monde entier, et pas comme aujourd’hui où je peux le faire que quand mon pôpa il est en vacances. (*)
Moi, plus tard, quand j’irai voir le monde, je parlerai plein de langues de tous les pays où j’irai parce que ça se voit pas encore, mais je vais être bavard, ça s’est sûr. Y a qu’à voir mon pôpa !
Moi, plus tard, quand je parlerai toutes les langues du monde, et ben je pourrai communiquer avec eux et voir que le bonheur est partout, en toutes choses, même les plus simples et que partout dans le monde, c’est pareil. Quelques mots échangés avec la personne qui nous accueille, dans sa langue, et ben ça change tout !
Moi, plus tard, quand je verrai que le bonheur est là, simple et accessible tous les jours, ben alors moi aussi je ferai un bébé ! Et toc. Mais faut aussi que je trouve ma douce moitié… Bon, je vais peut-être commencer à la crèche. Paraît qu’on a des amoureuses même quand on est bébé ! ;o)

Mention concernant l’élève Philéas : Un énorme potentiel. Doit encore confirmer vu son jeune âge. Mais j’a confiance, ce sera quelqu’un de très bien !

N’oubliez pas d’envoyez vos cartes postales / Devoir de Vacances MACquées à : huuan@yahoo.com.

Be cool, be open.

UU

(*) D’ailleurs, c’est lui, mon pôpa, qui me demande de faire ce Devoir de Vacances, pour que je sois  plus intelligent plus vite que les autres.

Devoir de vacances #2 par Cellb15

Appel solennel à toute la blogosphère. Cet été, le MAC change de ligne éditoriale. Entre le 22 Juin et le 1er Septembre, ne seront acceptés par le jUUry que les MAC de vacances !

Avant hier, c’était l’inauguration de la série, avec le Devoir de Vacances #1 par l’élève Bourrique. ;o)

Ah, depuis le temps que notre chère Cellb15 s’était convaincue qu’elle devait aussi faire partie de la galerie de MAC (vous vous rappelez ? Le MAC au féminin, ça l’avait finalement décidé à faire le pas…).

Et bien, elle nous est arrivée à point nommé pour vous montrer le pas : le Devoir de Vacances #2 par l’élève Cellb15 donc.

Sujet du devoir du jour : « Tropical Malady »
… ou Comment, en partant de Madrid pour aller à Barcelone, Cellb15 s’est retrouvée sous les tropiques à chasser en tongues une créature imaginaire.

Devoirdevacances2cellb15Ce film, elle l’avait vu une centaine de fois. Elle l’avait adoré. Elle l’avait aimé, même. Elle serait bien partie avec eux. A la chasse de l’animal qui n’existe pas. Le suivre à travers la jungle tropicale de l’esprit. L’observer à travers les lianes de la subjectivité lorsqu’il irait se désaltérer, là au pied des mangroves, à la lumière du crépuscule onirique. Elle aurait finit par connaître ses habitudes. Ses cachettes , d’où il surgirait pour voler l’âme des exploratrices comme elle. Elle se serait évanouie à sa vue, terrassée par la peur, lorsqu’il se serait dressé sur ses deux gigantesques pattes pour clamer l’amour qu’il attache à sa terre… Mais quelle terre ?… Mais non, elle était toujours au Sonar, à Barcelone. Ses pas s’étaient trop longuement égarés dans les palmiers tropicaux aux pieds de l’Auditori du festival…

Mention concernant l’élève Cellb15 : A tendance à douceureusement rêver pendant les cours d’Espagnol. Mais s’est fort bien rattrapée à la fin du trimestre, juste avant les grandes vacances d’été ! ;o)

Sea tranquilo, sea abierto. (*)

UU

(*) Be cool, be open.

Paris-Nürnberg

Pluie_cdgHier, je devais partir à 18h05 pour Nüremberg.
A 17h et des brouettes, il s’est mis à pleuvoir comme vache qui pisse (pardon mesdames).
Le vol pour Marseille annulé.
Le vol pour Vigo annulé.
Le vol pour Bilbao annulé.
Le vol pour Luxembourg annulé.
Le vol pour München annulé.
Le vol devant atterrir à CDG en provenance de Hanover est rerouté sur l’aéroport de Lille.
Le vol devant atterrir à CDG en provenance de Madrid est rerouté sur l’aéroport de Lille.
etc.

Salle_embarquement_cdgSalle_embarquement_fazL’attente se fait longue. Quatre heures dans la salle d’embarquement. Balladé de porte en porte. Alors, je joue. Je fais des MAC improvisés. Un MAC avec le Monde. Un autre, clin d’oeil à jemesuisléssépoucélacravaat avec le Frankfürter Allgemeine Zeitung. Et puis, ces gens qui attendent comme moi. Ceux qui stressent, qui téléphonent immédiatement et qui se mettent à pianoter sur leur laptop (en général, ils font les trois en même temps). Ceux qui sont dégoûtés car ils ont raté la correspondance pour leurs vacances. Une foule hétéroclite, le moins qu’on puisse attendre d’un aéroport finalement.

BambergHier, j’étais bon pour le dernier vol pour Nüremberg. Arrivée à 1h du mat’. Au moins, il fait beau ce matin à Bamberg, en Allemagne.

Y a des jours comme ça, il vaut mieux être cool et open. ;o)

UU

Francine est en période d’essai pour 2 ans

[Toute ressemblance à des personnages fictifs pourrait bien être volontaire]

– Bonjour, Francine ! Tu as la pêche aujourd’hui ?
– Bonjour, patron.
– Alors, tu as la pêche aujourd’hui ? Parce que le business, lui, ne s’arrête pas. On est dans une économie globalisée, tu sais !
– Hui, patron.
– Bon, en tout cas, c’est chouette de savoir que t’as la pêche. On a plein de nouveaux contrats depuis hier !
– Ah ?
– Ben, tu sais, les ricains, quand ils ont entendu notre super Chirac annoncer de nouvelles mesures qui allègeraient notre code du travail, tout ça sans passer par l’Assemblée Nationale, uniquement par ordonnances ! Pas bêtes hein ? Ben ils ont dare dare signer le contrat en suspens depuis 3 mois. C’est chouette non ? Au Medef, hier, on a fêté ça avec champagne à flots !
– Quelles nouvelles mesures ?
– Ben, des mesures qui donnent la pêche à des patrons comme moi ! Tu sais, le contrat nouvelle embauche. C’est une super idée. D’ailleurs, je te propose de modifier ton CDI en contrat nouvelle embauche à partir de demain !
– Ah ?
– Tu seras gagnante sur toute la ligne !
Office_3– En quoi ?
– Et bien, tu auras la flexibilité de partir quand tu voudras. Une fille comme toi, ça peut avoir envie de changer d’orientation professionnelle, à tout instant. Et c’est lé-gi-ti-me ! Ce contrat, si j’ai tout compris, te permet de le faire dans une période de 2 ans, sans justification ni préavis ni indemnité à verser à ton patron. (*)
– Ah…

Be cool, be open.
Because it’s gonna be rock n’ roll : social protection is dead !

UU

(*) Je sais, je sais. Ce n’est pas dans ce sens-là que le contrat nouvelle embauche est proposé. Je vous l’avait dit que c’était fictif, ce dialogue. Quoique…

Devoir de vacances : les MAC de l’Eté !!! En bonus, le MAC 35 : Bourrique à la plage

Appel solennel à toute la blogosphère. En ce beau premier jour d’été, le MAC change de ligne éditoriale. Entre le 22 Juin et le 1er Septembre, ne seront acceptés par le jury que les MAC de vacances !

Fini le surréalisme, fini les interprétations alambiquées et lacaniennes des MAC. Il faut du concret !!! Il nous faut du bonheur, il nous faut des images de vacances !!!

Il faut du palmier
Il faut du grand monument moderne
Il faut des pyramides incas
Il faut de la mer aux reflets d’argents
Il faut des pagodes sur pilotis
Il faut de la jungle amazonienne
Il faut du lagon bleu comme une orange
Il faut des marchés du monde aux milles couleurs
Il faut de l’amour (ah, l’amour de vacances…)

Et tout ça sous forme de MAC ! On ne peut rêver plus cool comme devoir de vacances.
Envoyez vos cartes postales de vacances MACquées à : huuan@yahoo.com.

Mac35bourriquealaplageOn inaugure aujourd’hui avec Bourrique et sa pseudo-réflexion urbanistique en bord de mer.

Les prochains jours, on aura droit à : cellb15, Lof et Philéas. Tous déjà partis les bienheureux ! ;o)

Be cool, be open.

UU

Claire Zalamansky – Voyage musical vers l’Orient judéo-espagnol

Marrakechmdina_porte[Avant toute chose, la lecture de cette note ne peut se concevoir sans l’écoute simultanée de ce morceau de Claire Zalamansky sur lequel je reviendrai plus bas. Click, relax and enjoy !]

Ecoutez et plongez avec moi dans l’Orient, celui qui commence à Cordoue et s’arrête aux frontières de Ryadmarrakechmarie2l’ex-empire ottoman.

Otez vos chaussures… marchez comme moi, pieds nus sur le sol frais d’un patio marrakchi, embaumé de roses et d’encens. Nous pénétrons dans un univers, nimbé de merveilleux, de notes musicales envoûtantes.

MarrakechsouksoirAh, ces premières notes… Elles nous emportent littéralement ailleurs. Tel un tapis volant des Mille et Une Nuits qui déambulerait dans la médina de Marrakech, dans une apaisante torpeur, entre printemps et été, n’est-ce-pas ?

Cd_claire_zalamanskyClaire Zalamansky, d’origine ashkénaze, a trouvé dans la communauté culturelle séfarade la magie que réclamait sa voix : un Orient difficile à cerner à l’oreille car mélange de plusieurs cultures. Sa musique judéo-espagnole est mêlée des influences qu’ont accumulées les multiples générations juives qui ont fui l’Espagne après l’édit d’expulsion de 1492 et qui se sont progressivement installées le long du pourtour méditerranéen.

Les femmes juives ont notamment transmis, entre elles, oralement, un véritable patrimoine culturel de chants sur la vie quotidienne (kantiga) où on peut relever beaucoup de critiques acerbes et ironiques de leur propre condition féminine ainsi que des carcans sociaux et religieux.
Des chants empreints de liberté pourrait-on dire. Ainsi, la chanson que vous écoutez, dont vous trouverez les paroles plus bas, est une kantiga du XIXème siècle : une célébration de l’amour libre, avec un brigand qui plus est !
D’autres chants sont d’origine judaïque et célèbrent en particulier les rites du mariage religieux et son importance dans la culture juive.

C’est finalement une double immersion à laquelle on est convié à l’écoute de l’album de Claire Zalamansky : dans un Orient terriblement envoûtant et dans la culture juive avec ses symboles, ses multiples repères autour des fêtes et autres événements du calendrier religieux.

Nuages_atlas_1Sa voix est magnifique, très belle, particulièrement belle… Tout en nuances, modulant les sons comme ces instruments à cordes d’Afrique du Nord. Venez donc avec moi et vous verrez, à l’écoute de cet album, ce sont les images de Meknès et de Grenade qui vont vous apparaître simultanément, là au dessus des nuages…

Be cool, be open.

UU

ps : Si elle passe quelque part près de chez vous, allez-y. Nous l’avons vu il y a 10 jours à Paris, en marge du marché de la Poésie. Ce fut une bien belle soirée… Merci à JL Bétant, sur le blog de Dibrazza de nous avoir l’avoir signalée.

[Paroles de la chanson ‘De edad de kinze anyos’, in Gül Pembe – Chants du Sefarland, par Claire Zalamansky, chez Arion – 2003]

De edad de kinze anyos A l’âge de quinze ans
Empesi a azer el amor. J’ai commencé à faire l’amour.
Kon un manseviko brigante Avec un jeune voyou
Ke me pudo arrevatar Qui avait réussi à m’emmener avec lui

El ofisyo de mi kerido, Le metier de mon chéri ?
Es ladron I kumardji. Voleur et joueur !
El tavan ke me lo guadre Que le ciel me le garde
De la mano del polis. Des mains de la police.

Trenta liras me demanda Il me demande trente livres
Trenta I una le vo a dar. Je lui en donnerai trente et une
Ke las meta en ofisyo Pour qu’il les investisse
En ofisyo de ganar. Dans un métier qui rapporte.

De edad de kinze anyos A l’âge de quinze ans
Empesi a azer el amor. J’ai commence à faire l’amour.
Kon un manseviko brigante Avec un jeune voyou
Ke me pudo arrevatar. Qui avait réussi à m’emmener avec lui.

MAC 34 : double MAC – l’été selon Lof et Pauline à la plage

[Pour les grands impatients qui n’attendent que Claire Zalamansky, c’est pour bientôt… Demain ? Bon je n’ose plus annoncer quoi que ce soit parce que mon agenda blogUUesque se décale tout le temps ! Mais c’est sûr, c’est pour bientôt le voyage musical en Andalousie à la découverte de la culture judéo-espagnole…]

Pour fêter dignement l’arrivée de l’été, je vais mettre à l’honneur un copain avec qui j’ai fait un certain nombre de coups parmi les quatre cent disponibles dans le catalogue : Lof et sa moitié Pauline.

Double MAC donc aujourd’hui :
– [MAC vidéo de l’été selon Lof] Lof dans ses sandales d’été dans une hallucinante réalisation cinématographique. Je ne sais pas quel grain de génie lui est passé par la tête : mais tant d’énergie estivale véhiculée par une mise en scène dépouillée à l’extrême, chapi chapô, il fallait le faire. (*)
Mac34pauline_la_plagePauline à la plage, le charmant film d’Eric Rohmer, revisité selon une interprétation photographique MACquesque. Rappelez vous le scénario du film, c’est un peu compliqué les relations humaines Affiche_pauline_plagequi se nouent autour de Pauline (celle du film). Et bien là, j’ai essayé de symboliser cette même complexité dramatique en tapant l’incruste sur la photo (je suis les 2 pieds à gauche), tenant une sorte de chandelle qui n’a pas su résister très longtemps au souffle du Mistral aux côtés de Lof et sa moitié Pauline.

Voilà donc, en toute simplicité, l’explication plus que tordue du titre de ce double MAC.

Cet été, n’oubliez pas de prendre dans votre panier de plage mon adresse courriel pour m’envoyer les cartes postales de vos MAC d’été : huuan@yahoo.com !!!

Be cool, be open.

UU

(*) Laquelle vidéo n’est pas sans rappeler les tongues du professeur Hrundi.

Le langage – le silence – les langues (2ème note sur Locataires)

The_world_poster_smLocataires_affiche[Notes sur deux films sublimes : The World, film chinois de Jia Shang-ke et Locataires, film coréen de Kim Ki-Duk – couronné à Venise]

Petit rappel : Parlons peu, mais parlons bien : je ne vais pas vous faire la critique de ces deux films. Des personnes, aguerries à cet exercice l’ont fait, notamment au Monde et dans Télérama, voilà quelques semaines. (*)

J’ai déjà évoqué il y a deux jours le premier film, The World, qui mettait en scène une très belle scène d’amitié qui transcendait la frontière des langues (chinoise et russe respectivement). Aujourd’hui, c’est à un autre instant de bonheur cinématographique que je veux vous convier.

Locataires3Dans le deuxième film, Locataires, c’est d’amour dont il s’agit. Je ne vais pas parler longuement de la bande originale, mais elle est ici (aussi) très belle. Elle remplit l’espace sonore et porte littéralement le film. Vous comprendrez bientôt pourquoi, si vous n’avez pas encore vu  le film.

Locataires4Et donc Tae-suk, jeune homme, arpente les rues d’une grande ville coréenne, à la recherche de maisons ou d’appartements laissés vides par leurs locataires, qu’ils soient en vacances, en voyages d’affaires ou tout simplement … mort. Il y pénètre alors et occupe ces lieux inhabités, sans rien voler. Au contraire, il nettoie, lave, répare tout ce qui n’est pas en bon état de fonctionnement. Jusqu’au jour où il rencontre Sun-houa, une femme, femme maltraitée par son mari…

Locataires1A partir de cet instant, le film prend véritablement son envol. Le héros n’aura de cesse de laisser le moins de traces possibles partout où il passe jusqu’en prison où il parviendra à accomplir sa métamorphose ultime, jusqu’à devenir véritablement l’Ombre de son geôlier. Cette scène-là, magnifique, nous fait entrevoir un monde invisible, un monde où les sens s’éteignent. On ne voit rien, on n’entend rien. Mais on sait tout.

Ah oui, je ne vous l’ai pas dit ? Le héros ne parlera pas une seule fois durant le film… Je vous rassure, ce n’est pas un film muet. Tout le monde parle, enfin tous les personnages dits secondaires. Par contre, le silence, lourd de sens comme on sait, permettra à notre héros de tout dire, de tout faire savoir, même l’amour.

Locataires2Nous arrivons ainsi à cette scène sublime, vers la fin du film, où l’on assistera au baiser le plus surprenant que j’ai pu voir au cinéma. Sun-houa dit un simple et inattendu « je t’aime » – ses premiers mots depuis 1h20 de film – en direction de son mari qu’elle déteste. Elle s’adresse en fait à son amant, Tae-suk, caché dans l’ombre de son mari, invisible aux yeux de ce dernier, lequel croit que c’est à lui que s’adressent ces mots qu’il n’attendait plus. Sun-houa et son mari s’étreignent dans les bras l’un de l’autre, et alors Tae-suk se rapproche et embrasse Son-houa par dessus l’épaule de son mari.

Instant magique où une émotion très douce envahit la conscience du spectateur…

Be cool, be open.

UU

(*) Critique de Locataires dans Télérama

MAC 33 : Aaah les dimanche matin !

[pause : L’actualité climatique de ce dimanche m’a imposé une pause dans l’écriture de mes notes blogUUesques. Repoussées les notes sur Locataires et celle sur Claire Zalamansky. Pas sine die, juste repousées. Vous allez voir, cela valait le coup, l’actualité avant tout !)Cimg2130La France entière au dessus des 30°C. Comme un rappel de la Mère Nature que nous sommes aux portes de l’été. Impossible de ne pas le savoir. Déjà hier, c’était bien parti. Aujourd’hui, c’est l’apothéose ! Ciel bleu éclatant, des gazouillis de mésanges et autres pinsons pour vous bercer durant la sieste dominicale – là, à fleur de pelouse sous l’ombre d’un magnifique charme… Comme il fait bon laisser passer le temps chez les parents de douce Marie !

Cimg2123_1Des dimanches matin comme ceux-là, on en redemanderait à l’infini, n’est-ce-pas ? Il était bien parti notre dimanche à nous avec ce petit-déjeuner. Pas petit pour un sou. Mais alors pas du tout. Je devrais me corriger : j’aurais dû dire un petit-énorme-déjeuner. Lequel fut littéralement une explosion de fruits rouges…

Cimg2126_1Des cerises noires exaltées depuis des semaines par le soleil s’enfournaient dans ma bouche par pelle entière.

Cimg2124_1Cimg2127Les fraises des bois (!) et les framboises fraîchement cueillies se noyaient dans cinq petits suisses consécutivement. Las… Personne ne les a secourues et je les ai englouties avidement, sans pitié mais avec une gourmandise quasi indescriptible.

Mac33bourriquegolfique_1Et voilà que ma besace à courriels m’a déballé aujourd’hui même la réponse de noter chère Bourrique. Une réponse par MAC, forcément. Ce dimanche matin pour Bourrique fut golfique. Un MAC au message clair et esthétique. Fort sympathique au demeurant, ce MAC. Quoique, à trop vouloir y réfléchir… Il me semble qu’une dialectique complexe s’impose dans cette double photo… Si je ne m’amuse, la chausse appropriée pour le golf est bien à droite. Mais que faisait-elle donc à gauche ? Elle tâtait le terrain, partait en reconnaissance ? Ou bien, elle voulait simplement manger ce donut aux dorures noir et or, étonnament farci avec une balle golfique ? Moi aussi, je dois avoir un cerveau malade de temps en temps… ;o)

Et vous, à quoi ressemblait ce beau dimanche matin ?

Be cool, be open.

UU

ps : la besace à courriels se transforme en joli panier d’osier pour accueilir vos MAC : huuan@yahoo.com !

ps : En fait, Bourrique en est à son deuxième MAC… Cliquez ici pour voir son premier MAC, déjanté et sympathique à l’image de son blog.

Le langage – le silence – les langues (1ère note sur The World)

The_world_poster_smLocataires_affiche[Notes sur deux films sublimes : The World, film chinois de Jia Shang-ke et Locataires, film coréen de Kim Ki-Duk – couronné à Venise]

Parlons peu, mais parlons bien : je ne vais pas vous faire la critique de ces deux films. Des personnes, aguerries à cet exercice l’ont fait, notamment au Monde et dans Télérama, voilà quelques semaines. (*)

Les deux instants de bonheur cinématographique que je veux partager avec vous aujourd’hui justifieraient à eux seuls d’aller voir ces deux films, tous les deux empreints d’une temporalité asiatique étrange, qui subjugue, qui transporte, qui émeut jusqu’à en avoir le poing qui se serre au fur et à mesure que les deux films déroulent leurs tableaux poétiques.

Mais ce n’est pas de temps qu’il s’agit. C’est d’amitié dans un cas, d’amour dans l’autre, et surtout de la force avec lesquels ces deux sentiments sont exprimés (ex-pectora-lisés dans un vocabulaire plus dibrazzien) sans utiliser de mots dans le sens conventionnel voire sans en utiliser du tout.

The_world1Dans le premier film, The World, Tao, jeune heroïne chinoise travaille dans un parc d’attractions à Pékin. Elle y mène une existence somme toute banale, entraînée dans une relation amoureuse embrumée, navigant entre le regret d’une ancienne relation et l’irrépressible envie de son compagnon d’aller papillonner ailleurs. Alors débarque Ana, danseuse russe au sein d’une compagnie de jeunes femmes, arrivées en renfort pour travailler au parc d’attractions et dont on confisque les passeports parce que ce serait dommage qu’elles se le fassent voler… Elles (Tao et Ana) se rencontrent, se parlent, l’une en chinois, l’autre en russe. Elles s’aident de gestes, de dessins, de l’intonation de leurs voix respectives, pour mieux se faire comprendre.
Et cette scène extraordinairement émouvante, l’unique scène du film où on assistera à un long dialogue… Tao parle en chinois, lui envie sa liberté de voyager, etc. Ana lui répond en russe, lui narre son histoire, lui dit qu’elle va devoir commettre l’irréparable, l’innommable pour une femme pour avoir assez d’argent pour retrouver sa sœur disparue en Mongolie…
The_world2Dialogue à deux voix, qui s’entrecroise dans deux langues qui n’ont rien en commun. Où les mots ne servent plus à rien, si ce n’est qu’à véhiculer des émotions, des sentiments, l’essence de la vie. Mots qui sont comme des barques qui emportent d’une rive à l’autre l’âme de chacune des deux femmes. Lesquelles tombent dans les bras l’une de l’autre lorsqu’elles se croisent par hasard, quelques jours plus tard, juste après qu’Ana se soit prostituée. Elles ne comprennent pas ce qu’elles se disent mais elles comprennent tout : leurs barques se sont rejoint au milieu du fleuve, une dernière fois avant leur séparation définitive. Elles ont mal l’une pour l’autre, elles se disent tellement de choses en l’espace de quelques secondes. On voit tout, on entend tout, on comprend tout. Et finalement, on n’a pas besoin des mots pour que naisse une amitié forte, profonde, sincère. Une amitié qui dépasse toutes les frontières, y compris celle de la langue.

[Pour le deuxième film, Locataires, ce sera pour demain finalement.]

Be cool, be open.

UU

(*) Critique de The World dans Le Monde (lien abonnés)

(*) Critique de The World dans Télérama