Et voilà le coup de théâtre inattendu !!! Enorme ! A la dernière minute [à 1h20 du matin], alors que j’allais clôre hier soir le Grand concours 2005 des meilleurs mots lus [j’avais déjà tapé le texte introductif de la note, vous imaginez ?], je reçois in extremis la participation de ZeBigBro [vous vous rappelez ? C’est mon frère aîné habitant aujourd’hui en Californie depuis de longues années…]
Raaaaah la la, qu’est-ce que ça m’a fait plaisir de le voir resurgir comme ça, tout d’un coup ! Et pour un coup de théâtre, c’en est vraiment un !!! Il a choisi comme mots lus, un poème écrit par une de mes nièces américaines, jeune fille de 17 ans d’une de mes nombreuses cousines germaines ! ;o)
[jmesuiléssépoucélacravat>> Voici l’explication de la 4ème dimension… ;o)]
Et puis un autre patatra : alors que j’avais tout publié ce jour à 14h, le texte de ZeBigBro, ainsi que celui de Sweet Mary et le mien, et ben, notre copine Marine, de la *vraie* vie s’empresse de taper son texte avant sa réunion de l’après midi, son bouquin sur son bureau au boulot, avec l’agrafeur dessus pour pouvoir lire et taper en même temps ses meilleurs mots lus ! Deuxième coup de théâtre donc : je dois supprimer ma note et en ré-écrire une autre pour pouvoir la publier elle-aussi… ;o)
Bienvenue donc à leur participation de dernière minute ! En même temps, ça m’arrange, ça fera un nombre tout rond pour ce Grand concours des meilleurs mots lus, avec 20 textes au final, en comptant celui de Sweet Mary et le mien [que vous connaissez déjà a priori], qui seront publiés semaine prochaine.
Be cool, be open.
UU
ps : tomorrow morning, Sweet Mary and I will fast-train to Waterloo station. There is a big teuf at Mireille from London’s place. Fab – bien sûr – est de la partie ! It’s gonna be fun and grooooovy, baaaabby !… ;o)
Meilleurs mots lus #17
Ces meilleurs mots lus sont extraits d’un poème récemment écrit par Lily, une de mes nièces [la fille d’une des mes nombreuses cousines germaines, vivant aujourd’hui aux US], qui a 17 ans révolus.
Mots lus par : ZeBigBro
Blog : Je n’arrête pas de lui dire d’en ouvrir un, de blog, mais il veeeeuuut pas !! ;o)
[NdUU : Quelques mots traduits par mes soins entre crochets]
There once was a little boy.
And he was happy to say the least.
One day he looked up at the sky,
And decided he was going to catch a cloud.
He shouted to the whole world
That he would catch a cloud
Because he said he would
And life wasn’t finished
Until he did so.
So he pulled out scissors, tape, paper
Everything he needed to build a kite. [un cerf-volant]
But the hours dragged on [Mais les heures passèrent]
And the little boy got tired [fatigue]
He still was excited
But thought he deserved a nap [il méritait une petite sieste]
And so he laid his small head down
And told himself
He would catch his cloud when he woke up
The little boy never finished his kite
Or caught his cloud.
He had grown into a teenager [adolescent]
And suddenly there was no more time
To build ladders and catch clouds [échelles]
And dream.
There was school, and work, and girls
But every once in awhile
When there was nothing to do
He’d look up at the sky
See his cloud just waiting for him
And felt inspired
He remembered the day
He shouted to the whole world
That he would catch a cloud
So he borrowed some wood [emprunta]
And went into the garage
To build a ladder.
But the hours dragged on
And Alice James had agreed to go on a date
At Seven o’ Clock
He still was excited
But Alice was so pretty
And so he went to the movies
And told himself
He would catch his cloud when he came home
The teenage boy never finished his ladder
Or caught his cloud.
He was now a man
And grown men thought of
Stocks, Church, and the Wife [Actions en Bourse]
He had a Six o’ Clock meeting
Every Thursday and Friday
But every once in awhile
When he was sitting in his tiny office [petit bureau]
He’d look up at the sky
See his cloud still waiting for him
And felt angry
He remembered the day
He shouted to the whole world
That he would catch a cloud
So he researched online
The mathematical formulas and materials
On how to build a rocket
But the hours dragged on
And he had missed his son’s soccer game [match de foot]
And his daughter’s ballet recital
He was still excited
But his children were growing up without him
And so he attended to his family
And told himself
He would catch his cloud when his children were all grown up
The man never finished his rocket
Or caught his cloud
He was now an old man
And time seemed to be running out
He was frail and bedridden [frêle et grabataire]
Going to sleep at Eight o’ Clock
But every once in awhile [Mais de temps à autre]
When he’d sit in his rocking chair
He’d look up at the sky
See his cloud always waiting for him
And felt sad
He remembered the day he shouted to the whole world
That he would catch a cloud
So he asked his grandchildren
To catch the cloud for him
But the hours dragged on
And the old man got very sick
He was still excited
But life for him ended just one second too early [trop tôt]
And so he went to heaven
And finally had to tell himself
That even though he could have caught his cloud
He chose not to.
Commentaire du participant : My entry for your meilleurs mots lus.
It is not Nobel prize winner but I think it is
meaningful, plus the author is only 17 years old and
she is our niece. We do have a poet in the family.
Meilleurs mots lus #18
Ces meilleurs mots lus sont extraits de : "Dalva", de Jim Harrison (p. 390, éd. 10/18)
Mots lus par : Marine
Blog : Je n’arrête pas de lui dire d’en ouvrir un, de blog, mais elle veeeeuuut pas !! ;o)
Note : Duane est le mari de Dalva.
J’ai enfermé le chiot dans la cuisine, je suis sortie et j’ai sellé Pêche. Elle piaffait d’impatience et a dispersé les oies en tournoyant sur elle-même. Je suis partie vers l’ouest en laissant ma jument s’échauffer avant de la lancer au galop, ce qu’elle désirait selon moi. Nous avons longé les champs de luzerne, suivi les vieilles pistes de tracteur et de gibier entre la luzerne et les rangées concentriques d’arbres coupe-vent. Nous allions si vite que je fermais presque les yeux, et que les moucherons qui frappaient mon visage me faisaient mal. Je l’ai laissée partir au grand galop sur une ligne droite d’environ quatre cent mètres, et quand je l’ai ramenée au petit galop je me suis aperçue que j’avais hurlé tout du long avec le vent dans les oreilles. Maudit soit le monde qui m’enlève mon père et mon fils. Ainsi que mon mari. C’est bien plus, je l’espère, que de l’apitoiement sur moi-même ; lorsque j’ai continué de hurler, les yeux de Pêche ont roulé vers moi pour savoir si c’était de sa faute. Je me suis penchée en avant jusqu’à ce que mon visage touche presque sa crinière. Je suppose que je hurlais vers Dieu, je ne réclamais pas son Unicité dans ma détresse, je réclamais seulement ce que j’étais. La douleur montait toujours de mon estomac vers mon cœur, ma gorge puis ma tête avant de redescendre pour accomplir un nouveau cycle. Des alouettes et des piafs voltigeaient devant nous au-dessus de l’herbe ; j’ai ralenti notre allure en passant la main sur les flancs écumants de ma jument. Nous avons traversé les derniers coupe-vent avant la fondrière. D’innombrables fléoles des prés couvraient maintenant les bas-côtés du chemin, et des merles à ailes rouges se perchaient sur les têtes des fléoles qui oscillaient sous leur poids. Quel est ce putain de monde où nous vivons ?, leur ai-je demandé. Pêche a frissonné en humant l’eau ; quand nous avons atteint la rivière et le trou d’eau, je lui ai laissé la bride sur le cou, et elle a aussitôt exécuté un saut fantastique pour plonger. C’était la rivière où Charlene m’avait jadis hissée vers la surface alors que j’avais désiré rester au fond. Nous avons décrit un cercle ; puis nous sommes remontés sur la berge opposée près du tipi de Duane et du crâne de cerf blanc accroché à sa branche. J’ai bondi à terre, dessellé Pêche pour qu’elle puisse se rouler dans sa poussière bien-aimée. Comme le soleil de cette fin d’après-midi était chaud, j’ai retiré mes vêtements que j’ai tordus pour en chasser le plus d’eau possible, puis mis à sécher sur un buisson. Je tremblais un peu ; alors sans raison, je me suis roulée dans le sable et la poussière. Je me suis relevée en riant tandis que Pêche m’observait, puis je me suis encore roulée dans le sable. C’était si merveilleux que je me suis demandée pourquoi je n’avais pas fait ça avant. Je me suis laissée rouler le long de la berge, puis plongée dans l’eau. Pêche a dévalé la pente au galop, puis fait un bond magnifique dans la rivière. Nous sommes aujourd’hui de sacrées filles, ai-je pensé.
Commentaire du participant : C’est un beau bouquin… Et ce paragraphe allie ténèbres, lumière, humour comme dans l’ensemble du roman…
Je soupçonne la traduction d’être assez mauvaise (énorme faute à l’avant-avant-dernière phrase – j’aimerais le relire en anglais pour voir même si ça ne doit pas être facile). Du coup on est parfois un peu gêné dans la lecture, mais ce livre a quand même un souffle incroyable. Ca m’a presque réconciliée avec l’Amérique, disons réconciliée avec une partie de l’Amérique, ce qui peut toujours être mis au crédit de l’année 2005.
En 2006, promis je serai à l’heure et je prendrai un texte dans un polar…