Yeah I, I got to know your name
Well and I, could trace your private number baby
All I know is that to me
You look like you’re lots of fun
(…)You spin me right round, baby
right round like a record, baby
Right round round round
You spin me right round, baby
Right round like a record, baby
Right round round round
(…)
Je crois que ça ne tourne pas rond dans ma tête ces derniers temps… Enfin, vous allez voir par vous même en lisant cette note. Et puis prenez votre temps, je ne posterai pas pendant quelques jours.
Une page va se tourner.
Pour ouvrir sur un nouveau chapitre.
Malgré tout, je garde en moi une certaine fragilité. Malgré les apparences. Car le blog n’est qu’une apparence. Ne l’oubliez pas…
Fragilité donc. De cette séparation, de cette déchirure dont je ne me serais jamais douté qu’elle aurait tant imprégné mon être.
Mais aussi de cette première épreuve de la vie et de la mort que j’ai effleuré. Dont je ne me suis toujours pas vraiment remis.
Parce que je n’ai jamais vu la Mort. Je n’ai jamais vu l’Ombre traverser une maison, uniquement des photos d’Elle. Ou des larmes qui révélaient sa présence à distance, quelque part ailleurs.
Vous rendez-vous compte que je n’ai jamais vu la Mort ? Depuis trente et un ans que je vis et je ne l’ai jamais croisée.
Pour être plus juste, je devrais dire que l’on s’est « débrouillés » pour ne pas que je la croise.
Tant mieux, direz-vous… Mais le fardeau à porter la vie, coûte que coûte, n’en est pas moins lourd pour autant. Etre toujours à la hauteur de ce que l’on attend de vous peut se révéler un encombrant héritage. Un chemin de croix.
Alors…
Alors, j’ai trouvé mon chemin. Calmement. J’ai fait le pari de la confiance en la vie. Marcher. Continuer à marcher alors que je ne voyais plus le sol. Pire, il se défilait à chaque pas. Mais douce Marie m’appelait à intervalles réguliers, pour me sortir de ma torpeur introspective.
J’ai donné un nom à cette méthode. « Pax serenitas ». La paix intérieure. La sérénité. Prise de recul. Lâcher prise.
Ainsi ai-je [presque] cessé d’avoir peur. Une peur qui me hante depuis quelques années, la peur d’une catastrophe, longtemps innommable. La peur d’une séparation irréparable. La peur de la Mort. Encore elle.
Je sais aujourd’hui d’où vient cette peur. Et je continue de la terrasser, un peu tous les jours. Cette déchirure dont je ne me serais jamais douté qu’elle aurait tant imprégné mon être.
Une page va se tourner.
J’ai pourtant des dizaines de sujets dont je voudrais parler. Mais le temps me manque.
J’aimerais vous parler de ma course à pieds d’hier soir. A travers le parc. A fendre des poches d’air chaud, embaumées par les aiguilles de pin rôties au soleil. A poursuivre les cinquante lapins qui ont élu résidence dans les buissons bordant la grande prairie. Vous dire que j’ai repensé au Luberon l’espace d’un instant. Que ce sera peut-être bien la première année depuis 1999 que nous n’irons ni en Avignon ni dans le Luberon.
J’aimerais vous parler de la mort. Une autre mort. Narrer la récente « découverte » par la Cour Suprême des Etats Unis d’Amérique que la mort fait souffrir. De leur difficulté à trouver une administration létale constitutionnellement compatible avec leur 8ème Amendement. Ou comment donner la mort sans que le condamné ne s’en aperçoive. Sans qu’il ne prenne feu sur sa chaise électrique. Sans qu’il ne convulse affreusement après les 3 piqûres réglementaires.
J’aimerais vous parler du menu spécial que j’ai fait pour le papa de douce Marie, pour la fête des Pères. Menu spécial à thème: Cumin & Coriandre. Une invention réalisée sur le moment. Improvisation culinaire comme j’aime tant les faire quand j’ai mes deux pieds fermement arrimés au fourneau. Suggestion de présentation : c’est simplement délicieux comme assaisonnement de carottes râpées…
J’aimerais vous parler de l’inéluctabilité de la mondialisation. De ce que m’a dit un très haut responsable d’un des plus grands cabinets de conseil en stratégie dans le monde. Si ce n’est le plus grand. A une question provoc’ de ma part, réponse parfaitement limpide. « Non, il n’y a [presque] plus d’avenir pour l’outil industriel. Sauf sur des niches. Ceux où la logistique impose d’être à proximité. Production et livraison sous 48 heures. Voilà le périmètre de sauvegarde industriel. » Sachez que l’Inde, la Chine sont capables de tout. Et bien plus encore. Délocalisations des services, productions de tous les biens manufacturés de la Terre. Tous. Et si c’est pas eux, ils sous-traiteront au Viêt-Nam, au Bangladesh, à la Thaïlande ou en Indonésie. On trouve toujours plus pauvres que soi n’est ce pas ? J’en fais quoi de mon projet de « changer le monde », maintenant ?…
J’aimerais vous parler du bonheur d’un gigot d’agneau, rôti à la broche, simplement paré de thym de Provence et transpercé de part en part de stigmates aillées. Bonheur divin en bouche. Et pourtant d’une simplicité à se damner pour l’éternité.
J’aimerais vous parler du report outr(e)a(u)geux de la nécessaire réforme structurelle de la justice. De la nécessité de faire quelque chose de ce lynchage judiciaire ET sociétal après Outreau. Oui, Burgaud a fait une faute. Mais ce n’est pas le seul. Tout un système l’a suivi, l’a-t-on déjà oublié ? Bordel, y a-t-il quelqu’un qui aurait une vision politique non électoraliste pour la France de demain ? Parce que 2007 arrive après 2006, on va repousser la réforme… Attendre, attendre. Encore attendre. Comme Godot. Comme des cons.
J’aimerais vous parler de notre responsabilité à tous. Notre responsabilité, oui. Pas celle des politiques. La notre. A polluer, à consommer des choses inutiles, à toujours vouloir les prix les plus bas et ainsi forcer les délocalisations industrielles, à faire des procès pour tout et n’importe quoi, à toujours trouver des responsables et des coupables. Notre critique de notre société est peut-être la critique de nous-mêmes. Dans notre individualité. Dans notre unipersonnalité. Regardons d’abord notre nombril avant de vouloir éventrer la société dans laquelle on vit.
J’aimerais vous parler de l’émerveillement unique qui vous prend à la vue écarquillée de la petitesse des vêtements de naissance. Small is beautiful. Indeed. Je voudrais aussi dire tout le particularisme et l’aveuglement attendrissant quand il s’agit de *votre* enfant. Toutes les fois où l’on se surprend à se dire dans sa tête, avec un certain bonheur non dissimulé : « Tiens, ce sont les premières couches que je lui achète », « Tiens, ce sera le premier body qu’elle portera », etc. Toutes ces choses insignifiantes de la vie mais qui sont précisément la source même des bonheurs les plus durables.
J’aimerais vous parler de cette mascarade de programme politique du Parti Socialiste. D’une impossible et absurde synthèse du congrès du Mans. Ou comment rendre inefficace un programme politique avant même qu’il ne soit mis en œuvre par quelque gouvernement. On s’étonne que les extrêmes [droite et gauche] reprennent du poil de la Bête. On s’étonne que Nicolas Sarkozy arbore son méprisable sourire narquois de vainqueur. La Gauche française n’a pas de vision. Elle n’enchante ni le monde, ni ses militants.
J’aimerais vous parler du plaisir quasi enfantin de veiller jusqu’à 3 heures du matin, parce que je voulais savoir si Adamsberg allait vraiment bien. S’il allait en finir avec ses contradictions vis-à-vis de Camille. S’il était finalement plus un poète des Pyrénées qu’un commissaire de la Criminelle. Finir donc le dernier Fred Vargas en deux nuits. Rien à voir, mais la dernière fois que j’ai veillé aussi tard pour le plaisir de la lecture, c’était quand je me suis pris dans la figure « A l’ombre des Jeunes Filles en Fleurs », de Marcel Proust bien sûr. Quelques mois plus tard, je sortais avec douce Marie.
Marrant comme ce terme de « sortir avec une fille » est lui aussi un peu enfantin, treize ans après.
Enfin, j’aimerais vous parler de tout cela et d’autres choses encore. Mais le temps me manque pour écrire, pour voyager dans l’Uunivers connUU , pour partager.
Sans parler de la longue file que forment mes livres en attente de lecture.
Alors…
Alors, ne m’en voulez pas si je me fais moins présent sur les blogs.
Une page va se tourner.
Parce que [notamment] une question m’a envahi l’esprit depuis quelques heures, quelques jours.
Ne vous moquez pas, hein…
Cette question me turlupine, je crois avoir des débuts de réponse. Mais je n’en sais rien.
Qu’est ce que c’est que d’être père ?
Ca veut dire quoi par rapport à quoi ? Par rapport à quelle culture ? Que voudrais-je lui transmettre ?
Serais-je tout simplement à la hauteur ?
Et dire que cela fait des années que je voulais avoir un enfant. Avant douce Marie, même… Mais elle voulait attendre. Attendre que je sois vraiment prêt. Aujourd’hui, elle est convaincue que je serai un bon père. Mais c’est moi qui doute maintenant.
Douce Marie me dit même que je le suis déjà, père, en m’écoutant lui parler, à Choupinette…
De toute façon, on ne doit pas le savoir que l’on n’est pas prêt, n’est ce pas ? Donc, autant se jeter à l’eau.
Notre Père qui est aux cieux, etc.
A ma petite échelle, peut-être que vous croirez que j’en fais trop. Peu m’importe. Aujourd’hui, je pense à autre chose. Notamment au bonheur à venir. Et j’ai finalement peu de temps pour le reste.
Une page va se tourner.
Et j’ai réalisé avant-hier de l’absence de mon père entre ma naissance et mes 4 ans. Bloqué par l’Histoire avec sa lettre capitale.
La place de père à la naissance n’existe donc pas dans mon inconscient. Il me reste à l’inventer. Avec amour, avec patience.
Pour l’heure, tournons la page.
Et attaquons enfin ce nouveau chapitre qui s’annonce passionnant.
Be cool, be open.
UU
ps: Ah oui, ma tête va mieux après avoir écrit cette note. Merci. Je crois même qu’elle est un peu carré maintenant…