Madrid 2006 #17 : Les Parques de Goya

La sitcom madrilène :

1 Se déguiser sur la Plaza Mayor
2 Le Jardin des Délices de Bosch
3 El bar de conspiradores
4 El Dos Mayo 1808 par Goya
5 Le masque de Greta Garbo
6 El Palacio del Cristal
7 Un MAC de douce Marie & UU
8 Le Guernica de Picasso
9 Flamenco
10 UU et les toilettes madrilènes
11 Une famille royale par Goya
12 Etiquette prix : une franche rigolade
13 La Maja de Goya
14 Tapas
15 Une [autre] Annonciation de Fra Angelico
16 Dégustation de vins espagnols : extraordinaire !
17 Les Parques de Goya
18 Feliz Año de la Puerta del Sol y las Uvas del Suerte

Aujourd’hui, l’épisode #17.

17. Les Parques de Goya

La vie ne tient parfois qu’à un fil [des Parques].

Prenez par exemple ce syllogisme :
1. Notre société, anxieuse de la boîte à Pandore qu’elle a ouverte, veut se protéger de tout, notamment de la mort.
2. Pour ce faire, ses membres intentent des procès à tout va, notamment à tous les médecins qui ne les auraient pas assez prévenus des risques. C’est en tout cas l’évolution récente de la jurisprudence.
3. Répondant à une demande générale, les médecins [certains pour le moins] déchargent sur leurs patients un discours mêlant vulgarisation scientifique et statistiques médicales invérifiables pour le patient.
4. S’étant déchargés de la responsabilité, c’est maintenant au patient de prendre des décisions médicales après avoir eu un avis éclairé.
5. Le patient prend sa décision et s’il se plante, il ne pourra s’en vouloir qu’à lui même. Et forcément, il se plante parfois vu qu’il n’est pas médecin. Notre société devient alors encore plus anxieuse.

Deux questions [ou plutôt quatre] :
1. Comment remplacer une formation académique et pratique de plusieurs années par un entretien médical d’une heure entre le médecin et le patient ? Ou plus simplement : comment peut-on faire prendre une décision médicale à un patient ?
2. Qu’est devenu le rôle du médecin dans notre société ? Est-ce notre société et ses peurs endogènes qui l’ont ainsi transformé ?

La vie ne tient parfois qu’à un fil [des Parques] et cela me préoccupe.

 

17_goya_les_parquesBe cool, be open.

UU

15 commentaires sur “Madrid 2006 #17 : Les Parques de Goya

  1. Bien vUU.
    Et voilà comment le patient-client, celui qui préfère (ou ne peut) comprendre en 3 heures plutôt qu’une, préfère 3 consultations plutôt qu’une..
    Nous vivons dans un monde moderne, non ? ;o)

    Pour les dégustations, bravo. Sais-tu que dans mon déménagement (2 m3 au total) il y avait quand même une bouteille de « la Gitana » ? Fino ou Manzanilla, j’aime.

    PS : ce tableau, il m’a toujours fait peur..

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  2. Oui, c’est un problème épineux. C’est aussi vrai pour presque toutes les décisions politiques. Peut-on (a-t-on humainement le temps de) juger de toutes les questions qui nous concernent pourtant directement ? Ou doit-on, au contraire, faire confiance à une minorité connaissante et décidante ? C’est le grand drame et le grand leurre de la démocratie. Mais ce n’est pas une raison pour devenir royaliste 😉

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  3. Annie-Claude>> J’suis sûr qu’on a plein de choses à partager [en commençant par la Manzanilla et puis le reste, i.e. la société à changer de fond en comble ;o)]. Next time que tu ratterris en France, tu me préviens !…

    Procrastin>> Oui oui, c’est intéressant de soulever le parallèle politique !
    Sans vouloir ranimer une plaie encore vive, le débat sur le TCE montre la limite du débat public. Certes tout le monde s’est exprimé. Certes c’est chouette de faire un référendum. Certes…

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  4. là aussi nous sommes libres de nos choix, nous sommes libres d’accepter un traitement ou pas, je pense que le médecin devrait être plus à l’écoute et pas un professeur de science comme souvent qui culpabilise et augmente l’angoisse de son patient face à la maladie

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  5. Vaste et difficile thème que tu abordes là !!!
    Je ne suis pas contre le fait la décision appartienne au patient.
    On touche là au libre arbitre de chacun. Chaque personne est en droit de décider si oui ou non il doit se faire opérer, quand, comment, par qui…

    Le rôle du médecin a changé, c’est une évidence. Le médecin n’est plus le notable qu’il fut autrefois, et ce pour une raison simple : il n’est plus le seul détenteur du savoir… Les gens sont désormais mieux informés, éduqués, capables de prendre des décisions. Ce n’est pas la peur endogène de notre société qui a modifié son statut, mais la connaissance partagée par tous.

    Le parallèle avec la politique ne me paraît pas aussi évident. Il s’agit là de prendre des décisions pour un groupe d’individus et non plus pour une seule personne. C’est une chose de décider pour soi tel ou tel traitement, c’en est une autre de le décider pour tout le monde. Les responsables politiques sont donc élus pour avoir une vue d’ensemble de la situation, plus large que celle du simple citoyen afin de pouvoir prendre les mesures adéquates pour le bien de la communauté. Il est par conséquent normal de faire confiance à une minorité de personnes élues pour cela, sur un programme que le plus grand nombre de citoyen a approuvé.

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  6. UU >> Next time ? wouaouhh… who knows ? next july ???
    Du coup, je me demande si je vais pas l’entamer ce soir, cette Gitana…. ;o)

    Les médecins ? comme le reste de la population. Y’en a qui savent et qui rassurent, qui savent et qui ne voient que la maladie et pas le malade, qui doutent et ça se devine, qui doutent et l’avouent, qui savent pas et le disent, qui savent pas mais font comme s’ils savaient, etc, etc. Un peu comme les étudiants à un oral !!!!! Une immense grande partie fait de son mieux, les autres…
    Je suis pas sûre qu’en politique la proportion des « de bonne foi » soit aussi grande !!!!
    Qt aux électeurs, ils croient souvent faire le bon choix, ou le moins mauvais, selon leur perception de la bonne foi dudit politique. Vaste débat.

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  7. >Cher UU,
    J’avais bien lu ta note et l(avais indiquée dans le « FilBlog ». Je n’avais pas cru devoir y mettre un quelconque commentaire, son énoncé se suffisant à lui-même.
    Ton mail me fait penser que j’ai eu tort.
    Ainsi je dirais une seule chose : lorsque on abat les idoles il ne faut pas s’étonner de se retrouver seul!

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  8. Tiens j’ai même pas vu le moment où tu as passé les 50.000… et ce à quelques semaines de l’anniversaire de ton blog!!!
    Quel succès!!!

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  9. jemesuiléssépoucéetc.>> Ah le fan #1 de ce blog !… ;o) Danke schön !
    Tu as raison, Internet permet un accès formidable à l’information. D’ailleurs, de plus en plus de personnes se paluchent des dizaines de pages, à tort ou à raison, issus des facs de pharmacie, de l’INSERM, etc. en complément de leur rendez-vous médical…
    Je me rappelle par exemple avoir lu toute une étude assez technique de l’OMS sur la grippe aviaire il y a 2 ans avant de partir au Viêtnam, pour essayer d’appréhender les risques en pleine période d’expansion de l’avian flu à l’époque…

    Annie-Claude>> A la tienne ! Tchin ;o)
    Cela dit, nous sommes tous humains et l’erreur est humaine. Quand cela touche la santé, cela devient très vite émotionnel.

    Jlhuss>> La sagesse… On dirait l’Ancien qui cause ! ;o)

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  10. Le grand changement, c’est surtout que le patient, s’il est inquiet et curieux, peut maintenant poser des questions à son médecin, et s’il n’est pas satisfait des réponses, les poser à un autre jusqu’à ce qu’il se sente en confiance. Le patient n’a jamais la réponse, mais il a maintenant les bonnes questions; c’est nouveau, et beaucoup de médecins se sentent déstabilisés par cette nouvelle situation, « des idoles qu’on abat ».
    J’ai appris début 2005 que j’avais un cancer. J’ai d’abord écouté mon médecin (spécialiste) sans discuter, il m’a dit ce qu’il fallait faire, que toute alternative n’avait aucun sens, que c’était la seule voie de guérison. Curieux de nature, et passablement inquiet, j’ai alors passé des heures sur Internet, sur des forums, avec des conseils on line (certes, il faut parler Anglais, en général) et je suis revenu lui poser des questions. J’ai jugé qu’il ne savait pas bien y répondre, qu’il ne semblait pas au courant de certaines avancées, je suis allé en consulter un autre qui m’ a exposé les avantages et inconvénients des différents traitements, et les éléments de choix, et qui m’a inspiré confiance. J’ai choisi, avec son aide, un autre traitement, aujourd’hui je suis guéri (je l’aurais sans doute été aussi avec l’autre traitement) et je n’ai aucun effet secondaire (ce qui n’aurait pas été le cas).
    Sans cette possibilité d’information, je n’aurais jamais remis en question la proposition initiale de traitement.
    Mais, pour des médecins traditionnels, qui vivent cette soif d’information comme une « prise de pouvoir » du patient, c’est sûrement très difficile à vivre.

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  11. Lunettes Rouges>> Heureusement que l’on a eu la chute de ton histoire… Ravi que tout se soit bien passé pour toi !
    C’est très juste par rapport à Internet. Pour les mêmes raisons, nous lisons des dizaines et des dizaines de pages sur Internet… avant le rendez-vous avec un autre spécialiste…
    Internet a été [à tort parfois et à raison d’autres fois] et est une révolution profonde pour la démocratisation de l’information. Via G**gle, c’est un outil extraordinaire et une mine d’informations inconcevable il y a encore une dizaine d’années.
    Mais trop de démocratie tue aussi la démocratie n’est-ce pas ? Et on aurait préféré que ce soit un médecin qui nous dise certaines choses, plutôt que de le découvrir « par hasard » par la suite…

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