Madrid 2006 #18 : Feliz Año de la Puerta del Sol y las Uvas del Suerte

La sitcom madrilène :

1 Se déguiser sur la Plaza Mayor
2 Le Jardin des Délices de Bosch
3 El bar de conspiradores
4 El Dos Mayo 1808 par Goya
5 Le masque de Greta Garbo
6 El Palacio del Cristal
7 Un MAC de douce Marie & UU
8 Le Guernica de Picasso
9 Flamenco
10 UU et les toilettes madrilènes
11 Une famille royale par Goya
12 Etiquette prix : une franche rigolade
13 La Maja de Goya
14 Tapas
15 Une [autre] Annonciation de Fra Angelico
16 Dégustation de vins espagnols : extraordinaire !
17 Les Parques de Goya
18 Feliz Año de la Puerta del Sol y las Uvas del Suerte

Aujourd’hui, l’épisode #18, dernier et ultime épisode de la sitcom madrilène.

18. Feliz Año de la Puerta del Sol y las Uvas del Suerte

18_uvas_del_suerte18_puerta_del_sol

Les douze raisins du bon sort
Ceux-là que l’on porte à sa bouche
Aux douze coups de l’horloge
Le soir de la Saint Sylvestre.

Que cela nous porte bonheur
D’être synchrone avec le Temps
Au seuil de la nouvelle année
Ce n’est pas vraiment surprenant !

Perdre sa vie à la gagner ?
Oh non ! Prendre le temps, son temps
Tout simplement, tout doucement
Le prendre comme un trophée.

Ce soir là, on était heureux
Quand on s’embrassait tendrement
Pour se souhaiter Feliz Año
Ma chère Sweet Mary et moi…

Ah… Qu’il est bon [parfois] de parler en vers de 8 pieds. C’est frais, c’est doux… ;o)
J’ai essayé de retranscrire cette ambiance un peu particulière de notre Saint Sylvestre à Madrid, entre romantisme éthéré et franche rigolade ! C’est vrai qu’on s’est bien marrés avec douce Marie ce soir là, à piaffer comme des gamins sur notre petit nuage… ;o)

Merci chaleureusement à celles et ceux qui m’ont suivi tout au long de cette saga madrilène. J’espère qu’elle vous aura apporté un peu d’émotion, de la joie, un certain regard sur les choses et surtout autant de plaisir que celui que j’ai eu à le partager avec vous.

La bizz du ouikende à toutes et à tous.
Be cool, be open.

UU

ps : Ce n’est pas que je vous snobe, mais je reste [malheureusement] très occupé ces semaines. Tant par mon job que par le devoir de faire face dans la vraie vie.

[NdUU : Gaffe ! Notre *bisou* pèse 28 méga-octets quand même ;o) La vidéo a été tournée exactement à minuit et une minute, à la Puerta del Sol…]

Madrid 2006 #17 : Les Parques de Goya

La sitcom madrilène :

1 Se déguiser sur la Plaza Mayor
2 Le Jardin des Délices de Bosch
3 El bar de conspiradores
4 El Dos Mayo 1808 par Goya
5 Le masque de Greta Garbo
6 El Palacio del Cristal
7 Un MAC de douce Marie & UU
8 Le Guernica de Picasso
9 Flamenco
10 UU et les toilettes madrilènes
11 Une famille royale par Goya
12 Etiquette prix : une franche rigolade
13 La Maja de Goya
14 Tapas
15 Une [autre] Annonciation de Fra Angelico
16 Dégustation de vins espagnols : extraordinaire !
17 Les Parques de Goya
18 Feliz Año de la Puerta del Sol y las Uvas del Suerte

Aujourd’hui, l’épisode #17.

17. Les Parques de Goya

La vie ne tient parfois qu’à un fil [des Parques].

Prenez par exemple ce syllogisme :
1. Notre société, anxieuse de la boîte à Pandore qu’elle a ouverte, veut se protéger de tout, notamment de la mort.
2. Pour ce faire, ses membres intentent des procès à tout va, notamment à tous les médecins qui ne les auraient pas assez prévenus des risques. C’est en tout cas l’évolution récente de la jurisprudence.
3. Répondant à une demande générale, les médecins [certains pour le moins] déchargent sur leurs patients un discours mêlant vulgarisation scientifique et statistiques médicales invérifiables pour le patient.
4. S’étant déchargés de la responsabilité, c’est maintenant au patient de prendre des décisions médicales après avoir eu un avis éclairé.
5. Le patient prend sa décision et s’il se plante, il ne pourra s’en vouloir qu’à lui même. Et forcément, il se plante parfois vu qu’il n’est pas médecin. Notre société devient alors encore plus anxieuse.

Deux questions [ou plutôt quatre] :
1. Comment remplacer une formation académique et pratique de plusieurs années par un entretien médical d’une heure entre le médecin et le patient ? Ou plus simplement : comment peut-on faire prendre une décision médicale à un patient ?
2. Qu’est devenu le rôle du médecin dans notre société ? Est-ce notre société et ses peurs endogènes qui l’ont ainsi transformé ?

La vie ne tient parfois qu’à un fil [des Parques] et cela me préoccupe.

 

17_goya_les_parquesBe cool, be open.

UU

Madrid 2006 #16 : Dégustation de vins espagnols – extraordinaire !

La sitcom madrilène :

1 Se déguiser sur la Plaza Mayor
2 Le Jardin des Délices de Bosch
3 El bar de conspiradores
4 El Dos Mayo 1808 par Goya
5 Le masque de Greta Garbo
6 El Palacio del Cristal
7 Un MAC de douce Marie & UU
8 Le Guernica de Picasso
9 Flamenco
10 UU et les toilettes madrilènes
11 Une famille royale par Goya
12 Etiquette prix : une franche rigolade
13 La Maja de Goya
14 Tapas
15 Une [autre] Annonciation de Fra Angelico
16 Dégustation de vins espagnols : extraordinaire !
17 Les Parques de Goya
18 Feliz Año de la Puerta del Sol y las Uvas del Suerte

Aujourd’hui, l’épisode #16.

16. Dégustations de vins espagnols : extraordinaire !

Le soir de la Saint Sylvestre, douce Marie et moi avions failli finir au KFC de la Puerta del Sol, en plein centre de Madrid.

Nous n’avions pas prévu de faire un grand dîner, simplement fêter ça tranquillement dans un bon p’tit resto, voire [re]manger des tapas ! Que nenni, les madrilènes [et les touristes] sortent ce soir là mais réveillonnent chez eux ou leurs amis. Tout était fermé… ou complet !
Vadrouille en long et en large, quadrillage du centre ville de façon minutieuse et scientifique. Puis bingo ! A 22 heures et quelques, il restait une table de deux dans un bon resto [el Cenador del Prado] alors qu’on était sur le point d’abandonner notre quête gastronomique.

Bon, le prix du menu unique de la Saint Sylvestre y était un peu hors de prix à premier abord. Puis quand on a vu que les vins [servis au verre] étaient compris dedans, on s’est décidés. C’était ça ou manger une grappe de raisins [voir l’épisode #18 à venir] avec des pilons de chez Mister KFC…

Et bien, je n’ai pas regretté, et ce dès le premier verre de vin. Vous allez voir… ;o)

Manzanilla En Rama Pleamar – non millésimé [vin blanc]
16_manzanillaRobe : Jaune paille, très clair
Nez : Noix, particulièrement  intense
Bouche : Forte similitude avec le vin jaune du Jura, avec une forte oxydation typique très agréable. La noix réapparaît, avec une note beurrée.
Mon commentaire : Hmm, un apéritif splendide qui laissait présager une belle suite de dégustation. Il s’accordait parfaitement avec un blini de anguila ahumada [anguille fumée].

Viña Saseta Reserva 1996 – D.O. Rioja [vin rouge]
16_rioja_dtailRobe : Rouge carmin à coeur. Légère teinte brique au bord du disque signe d’une belle évolution dans le temps. Plage aqueuse très étroite, quasi invisible.
Nez : Des notes giboyeuses, fort agréables, se mêlent à un sous-bois subtil. Un nez équilibré qui taquine les arômes tertiaires.
16_riojaBouche : Fruits à l’alcool [cerises], une touche réglissée particulièrement fondue avec des tanins terriblement soyeux. Un vin en pleine apogée qui a encore toute sa vivacité, sa nervosité grâce à une acidité qui s’équilibre parfaitement avec le reste. Simplement sublime.
Mon commentaire : Si je voulais me risquer à une comparaison hasardeuse, ce serait un vin qui se rapprocherait d’un grand domaine en Côtes du Rhône [la partie septentrionale], avec une grande puissance en bouche, tout en gardant la fraîcheur de fruits à l’alcool en bouche et un nez évolué de gibier… Les cépages de cette cuvée : 90% tempranillo, 5% graciano et 5% mazuelo. En tout cas, 1996 [avec 1995] est une très grande année en Rioja.

PX Toro Albala 2003 – D.O. Montilla-Moriles [vin moelleux]
16_px_dtailRobe : Ambré, un beau caramel
Nez : Agrumes… On aurait dit une crêpe Suzette ! Des effluves d’herbes coupées aussi.
Bouche : Un nectar onctueux, mielleux au délicat parfum fleuri. 16_px_1Une note caramélisée et vanillée présente avec une bonne intensité mais sans excés. Puis, en rétro-olfaction et en longueur en bouche, d’un coup [comme un coup de théâtre], les raisins de Corinthe vous apparaissent comme une image prégnante et définitive.
Mon commentaire : Don Pedro Ximenez est un nom connu en Espagne. Tout ce que je peux affirmer, c’est que la dégustation de ce vin était à la fois extrêmement étonnante, appétissante et … gourmande !

Sur ce, passez, chères toutes et chers tous, un très beau ouikende.

Be cool, be open.

UU

Madrid 2006 #15 : Une [autre] Annonciation de Fra Angelico

La sitcom madrilène :

1 Se déguiser sur la Plaza Mayor
2 Le Jardin des Délices de Bosch
3 El bar de conspiradores
4 El Dos Mayo 1808 par Goya
5 Le masque de Greta Garbo
6 El Palacio del Cristal
7 Un MAC de douce Marie & UU
8 Le Guernica de Picasso
9 Flamenco
10 UU et les toilettes madrilènes
11 Une famille royale par Goya
12 Etiquette prix : une franche rigolade
13 La Maja de Goya
14 Tapas
15 Une [autre] Annonciation de Fra Angelico
16 Dégustation de vins espagnols : extraordinaire !
17 Les Parques de Goya
18 Feliz Año de la Puerta del Sol y las Uvas del Suerte

Aujourd’hui, l’épisode #15.

15. Une [autre] Annonciation de Fra Angelico

Cool_memories_v

Je continue de lire Jean Baudrillard [in Cool Memories V, éditions Galilée].

J’aime ressentir à sa lecture les résonnances qui me reviennent en forme d’écho intérieur.

« Le bruit de la peinture qui se craquelle, la nuit, le long des murs.
Le silence de la poussière, qui ondule et rampe d’un mur à l’autre.
Le cri du miroir au moment du choc de l’image.
(…)

[NdUU : Poser le blog, respirer, puis reprendre le blog entre ses mains]
(…)
Au lieu que le rêve soit le lieu d’accomplissement de désirs venus de la vie réelle, ce serait le réel qui serait le lieu d’accomplissement de désirs nés du rêve.
Les rêves seraient un moteur de recherche. Ainsi, les Aborigènes, dédaignant la parternité biologique, donnent la priorité à l’
engendrement par le rêve. La réalité y gagnerait de devenir beaucoup plus mystérieuse et le rêve cesserait d’être le dépotoir de l’inconscient. »

Je vous salue, Marie, pleine de grâce, etcetera etcetera.

15_fra_angelico_annonciation

Be cool, be open.

UU

ps : Si vous avez aimé cette Annonciation de Fra Angelico se trouvant au Prado, alors vous aimerez aussi celle là, toujours de Fra Angelico.

Madrid 2006 #14 : Tapas

La sitcom madrilène :

1 Se déguiser sur la Plaza Mayor
2 Le Jardin des Délices de Bosch
3 El bar de conspiradores
4 El Dos Mayo 1808 par Goya
5 Le masque de Greta Garbo
6 El Palacio del Cristal
7 Un MAC de douce Marie & UU
8 Le Guernica de Picasso
9 Flamenco
10 UU et les toilettes madrilènes
11 Une famille royale par Goya
12 Etiquette prix : une franche rigolade
13 La Maja de Goya
14 Tapas
15 Une [autre] Annonciation de Fra Angelico
16 Dégustation de vins espagnols : extraordinaire !
17 Les Parques de Goya
18 Feliz Año de la Puerta del Sol y las Uvas del Suerte

Aujourd’hui, l’épisode #14.

14.Tapas

Midi trente… L’heure idéale pour poster la note sur les Tapas…

14_tapas_114_tapas_assiettes_1

Un bar à tapas, c’est un capharnaüm indescriptible. Un chaos sonore où la passation d’une commande de tapas relève d’un acte héroïque.

Imaginez nous parlant espagnol comme une vache française [notez l’interversion de nationalité au passage ;o)] à essayer de comprendre comment ça « marche », ne serait-ce que de savoir à qui il faut s’adresser pour demander deux ou trois tapas. Ecoutez ça, vous comprendrez mieux…

En attendant, ce fut un régal. Les tapas en Espagne : ça n’a rien à voir avec ces bars à tapas parisiens, tout sages, tout… ennuyeux. On y a forcément la bonne humeur là bas et c’est contagieux … 

Une bonne adresse pour celles et ceux qui iront à Madrid : Almendro 13 [calle Almendro], dans l’agréable quartier de La Latina. Arrivée à 22 heures et quelques, attente dehors puis dedans, mais toujours debout. Une bonne bière en main. Vers minuit, on attaquait les tapas et on trouvait une place assise tellement il y avait du monde. Et qu’est-ce que c’était bon ! [Dommage je n’avais pas mon appareil photo puisque c’était la première fois qu’on allait à Madrid, il y a 2 ans] Derrière nous, il arrivait encore du monde… Je crois que c’étaient tout simplement les meilleurs tapas de l’UUnivers. ;o)

Be cool, be open.

UU

ps : le jus dans les verres pris en photo, c’est du vermouth. Ca se boit avec les tapas et c’est très très bon aussi… ;o)

Madrid 2006 #13 : La Maja de Goya

La sitcom madrilène :

1 Se déguiser sur la Plaza Mayor
2 Le Jardin des Délices de Bosch
3 El bar de conspiradores
4 El Dos Mayo 1808 par Goya
5 Le masque de Greta Garbo
6 El Palacio del Cristal
7 Un MAC de douce Marie & UU
8 Le Guernica de Picasso
9 Flamenco
10 UU et les toilettes madrilènes
11 Une famille royale par Goya
12 Etiquette prix : une franche rigolade
13 La Maja de Goya
14 Tapas
15 Une [autre] Annonciation de Fra Angelico
16 Dégustation de vins espagnols : extraordinaire !
17 Les Parques de Goya
18 Feliz Año de la Puerta del Sol y las Uvas del Suerte

Aujourd’hui, l’épisode #13.

13. La Maja de Goya

Ce tableau de Goya est devenu célèbre car il fut l’un des premiers nus [voire le premier] peints dans l’histoire de l’art espagnol.

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Quand j’ai vu ces deux peintures au Prado, je me suis rappelé cette publicité qui avait fait bien des remous en France à son époque, il y a 15 ans environ. Je ne me rappelle plus le produit dont la pub vantait les mérites, mais étonnamment, je me rappelle très bien du slogan :

"Demain, j’enlève le bas."

Be cool, be open.

UU

Madrid 2006 #12 : Etiquette prix [une franche rigolade]

La sitcom madrilène :

1 Se déguiser sur la Plaza Mayor
2 Le Jardin des Délices de Bosch
3 El bar de conspiradores
4 El Dos Mayo 1808 par Goya
5 Le masque de Greta Garbo
6 El Palacio del Cristal
7 Un MAC de douce Marie & UU
8 Le Guernica de Picasso
9 Flamenco
10 UU et les toilettes madrilènes
11 Une famille royale par Goya
12 Etiquette prix : une franche rigolade
13 La Maja de Goya
14 Tapas
15 Une [autre] Annonciation de Fra Angelico
16 Dégustation de vins espagnols : extraordinaire !
17 Les Parques de Goya
18 Feliz Año de la Puerta del Sol y las Uvas del Suerte

Aujourd’hui, l’épisode #12.

12. Etiquette prix : une franche rigolade

En cette période de soldes effervescentes, je vais vous narrer une histoire, un conte moderne madrilène autour d’une étiquette de prix.

C’est l’histoire d’une femme, dans sa trentaine sonnante et pas encore trébuchante, qui voulait passer une bonne soirée avec ses amis et son petit copain.

Ils étaient venus à Madrid pour passer les fêtes de fin d’année en raison de cette ambiance si particulière qui y règne pour la Feliz Navidad. Entre ferveur populaire et recueillement religieux. Leurs pieds et leurs porte-monnaie les avaient entraînés à La Chueca, le quartier branchouille de Madrid. Où on y trouve tous les créateurs et designers qui veulent se coller une étiquette de *produits* trendy pour fashion-victims.

D’ailleurs en aparté, le signe que c’est le quartier in de Madrid est la densité au mètre de trottoir des coiffeurs. Toni & Guy [coiffeur branchouille italo-anglais chez qui un DJ officie sur de la musique électro pendant qu’on vous fait des mèches délirantes] y fait figure de ringard à côté des peluquerias [coiffeurs en espagnol] de la Chueca.

A croire, ce que je ne savais pas, que le cheveu est un enjeu national en Espagne. On y passe des budgets importants [plus qu’ailleurs ?] lorsqu’on veut avoir une certaine image de soi ou bien donner l’impression d’en avoir une, d’image de soi. Ce phénomène a un nom : Las Juanis. Il prend une telle ampleur en Espagne qu’un film s’en inspire, par le cinéaste espagnol Bigas Luna. Il s’intitulera « Yo soy la Juani ». C’est le nom donné à une catégorie de [jeunes] femmes espagnoles qui « reconnaît qu’elle aimerait pouvoir s’habiller chez Miss Sixty, mais qu’elle achète ses vêtements chez Zara, Mango et Stradivarius, les marques les moins chères. » .

Et au journal de rajouter : « Pour mieux comprendre la passion de ces jeunes filles pour la beauté, il suffit d’entrer dans n’importe quelle parfumerie de quartier. Et là, c’est une vraie révélation : dans les rayonnages, les mallettes de maquillage ont deux, trois voire quatre étages. La pression médiatique n’est pas étrangère à cette passion de l’esthétique qui fait que les Juanis aspirent à être coiffeuses, maquilleuses, mannequins ou esthéticiennes. »

Mais là où ça devient intéressant, c’est l’enjeu social derrière le phénomène des Juanis. Elles ne sont pas des femmes superficielles qui cherchent à tout prix une image. C’est une toute autre motivation qui les pousse en général : « Nuria [Juani en puissance – en cours de formation pour devenir maquilleuse professionnelle] ne manque pas la moindre occasion de mettre un pied dans le monde du travail : elle écume les salons et participe à des séances photos. Les jours ouvrables, elle ne rentre jamais chez elle avant 21h30. (…) Elle est tellement centrée sur son travail et ses études qu’elle ne veut pas d’un petit ami qui lui volerait son temps. [Les Juanis] veulent être indépendantes sentimentalement et financièrement. La quasi totalité d’entre elles ont abandonné le lycée pour s’inscrire dans des instituts de coiffure et d’esthétique ou pour suivre une formation professionnelle. »

Où on se rend compte que notre société est allée bien loin jusqu’à fabriquer des chimères : l’image de soi est tellement importante, prépondérante, essentielle que l’on peut en faire un choix de vie [professionnelle]. C’est dingue.

Fin de l’aparté.

C’est donc l’histoire de ma trentenaire espagnole qui veut se donner une image auprès de ses amis. Ils s’assoient au restaurant, son petit copain en face et ses amis à côté d’elle. Elle parle, rit beaucoup, tient bien la route pour converser de tout et rien. Elle prétend qu’elle ne jure que par la Chueca, les fringues de créateurs, que vraiment aujourd’hui les grandes chaînes comme Zara sont dépassées malgré des cycles de développement des nouvelles collections ultra-rapides, etc. Mais que ce qui compte c’est d’avoir un vêtement qui reflète son âme, qui soit en harmonie avec soi, même si bien sûr le prix est plus élevé, blablabla. Manque de bol, elle parle et bouge beaucoup. Et finit par dévoiler à son insu l’étiquette de prix du petit haut blanc qu’elle vient de s’acheter dans l’après-midi. Manque de bol, c’est une marque qu’elle vient de vilipender. Manque de bol, c’est même un produit soldé. 24,95 Euros TTC. L’ami assis à côté d’elle a bien sûr vu l’étiquette. En long et en large d’ailleurs. Mais il ne dit mot. Il continue à l’écouter parler mais ne lui prête plus vraiment attention. Il trouve qu’elle dit vraiment n’importe quoi. Il sourit tout seul…

12_tiquette_prixEt douce Marie et moi savons le pourquoi de ce sourire en coin. Nous n’avons pas pu  nous empêcher : c’était une sacrée franche rigolade cette étiquette prix dans le dos… Pas parce qu’elle avait une étiquette dans le dos [ça m’est déjà arrivé]. Mais en raison de la situation ubuesque que cela engendrait dans le jeu des regards croisés entre elle et ses amis, notamment celui qui faisait une fixation sur cette étiquette sans jamais rien lui dire à son amie [sont-ils vraiment amis ces deux là dans la vie ?]. On s’est imaginé plein de choses sur cette étiquette et on s’est bien marrés. Un seul regret : à un moment, j’ai failli me lever pour le dire à la jeune femme qu’elle avait son étiquette dans le dos. Mais je me suis ressaisi. J’aurais acté devant tout le monde, y compris son petit copain, le ridicule de la situation. Et cela n’aurait pas été forcément à l’avantage de ma trentenaire espagnole. Je me suis alors rassis. Ainsi soit-il.

Epilogue
Jean Baudrillard [essayiste français – brillantissime, que je suis en train de lire] a écrit dans Cool Memories [éditions Galilée] :

« Une femme peut avoir toute l’évidence d’une femme, et ne pas l’être. Le sexe même n’y suffit pas – il faut de la féminité pour faire une femme. »

Be cool, be open.

UU