Regards sur le Viêtnam #10: « Rêverie de l’au-delà »

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[Légende photos : Pavillon Xung Khiêm faisant partie du grand ensemble que forme le Tombeau de l’empereur Tự Đức (1847-1883), à proximité de Huê, ancienne capitale impériale, Viêtnam du Centre]

 

Le Viêtnam, pays de contrastes comme me le fut suggéré en commentaire sur une précédente note de cette série ?…

L’histoire singulière de ce tombeau pourrait être un début de réponse à une question fort complexe.

Ce tombeau fut construit du vivant de l’empereur.

En guise de résidence de plaisance de son vivant mais aussi de demeure pour sa future vie éternelle.

Idée étrange que de dédier un pavillon à la rêverie et la composition poétique sur le lieu même de son enterrement.

Il faut dire que le rapport à la mort est particulier dans la culture bouddhiste et que ce qui peut être perçue comme une fin brutale [en Occident] est assimilée par d’autres [en Orient] comme le simple franchissement d’un seuil, dans la continuité.

Ainsi le pavillon Xung Khiêm dégage une précieuse impression d’harmonie et de beauté, provenant certainement de la foi confucianiste de l’empereur.

Il fut construit, comme le reste de ce très bel ensemble architectural, par près de 3000 soldats et ouvriers.

Leur révolte pour obtenir le paiement de leur salaire fut réprimée dans le sang. Harmonie et beauté , disions-nous ?…

Enfin, l’empereur Tự Đức avait plus d’une centaine d’épouses. Sans compter les concubines.

Mais ne put avoir de descendant.

Pour lui qui avait une soif de pouvoir telle qu’il extermina la famille de son frère, rival pour la succession du trône à la mort de leur père.

A sa mort, la crise monarchique provoquée par l’absence d’héritier ouvrit une brèche dans laquelle la France s’engouffra.

Le Viêtnam allait devenir quelques années plus tard l’Union Indochinoise puis l’Indochine tout court.

L’Histoire est ainsi parfois cruelle, surtout avec les puissants de ce monde.

Be cool, be open.

UU

ps: Vous l’aurez certainement déjà compris… Les mots figurant en italique sont ceux qui s’opposent dans le texte, en contraste les uns des autres.

Regards sur le Viêtnam #9: « Monts et merveilles de la baie d’Halong »

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[Légende photos : La baie d’Halong, inscrite au Patrimoine de l’Humanité par l’Unesco en 1994. La dernière photo représente les célèbres ilôts Trống ou Cặp Gà (îlots du Coq et de la Poule).]

 

La baie d’Halong a été maintes fois photographiée.

Puis filmée.

Inlassablement décrite…

Pourtant, lorsqu’elle se dévoile, émerveillement et émotion vous envahissent.

Il convient alors de se dépouiller de tout ce qui est futile.

De suspendre le temps.

D’aller à l’essentiel.

D’oublier la couleur.

Et de passer au filtre émouvant d’une pellicule Sepia.

La puissance de sa légende surgit alors à vos yeux.

Légende protéiforme mais qui garde un point commun:

La violence de sa génèse.

"Autrefois, dès la fondation, le pays des Viêts est envahi par les ennemis étrangers. Pour aider les Viêts à combattre les envahisseurs, l’Empereur de Jade a envoyé le Dragon-mère et ses enfants à ce pays. Juste à son arrivée, ils avaient projeté de la bouche des milliers de perles qui se sont transformées par la suite en îles et îlots répartis partout dans la baie. Les bateaux ennemis qui, à ce moment entraient dans la baie, se cassèrent complètement.

Après la victoire, le Dragon-Mère et ses enfants restèrent dans la baie. D’où les noms des sites et paysages: Ha Long (le lieu où le Dragon-Mère descend), Bái Tu Long (les petits dragons se prosternent devant leur mère), Long Vi (la queue du dragon) – archipel de Trà Cô actuel avec une dizaine de kilomètres de plages de sable fin."

La version, plus répandue et moins belliqueuse, raconte ceci:

"La légende dit que le dragon est descendu dans la baie pour dompter les courants marins. Les violents mouvements de sa queue entaillèrent la montagne, il plongea dans la mer faisant monter le niveau de l’eau qui s’engouffra dans les crevasses, ne laissant apparaître que les sommets les plus élevés."

Le silence s’impose alors à soi, ne trouvez-vous pas ?

Surtout lorsque la baie se pare de ce voile de brume, ultime trace d’un mystère séculaire.

Be cool, be open.

UU

Regards sur le Viêtnam #7: « Portée par les eaux »

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[Légende photos : Une femme apporte les produits qu’elle mettra en vente au marché de Hoi An, ville classée au Patrimoine Mondial de l’Unesco en raison de son port marchand traditionnel très bien préservé, Viêtnam du Centre]

 

HaïkUU du fleUUve

Partout en Asie
Le fleuve de Siddharta (*)
Protège et apaise.

Be cool, be open.

UU

(*) Siddharta, de Herman Hesse.

Regards sur le Viêtnam #6: « Souligner la cuisine d’un trait »

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Vn2004socit4Vn2004socit4bisjpg[Légende photos : Marché de Hoi An, ville classée au Patrimoine Mondial de l’Unesco en raison de son port marchand traditionnel très bien préservé, Viêtnam du Centre]

La meilleure cuisine viêtnamienne est populaire.
Pas de place pour le  spectaculaire.
Elle est à l’image de ce marché.
Une multitude de verts, en veux-tu en voilà…
Quelques touches de couleurs, par ci, par là…
Et une subtilité de saveurs insoupçonnées !
Beaucoup de légumes, cuits ou en crudités,
Tous aux multiples goûts et textures,
Souvent coupés en tout petit, de belle manière.
Elle se distingue par une légèreté toute particulière.
Peu de sauces, un peu d’épices, vraiment sans fioriture.
Et enfin, un trait de nước mắm ou même de mắm pur,
Comme on souligne les bons passages d’un ouvrage
                                                       de littérature.

 

HaïkUU cUUlinaire

Le goût, l’odorat…
Plaisirs de la nature
Doucement variés.

Be cool, be open.

UU

Regards sur le Viêtnam #5: « Sourire en travers »

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[Légende photos : Charpente métallique de la Poste Centrale, achevée en 1891 par Gustave Eiffel, à Saigon, Viêtnam du Sud. Au fond, suspendu, le portrait de Hô Chi Minh]

La revanche passe souvent par les mots quand la défaite est amère.

Les việt kiều (*) vous raconteront ainsi cette histoire.

En raison de la pauvreté du pays, on réussit souvent mieux matériellement à l’étranger que si on était restés au Viêtnam.

On est ainsi paradoxalement reconnaissants de la victoire de Hô Chi Minh sur les Français puis sur les Américains, puisque c’est grâce à lui qu’on a pu [dû…] partir du Viêtnam pour aller s’installer à l’étranger [France, Australie et surtout Amérique du Nord]
.

Vous entendrez donc dire : « Cảm ơn, bác Hô », soit « Merci, oncle Hô ».

Exemple appliqué : Sans l’oncle Hô, je n’aurai jamais écrit ce blog. Donc merci à lui… ;o)

« Oncle » est à prendre au sens affectif. C’est ainsi qu’on désigne en viêtnamien les amis proches de ses parents.

HaïkUU en travers

Souriant portrait…

L’Histoire
a parfois un goût
Amer, comme l’automne.

Be cool, be open.

UU

[(*) Viêtnamiens à l’étranger, ceux de la diaspora viêtnamienne]

Regards sur le Viêtnam #4: « Pulsation intime et urbaine »

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[Légende photos : Dans les rues de Saigon, Viêtnam du Sud]

Une femme à pieds,
   Dans un élégant équilibre,
   Tourne le dos
A la modernité.

Ville sauvage,
   à l’étrange pouvoir d’attraction,


Elle gronde tout le long
   de ses rues vrombissantes.

Sa respiration, telle une rafale
   d’infernales pulsations,

Marque à jamais de son sceau
   les enfants qui y sont nés.

Elle, c’est Saigon la blanche,
   envoûtante
      "Perle de l’Extrême-Orient".

Tatoué depuis ma naissance…
   Je *sais* que je viens de là bas.

En complément :
Voir la belle note de dom, sur les motocyclettes à Saigon.

Be cool, be open.

UU