Chronique polynésienne du 31 juillet 2007 – Nuku Hiva

[Coucou de Valencia, en Espagne… Où je suis en déplacement professionnel pour 2 jours. Hasta luego !]

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Nos pas continuaient à fouler la terre marquisienne.

Des pensées graves s’élevaient au ciel.

A peine retenues par les branches des puissants banyans.

On sent bien que la mort rôde dans ces lieux.

Mais on n’y ressent pas la peur.

Plutôt un calme profond empreint de recueillement sincère.

Devant ces témoins multiséculaires de la folie des hommes.

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Comme le sas d’évacuation de l’âme, et sans bien savoir pourquoi, le regard se porte naturellement vers le beau.

Pour être entier, tout individu doit remplir ainsi sa vie, alternativement mêlant la mort (toujours tragique) et le beau (parfois sublime).

Et puis cette question incongrue : De quelle nature est le réconfort d’une fleur à cinq sépales ?

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Sans parler de l’émerveillement devant l’inédit lorsqu’il est agrémenté de superbe.

Le sourire aux lèvres, celui arborée lors de ces rencontres heureuses mais fortuites.

Puis la séparation inévitable : une fleur dont on ne connaîtra jamais le nom.

Et qu’on ne reverra plus.

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Que peuvent bien valoir 45 minutes de marche ?

Assurément un bonheur infini – au mieux en tout cas.

S’asseoir face au plus beau paysage des Marquises.

La vue du col d’Anaho sur la baie éponyme.

S’asseoir et vouloir se fondre dans la mer et le ciel.

Se fondre dans la luxuriance végétale et la douceur des nuages.

Pour faire un.

Avec la main que l’on serre entre ses doigts.

Et s’en souvenir.

De ce rayon de soleil qui a percé et illuminé le paysage.

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Et le cœur assouvi, il est alors temps de prendre le large.

Non sans avoir – une fois encore – salué la violente beauté des Marquises.

 

Be cool, be open.

 

UU

Chronique polynésienne du 30 juillet 2007 – Ua Huka

[Note en aparté / Communiqué par Ossiane que je soutiens vivement dans sa démarche: « Depuis plusieurs jours, un mouvement de protestation s’est levé parmi un certain nombre de blogs du Monde et les visiteurs car Le Monde a voulu introduire dans nos blogs un nouveau type de publicité.
Le bandeau publicitaire qui se trouvait en haut de la page de nos blogs n’était pas une publicité classique mais une « publicité contextuelle » qui cible les visiteurs. Un robot analyse les articles publiés, les commentaires déposés de chaque page de nos blogs pour trouver des mots-clés qui l’intéressent afin de réaliser la « meilleure » publicité possible.
Il est anormal d’avoir à subir ce type de publicité dans une formule payante alors qu’elle est d’habitude réservée aux plateformes gratuites de blog.
Je ne sais pas si vous avez remarqué mais depuis hier, le petit encart publicitaire qui se trouvait dans le coin supérieur droit de nos pages de blog, a disparu suite à notre mobilisation. C’est un bon premier pas.
Cependant, il reste des inconnues quant à leur nouveau projet d’affichage de liens publicitaires sur nos blogs. En attendant des nouvelles du Monde, nous restons vigilants.
Si vous voulez nous aider, relayez les informations autour de vous, rédigez des articles sur le sujet, ou envoyez un ticket à partir de votre blog.
– Ossiane »]

*** DébUUt de ma note ***

Un balcon à la française, au bord du rocher.

Un clin d’oeil.

Plutôt un pied de nez.

D’une nature qui contiendra toujours les excès de l’homme.

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L’homme… Ce terrible prédateur aux pulsions dévastatrices…

Mais je m’égare.

Quand même… Comment résister à l’envie de se poser certaines questions ?

Comme celle-ci: L’homme – celui de sexe masculin – est-il impuissant face au mythe ?

Les Marquises ont été pour beaucoup la transfiguration de l’Eden perdu.

Pour beaucoup d’autres, ces femmes polynésiennes transfiguraient au sens premier une Eve fantasmatique que l’homme (encore lui) cherche incessament à re-posséder depuis le péché originel.

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On dit aussi que pour s’attirer leurs faveurs, il est souhaitable de leur offrir un coeur. (*)

Qu’il suffirait d’un coeur… de boeuf.

Aussi, je tends mon bras et en saisis un.

A pleines mains.

Oh rassurez-vous, rien de bien sanguignolant.

Là bas, aux Marquises, les coeurs de boeuf poussent sur les arbres .

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« A quoi tu penses ?

– A rien. »

Et si c’étaient ces femmes peintes qui avaient raison.

Et si c’était la Vérité.

Celle qu’on ne comprend qu’après bien des égarements.

Après bien des questionnements.

Des remises en question.

Et si ces mots – qui ne sonnent pas si creux que cela – formaient une porte dérobée.

Vers un Non-Lieu.

Un Non-Evénement.

Etre sans paraître.

Etre tout simplement.

Etre sans avoir rien à Faire.

Et si le Rien aboutissait au Tout.

Alors ne serions nous pas simplement plus sereins ?

Plus pleins [au sens de plénitude] ?

Plus en Vie ?

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Ce soir là, après avoir rejoint l’Aranui qui avait jeté l’ancre pas loin de la plage, on se préparait à la grande soirée polynésienne du bateau.

Tous les passagers étaient invités à s’habiller « polynésien » du mieux qu’ils pouvaient.

Et à faire spectacle (danses polynésiennes principalement, mais quelques danses hawaïennes également, en raison des passagères qui en sont originaires).

L’ambiance était festive.

Enjouée.

Pour ma part, avant que les festivités ne commencent vraiment, j’avais proposé à l’équipe organisatrice de la soirée de faire une lecture.

Une lecture introductive.

Une lecture représentative.

Une lecture symbolique.

De la force et de l’intensité que douce Marie et moi avons ressenti aux Marquises.

Alors, j’ai lu.

Devant la centaine de passagers.

Devant les dizaines de membres d’équipage.

J’ai lu et j’étais ému.

Parce que ce que je lisais était véritablement ce que je ressentais de plus en plus aux Marquises, au fil des jours qui passaient.

Je lisais parce que j’avais besoin de le dire.

Lire par nécessité en somme.

Ou mieux: par amour des Marquises.

« Térii ne cherchait point à dénombrer les saisons depuis lors écoulées ; ni combien de fois on avait crié les adieux au soleil fécondateur. — Les hommes blêmes ont seuls cette manie baroque de compter, avec grand soin, les années enfuies depuis leur naissance, et dʹestimer, à chaque lune, ce quʹils appellent leur âge présent » ! Autant mesurer des milliers de pas sur la peau changeante de la mer… Il suffit de sentir son corps agile, ses membres alertes, ses désirs nombreux, prompts et sûrs, sans sʹinquiéter du ciel qui tourne et des lunes qui périssent. — Ainsi Térii. » Extrait tiré des Immémoriaux, de Victor Segalen [cliquer sur ce lien pour lire les 5 premières pages du roman]

En fait, le grand sorcier marquisien, il était déjà en moi.

C’était lui qui disait ces mots à travers ma bouche…

Be cool, be open.

UU

(*) Ma façon à moi de me raconter des histoires, hein. Rien de bien véridique dans ce paragraphe outre mon imagination.

NdUU: Une note écrite en particulier pour Brig’ , pour la remercier de sa fidélité à mon blog et sa capacité à se fondre dans mes mots. Aussi abscons qu’ils puissent être – comme aujourd’hui. ;o)

Chronique polynésienne du 29 juillet 2007 – Tahuata

« Je vous salue, Marie, pleine de grâce »…

Dite en maohi, la prière a de quoi surprendre.

Sans parler du Pater Noster.

Mais bon, avec les vitraux peints à la mode locale, tout cela se fond bien dans une atmosphère relativement joyeuse avec les chants et la guitare omniprésente durant la messe. Et finalement très respectueuse de la chose religieuse.

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Mais la vraie allégeance, j’aurais tendance à dire qu’elle est ailleurs.

Envers la culture maohi.

Il n’y a qu’à voir la vigueur, la force voire la rage que mettent quelques jeunes dans les villages à danser le haka.

Celui là va sur ses 7 ans.

Il a 7 ans et il va guider la troupe des hommes de son village au prochain festival des Marquises à Ua Pou.

Il a 7 ans et il va diriger une bande d’hommes forts, costauds comme il faut pour soulever leur pirogue avec un petit doigt.

Il a 7 ans mais son coeur porte les mille ans d’une culture transmise oralement depuis la nuit des temps.

Croyez moi ou non, cet âge ancestral se lisait dans son regard.

Et dans cette photo aussi.

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Remis de nos émotions de danses marquisiennes, nous partîmes à la plage des coraux.

Non mais parce que faut pas lire tous mes récits en diagonale.

Les Marquises, c’est pas le plus beau Paradis sur terre.

C’est un paradis certes.

Mais ça manque sacrément de plages avec du sable blanc.

M’enfin, ceux qui me connaissent auront déjà compris qu’on ne vas pas aux Marquises pour ses plages de sable blanc [y en a pas vraiment], ni d’ailleurs pour ses plages de coraux qui piquent les pieds et les fesses [ça, y en a pourtant un paquet].

On va aux Marquises, pour les Marquises.

Pour toucher du doigt un paradis qui nous reste inaccessible.

Et c’est cette dualité entre proximité et distance qui rend les Marquises si attachants.

[Ouh ouh… y a encore des lecteurs qui suivent là ?… ;o)]

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Peu après, l’Aranui avait jeté l’ancre en contrebas.

Nous étions partis loin derrière les autres passagers pour cette courte promenade.

Cela nous a permis de nous retrouver seuls avec Sweet Mary en haut de ce belvédère.

Et nous laisser aller à la contemplation béate de la beauté du paysage marquisien.

Coincé entre la rudesse de la montagne et l’arrogance de l’océan.

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Il m’était alors apparu aux Marquises que notre expérience sensible du monde semblait ainsi se structurer par une succession de dualités que nous sommes amenés à affronter – à l’insu de notre plein gré parfois.

Est-ce là une explication du sens donné aux Marquises, en maohi: « Te Fenua Enata » ? Autrement dit « La Terre des Hommes ».

J’aurais bien aimé trouver à qui poser cette question.

Un grand sorcier marquisien assurément.

Be cool, be open.

UU

Chronique polynésienne du 28 juillet 2007 – Fatu Hiva

Demain, je fais un déplacement en Suisse, près de Zürich.

Demain, je saurai si j’ai le job que je veux.

Depuis 3 mois, je suis passé par les scénarios professionnels les plus dingues.

Avec des rebondissements à la Pyrrhus.

Non, je n’exagère pas mais je ne pourrai pas en parler ici.

But life goes on.

And the sun shines [voir la dernière photo de cette note].

Si si.

Demain, je devrai avoir confirmation d’un super job.

Une bonne promotion, comme on dit aussi parfois.

Allez, trêve de blabla existentiel.

Aujourd’hui: Fatu Hiva !

Une très belle île.

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[Légende photo: Tikis modernes avec en fond l’Aranui mouillant dans la baie d’Omoa]

Que l’Aranui nous invite à découvrir à pied sur 17 kms avec 200 m et qqs de dénivellé… aarggh.

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[Légende photo: Bols de cérémonie marquisiens sculptés à l’ancienne, i.e. les creux sont gravés pour faire apparaître les motifs en relief]

Je vous rassure: seulement une vingtaine de passagers de l’Aranui [dont Sweet Mary et moi – sur un total de 130 passagers et qqs] ont relevé le défi de cette époustouflante randonnée.

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[Légende photo: Baie d’Hanavave en contrebas – aussi surnommée Baie des Vierges ou aussi sans « i » , c’est selon…]

Elle [la randonnée] est à couper le souffle au sens propre [17 kms à pied, ça useuh, ça useeeUUh… d’autant plus, avec Choupi sur mon dos, ainsi que l’eau et l’appareil photo – soit +18 kgs à porter] et au sens figuré [voir la photo ci-dessus – récompense ultime en fin de randonnée avant la grande descente vers cette baie d’Hanavave en contrebas].

Et ces tikis, anciens ou modernes, rappelant la force d’une culture millénaire qui a finalement survécu aux périls importés par la civilisation « moderne ».

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[Légende photo: Tiki donnant sur la baie d’Hanavave]

guy-dancing.1195662235.jpgAu final, que du bonheur ! Enfin, je dis ça mais j’ai bien souffert quand le comité d’accueil d’Hanavave m’a invité à faire une danse polynésienne imposant une position en génuflexion durant de [trop] longues minutes. J’avais échappé aux crampes durant la randonnée mais là, ce fut le coup fatal à mes cuisses endolories… ;o) [c’est moi là, sur la photo à droite: c’est une passagère anglaise de l’Aranui qui me l’a gentiment fait parvenir par émile il y a 3 semaines !]

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[Légende photo: Rayons de soleil sur la baie d’Hanavave et ses pics phalliques]

Une fois arrivés au bord de la Baie d’Hanavave: une vue splendide vers l’océan.

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[Légende photo: Coucher de soleil à bord de l’Aranui, à proximité de Fatu Hiva]

Elle est belle la vie, aux Marquises.

Terriblement belle.

Be cool, be open.

UU

Chronique polynésienne du 27 juillet 2007 – Hiva Oa

La note pourrait s’appeller « UU ze retoUUr ».

Mais non…

Je ne suis pas [encore] sûr de ce que l’avenir – professionnel – me réserve.

Ainsi va la vie.

Ainsi va le temps.

Ainsi passe un mois entier depuis ma dernière note .

Seul un commentaire sur un blog ami a pu s’échapper de mes doigts.

C’était pour fêter la venue d’un grand petit homme. Bourriquet , qu’il s’appelle.

Pour l’heure, je suis un peUU reviendUU.

Chais pas encore trop pourquoi je suis reviendu.

P’têt passke vous me manquiez. Si si.

Ou bien passke que le blog, c’est bel et bien une continuation de mon sur-moi, sous-moi, intra-moi.

Le moi qui devrait être Je à ma place.

Enfin, je me comprends.

Aujourd’hui, pour cette note particulière, puisque que c’est la chronique polynésienne qui va de pair avec la rencontre avec le grand Jacques, je vais lui laisser la parole tout simplement. Des paroles que l’on peut lire dans le hangar qui lui sert de musée à Hiva Oa.

Vous vous rappellez, hein : Si on est partis aux Marquises avec Sweet Mary, c’est bien à cause et grâce à lui [Annie-Claude , c’est pour après les Marquises – c’est à cause d’elle qu’on a vu plein de vahinés se trémousser tout le temps… héhé ;o)]

Bon, zou, place au grand Jacques.

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« Oui, c’est le vieux Brel.

Du fond du Pacifique.

Je vis sur une île perdue.

Belle à crever

mais rude et austère »

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« Ils parlent de la mort

Comme tu parles d’un fruit« 

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« Nous sommes provisoires. Nous sommes éphémères. Rien ne nous est dû. Cette putain de vie, il faut la vivre. Il faut essayer que ce soit tendre, et là, c’est difficile parce que nous ne sommes pas armés. »

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« Ce qui m’indigne le plus ? La bêtise. C’est la mauvaise fée du monde. C’est la sorcière du monde. La bêtise, c’est un type qui vit et il se dit: ‘Je vis, je vais bien, ça me suffit.’ Il ne se botte pas le cul tous les matins en se disant: ‘Ce n’est pas assez, tu ne sais pas assez de choses, tu ne vois pas assez de choses, tu ne fais pas assez de choses.’ C’est de la paresse, je crois, la bêtise. Une espère de graisse autour du coeur et du cerveau. »

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 » Il y a deux manières de réagir devant ce que tout ce qu’on ne sait pas: c’est décréter que c’est idiot ou aller voir. Et je préfère aller voir. J’avoue avoir un grand faible pour les hommes qui vont voir. »

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Au bout d’une petite heure à tourner au sein de ce hangar, à la recherche d’un petit coin tranquille pour se retirer, Sweet Mary et moi, on s’est serrés très forts dans nos bras respectifs.

On l’avait fait. « We made it !« , comme dirait l’autre.

Et on était heureux sans trop bien savoir pourquoi.

Be cool, be open.

UU

Légendes photos: Tableau au centre Jacques Brel d’Atuona – Vue sur du canal du Bordelais et de l’île de Tahuata – Cimetière d’Atuona – Tombe de Gauguin à Atuona – Reconstitution de la « Maison du Jouir » [maison où séjourna Paul Gauguin – L’inscription dit « Soyez amoureuses, et vous serez heureuses. » Notez l’emploi du pluriel…] – La tombe fleurie de Jacques Brel à Atuona]

Chronique polynésienne du 26 juillet 2007 – Hiva Oa

croisiere-aranui-hiva-oa.1189426519.jpg[NdUU: Le point rouge, c’est « Vous êtes ici », hein. Pour celles et ceux qui n’avaient pas tout suivi de notre périple polynésien sur l’Aranui… Au fait, j’ai toujours des journées et des nuits de folie. M’en voulez pas hein. Mais je continue à faire de l’apnée de blogs.]

Nous y voilà à Hiva Oa !

L’île tant attendue…

Mais non, ce ne sera pas pour aujourd’hui la rencontre avec Brel.

Faudra encore patienter un p’tit peu pour lui causer, au grand Jacques…

Toutefois, pour vous faire patienter [enfin, surtout pour nous les hommes – haha ;o) ça fait trop pub de déodorant masculin cette note – ça démarre mal…] : qui n’a jamais rêvé de jouer sur un terrain de football dans un tel cadre ?

M’enfin, je dis ça… mais en fait, je ne suis pas footeux pour trois sous.

Pour autant, j’aime bien cette photo prise quelques minutes après notre débarquement à Hiva Oa.

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Tout cela, avant de monter vers un des plus beaux sites archéologiques des Marquises: le site de Iipona à Puamau, sur l’île d’Hiva Oa.

Après une sacrée côte et au détour d’un mape [châtaignier de Polynésie – arbre figurant au premier plan ci-dessous], se dévoile alors Tiki (*) Takaii, représentant un personnage autrefois très puissant au sein de cette vallée de Puamau.
Puis c’est le regard mystérieux du fameux tiki allongé [Tiki Makii Tau’a Pepe], qui représente une princesse marquisienne décédée en suite de couche et déifiée dans la foulée pour apaiser son âme fortement contrariée.

C’est rien de l’écrire ici car l’énergie ressentie lorsqu’on est sur le site est extraordinaire. Elle impose le respect, le silence et une vague contemplation admirative de la force de cette civilisation tant pénétrée par la force – voire la magie – des symboles.

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Choupi, elle avait un énorme sourire.

Elle venait de trouver son Tiki.

Allez savoir pourquoi elle avait décidé que c’était le sien.

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Quelques centaines de mètres en contrebas, on ressent toute la fébrilité de la transition de la civilisation traditionnelle marquisienne avec la « modernité » que proposent les missionnaires catholiques ou protestants.

Un grand chef marquisien qui hésite entre la tombe chrétienne et la protection de tikis ancestraux.

Ce pas de deux est touchant, ne trouvez vous pas ?

Et Choupi, à la vue d’une biquette, se met alors [pour la première fois] à bêler.

Merveilleux, ne trouvez-vous pas ?

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Et cerise sur le gâteau [enfin, plutôt ananas ou banane, mais bon, là, ça veut plus rien dire], la magnifique plage de Puamau qui nous tend ses bras.

On s’y sentait si bien qu’on est remontés les derniers sur le bateau.

Pour profiter jusqu’au dernier moment des vagues.

Et Choupi de se prendre avec un énorme sourire sa première *vraie* vague dans les dents.

Pleine de sable qui plus est. Poil au nez.

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On quitte alors la baie de Puamau pour une autre baie, surnommé Hanaiapa je crois.

Et notamment pour sa plage de galet.

Laquelle accueille la délicate fleur d’hibiscus qui avait perdu son chemin à la fin de ma précédente chronique polynésienne.

Heureuse surprise.

Belle et douce comme le soleil qui s’allonge peu à peu.

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Y a des jours comme ceux là où les minutes s’échouent comme les vagues sur une pirogue à balancier.

Sans fin.

On ne se sent vieux.

On ne se sent jeune non plus.

On n’a plus d’âge.

Et cette légèreté du temps a un goût si délicieux pour celui ou celle qui y a trempé ses lèvres.

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Be cool, be open.

UU

(*) Tiki: Personnage sculpté de la mythologie polynésienne. Les plus remarquables sont ceux en pierre volcanique que l’on retrouve sur les plateformes sacrées, cernées de pierre [pae pae en marquisien, ou marae en tahitien] – euh Annie-Claude, tu me corriges si j’écris d’énormes bêtises, hein ?

Chronique polynésienne du 25 juillet 2007 – Nuku Hiva

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[NdUU: Le point rouge, c’est « Vous êtes ici », hein. Pour celles et ceux qui n’avaient pas tout suivi de notre périple polynésien sur l’Aranui… Et oui, je m’excUUse encore de la publication un peu erratique. Mais comme on dit, « vaut mieux rouler lentement vers l’avant que d’oublier de mettre le frein à main ». Hein ?]

Nous voilà arrivés à Nuku Hiva, l’île qui est la capitale administrative des Marquises.

Souvent durant les escales, on avait le choix entre prendre un truck ou bien rejoindre le village à pied [entre 5 à 15 minutes à pied, fonction – vous allez être surpris là – de la distance entre le quai de débarquement et le centre du village].

Souvent, pour ne pas dire systématiquement, on optait avec Sweetie Vahiné pour la marche à pied.

Certes, parce que je devais perdre quelques kilos [comme le fera sûrement remarquer Jmesuiléssépoucélacravat ].

Mais surtout parce qu’on voulait prendre le temps.

Prendre le temps de s’immerger dans cette civilisation elle-même au bout du monde.

Bien nous en a pris.

Car souvent, pour ne pas dire très souvent, nous étions récompensés par des vues magnifiques

Et à pied, forcément, on peut prendre le temps d’apprécier.

Comme ici, l’Aranui dans la jolie baie de Taiohae.
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Mais ce n’était pas tout.

Car les paysages sont certes spectaculaires aux Marquises.

Mais la dimension culturelle est fascinante.

A commencer par l’évangélisation catholique des Marquises [ces îles furent découverts fin 16ème siècle].

Avec la belle église de Taiohae, faite de belles pierres volcaniques sans nul doute.

Et ce superbe Saint Pierre, gardien des clés à l’entrée de l’édifice religieux, admirablement revisité par une certaine esthétique marquisienne [pagne et coiffure notamment].
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Le plus fascinant sera la rencontre avec les sculptures issues de la religion autochtone.

Mais ce sera pour un autre jour.

Plus tard dans l’après midi, après quelques gouttes de pluie, on se dirige vers la vallée de Taipivai, rendue célèbre par le roman quasi éponyme de Herman Melville .

Au détour d’une petite ballade à pied, on découvre l’Aranui qui fait son apparition dans la vallée.

La photo ci-dessus représente un de nos points de vue préférés avec Sweetie Vahiné.

Le bleu profond de l’océan.

Les falaises abruptes.

La végétation luxuriante.

Et le blanc immaculé de l’Aranui…
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Une dernière descente en 4×4 et c’est à nouveau à pied qu’on remonte la vallée de Taipivai.

Rencontre avec les chevaux des Marquises, mi-domestiques mi-sauvages.
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On pénétre au coeur de la vallée qu’on appelle aussi la vallée des 1000 cocotiers, étant donné leur profusion pour la culture du coprah [noix de coco séché qui sert ensuite à faire l’huile de monoï ].
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Une fleur d’hibiscus tombée sur la rivière nous indique qu’on fait bonne route…

Vers une terre autrefois bénie des dieux.

« Belle à en crever, mais rude, austère » (*)
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Passez toutes et tous un doux ouikende.

Be cool, be open.

UU

(*) Dixit Jacques Brel dans une correspondance privée.