Le vin : produit élaboré de grande consommation et communication mondialisée ? (par Gabriel)

Avec l’aimable autorisation de Gabriel, qui me laisse la joie de vous publier son email (la suite du débat sur le vin, initié voilà qq jours).
Bonne lecture et buvez ses paroles ! ;o)

Be cool, be open.

uu

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(Dé)battons le fer tant qu’il est chaud !

Dans le désordre :
-Je n’ai pas de vin de Hongrie chez moi (ça va pas, non ? pourquoi pas délocaliser de la main d’oeuvre, tant que t’y es ? ;- o ) Alors n’essaie pas de braquer ma cave, c’est inutile.

– Quant à la locution européo-méditerranéenne, je faisais référence au monde des buveurs de vin (le monde occidental quoi, grosso modo !) et à son origine au sud est de l’Europe et dans le Moyen Orient. Je n’oublie pas que les vignes sont arrivées en territoire germain sous l’influence de l’Empire Romain. C’était déjà un produit de commerce lucratif, soumis également déjà à des crises de surproduction !

– Plus sérieusement, en repensant à ce que j’avais écrit, je retiens deux points :

VignecaillouxlLa première est que le vin est un produit (de grande consommation – avec modération, bien sûr – ) élaboré. Je le maintiens, même pour du jaja (que dire alors des grands crus et de la biodynamie). Mine de rien, il faut pas mal de savoir-faire pour faire pousser des vignes, les tailler, les protéger des agressions climatiques, de la faune et de la flore.

Bellegrenache
Pour récolter le raisin à maturité, extraire ce qu’il faut de son jus et transformer celui-ci avec une fermentation contrôlée, un taux de sucre approprié et des filtrages, pas évident. Je pense que bien d’autres activités humaines sont plus simples, moins aléatoires et soumises à des cycles bien plus court. Les grecs et les romains ne savaient pas stopper la fermentation et ça les rendait malades (fous, je crois)… c’est dire ce qu’il a fallu de persévérance pour arriver à maîtriser tout cela.

Quant l’évolution de la qualité, sur laquelle tu exprimes un désaccord, je maintiens qu’il y a eu une forte progression de la qualité, sur l’ensemble de la filière. Certains cépages à (trop) fort rendement ont été délaissé, les savoir-faire en vinification ont progressé. Je me souviens du vin de pays de l’Aude (vin de table AOC) chez mes grands parents quand j’étais gosse. Quand je vois ce que tu peux avoir aujourd’hui pour 3 ou 4 euros, il n’y a pas photo.

Macarena_1Astrix_obelixLa deuxième est qu’il y a une tension entre communication globalisée et la diversité.
– A ma gauche, la Macarena, vite apprise, vite oubliée, 98% de personnes qui l’ont dansé (ça m’a estomaqué de voir des personnes faire spontanément de l’ordre serré et « marcher » au pas, pour un peu, on les aurait fait défiler le 14 juillet)
– A ma droite, les villages Gaulois, l’esprit de clocher. Le meilleur vin, c’est celui de chez moi. Les autres, je ne les connais même pas.
– La question : l’échange, le partage est un formidable facteur d’amélioration et de créativité ; mais si chacun essaie de copier l’autre, on va tous avoir le même produit, qui ne progressera plus (ah, l’ultralibéralisme est-il générateur de monopoles ? ou bien préserve-t-il les conditions d’une saine concurrence, mais je m’égare)
– En d’autres termes, comment préserver la diversité, dans un contexte
1. de comportement moutonnier (média, leaders d’opinion façon Parker)
2. de transformations de plus en plus radicales, du fait d’une concentration de plus en plus forte des productions dans un nombre toujours plus réduit de mains

Dans tes réponses, je relève ces deux idées fortes que j’aimerais que tu développes :
– il suffit d’éduquer. Ton attitude est plus optimiste que la mienne, qui compte avec la paresse de tout un chacun et surtout sur un mal bien de chez nous : la dépréciation a priori de ce qui se fait ailleurs.
Une question : Nous avons à nos frontières les deuxième et troisième producteurs de vins. Comment se fait-il que l’on trouve si peu de produits espagnols et italiens, toutes qualités confondues, dans nos linéaires et et chez les marchands de vin ? Que proposes tu pour « éduquer » ? Peut-on transposer aux autres domaines soumis à la mondialisation ?
– les subventions. Je n’ai pas bien compris les références que tu as fait aux subventions autour du vin.

Dans l’attente de boire les réponses…

Gabriel

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Débat autour du vin (ma réponse à Gabriel)

Aujourd’hui, commençons bien la semaine par le 3ème épisode du débat autour du vin : ci-dessous ma réponse à Gabriel sur les différents points qu’il a soulevés.

Pour ceux qui ont manqué les 2 premiers épisodes :
2 – Débat autour du vin (la réponse de Gabriel)
1 – « Mondovino » et débat autour du vin

Et n’hésitez pas à nous poster vos commentaires, vos points d’accord et de désaccord !

Be cool, be open.

uu

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> « le vin , c’est aussi un produit de grande consommation, quoi ! » Et là, brusquement, son visage s’est fermé. C’est péjoratif. Le vin ne peut pas à la fois relever de la catégorie « Marchandise » et de la catégorie « Tradition, art de vivre ».
Personnellement, je pense que c’est un des problemes majeurs en France (enfin du monde vinicole français) de faire un blocage sur le marketing et le merchandising du vin.
Le vin, on peut à la fois le respecter (reglementation, tradition, vieillissement, terroir, etc. enfin tous ces mots que les vins de l’ancien monde semblent mépriser généralement) et le « vendre ».
Confsurlevin_montilleQue ce soit par une politique nationale avec des subventions du ministere, ou que ce soit par des initiatives privées (le dernier bastion d’irréductibles que représentent Hubert de Montille ou les producteurs en sardaigne ou en cotes du roussillon représentés dans Mondo vino), la qualité du vin et sa spécificité de produit marchand (process de fabrication complexe, durée très longue de production, immobilisation de capital considérable sur une durée énorme) peut être préservée. Ca passera forcément par une meilleure qualité de vin de pays et de petits AOC, etc.
Mais ca passe aussi par une meilleure communication / éducation. Et là on retombe sur le marketing les gars.

> Mais que met-on au fond dans ce mot valise qu’est « Le Vin » ? La réponse n’est pas simple, car le vin a la complexité de son âge, soit plusieurs milliers d’années ; il est profondément imbriqué dans notre patrimoine culturel.
Intéressant de relever cet héritage millénaire. Le point de vue des américains exprimé dans Mondo Vino, est qu’on peut faire du bon vin quasiment un peu partout dans le monde, qu’il faut simplement de bons investissements (et un bon retour sur investissement aussi). Et là, ils ont pas completement torts.

> – La marchandise, dans certains cas, est devenu oeuvre d’art, ou du moins symbole d’art de vivre
> – Mais la généralisation est difficile : le vin a été , est souvent un produit de négoce, obéissant aux règles de la concurrence, où certains ont pu pousser des produits faciles et bon marché, voire cracher du rendement ou frelater leur produit pour maximiser les profits. Il n’y a pas que des amoureux de la vigne et du travail bien fait.

Sans l’heritage millenaire, on peut quand meme vendre à des gens qui n’ont pas cette culture en ayant le bon marketing mix.
Et tout ça, sans sacrifier à la vision (que je partage) de respect du vin comme un produit extraordinaire, qui doit être protégé et réglementé, amélioré (en qualité), et bu avec une attention particulière (ne serait-ce que l’espace des 2 secondes que prend une simple gorgée).

> – La cohabitation a été plutôt fructueuse sur le long terme. Nos grands crus n’ont pas toujours été aussi bons et complexes.
tout à fait !

> Le plaisir du consommateur (éduqué ?) n’y est pas pour rien
Je suis entierement d’accord sur ca. je t’ai repondu plus haut que cela passe par plus de communication, plus d’education.
D’ailleurs n’est ce pas la nouvelle forme de progres (apres le progres de la liberte, le progres industriel, le progres scientifique, le progres social): n’y aurait-il pas maintenant une forme de « progres de l’information » ?
Marche_empereur
Avec les moyens modernes de communication, d’information rapide et facile (moteurs de recherches, sites Web sur tout tout tout et tout),etc. cela me fait penser aussi à la place plus importante que prennent les docs amateurs dans l’info (photos, videos de tsunami, d’abou graib), l’importance des docus fictions à la télé, le succès des docu en toute sorte (l’école, 9/11, le vin, même les manchots d’antarctique…) : aujourd’hui le consommateur, le client, le citoyen, il veut s’informer tout seul, en direct et avec de moins en moins d’intermediaires.
Le vin, pour moi c’est pareil : les gens sont capables de choisir de mieux en mieux tout seuls, quitte à s’échanger des tuyaux de bouche à oreille. Mais finalement, le plus important, ca reste de s’éduquer et de continuer à s’informer. En tout cas, ce n’est qu’un postulat. Mais il me parait fondé.

> – Plus généralement, on aime le vin parce qu’on le trouve bon. C’est con, dit comme ça, mais ça montre que c’est d’abord le goût du consommateur qui fait le vin de demain.
Image1bisOui c’est bon de le rappeler. ce produit particulier qu’est le vin doit d’abord être apprécié avant tout. mais finalement, pas plus qu’un bon repas ?
Il y a aussi de la magie de la transformation dans la cuisine, autant que dans le vin. c’est pas pareil certes, mais c’est les mêmes leviers : choix de la qualité, biodynamie ou pas, élevage selon des cycles parfois longs hors normes par rapport à la grande distribution ou en tout cas hors normes par rapport à une logique de rentabilité.

> – Les goûts changent avec l’espace et le temps. Tous les vins sont soumis à cette loi. Ceci implique que le travail du vigneron pour améliorer le produit de sa vigne n’a pas de fin
oui et non.
la diversité géographique, culturelle et donc gustative est réelle mais le succès des vins du nouveau monde prouverait presque le contraire…

> Ce qui me paraît intéressant également, c’est que le vin est en quelque sorte le modèle réduit de notre civilisation européo-méditerrannéenne pluri-millénaire.
Gabriel, demerde toi pour aller voir Mondo Vino, ca t’interessera vraiment si tu fais cette reflexion ci-dessus de culture europeo mediterraneenne.

> En étudiant le vin, son histoire, les actions humaines autour de lui, c’est en fait toute notre civilisation qu’on observe. Ce qu’il se passe dans le monde du vin aujourd’hui est exactement en ligne avec de nombreuses préoccupations d’aujourd’hui.
globalization, marketing mix…
ok mais préoccupation d’une elite quand meme qui a les moyens de tester, deguster, voyager, acheter, stocker et cuisiner…

> Les mécanismes du marché ont contribué pour partie à faire de vin ce qu’il est aujourd’hui, un produit souvent de haute qualité, fruit d’un grand savoir faire.
pas d’accord sur le souvent haute qualité. on tombe aussi souvent sur des déceptions ou des choses vraiment pas bonnes en matiere de vins.

Verres> Je ne parle pas de la passion du vin, qui évidemment ne relève pas du marché (mais peut être de la présence d’alcool et d’autres choses à définir).
et bien definissons les ! pour ma part :
– longueur en bouche
– aromes complexes
– souvenirs de facon générale : ce que je trouve remarquable dans le vin est son pouvoir extraordinaire d’evocation. Ne serait-ce que par les mots qu’on utilise lors des degustations… cela rappelle des souvenirs de voyage, d’enfance, de cuisine, d’odeurs de balades en foret, etc.
– et surtout, toute la convivialité qu’il y a autour d’une table lorsqu’on boit du vin. Le jour où j’ouvrirai une tres grande bouteille tout seul, je crois que je serai tres malade ou je serai alors le dernier survivant sur terre… ;o)

> Ces mêmes mécanismes aujourd’hui produisent un risque d’appauvrissement de la variété. Ca vaut le coup de les étudier afin de comprendre plus précisément la cause de ce retournement. (tiens ça rappelle la crise du disque et les OGM, la question de la variété…)
oui et non
le risque de diversité n’est pas si fort que ca selon moi si on continue d’investir dans la qualité et la communication/education

> Tiens, parlons d’Europe : il paraît que les vins de Hongrie sont excellents, bio et abordable… Qui en refuse ?
tu en as ?

> Comment combiner partage et variété ?
subventions ? ;o)

> Au plaisir de lire vos réactions.
pareil !

uu

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Débat autour du vin (la réponse de Gabriel)

Vins_1Mon invitation à aller voir Mondovino a lancé par email un débat intense autour du vin il y a quelques jours.
Avec l’aimable autorisation de leurs auteurs ;o) , je publie à partir d’aujourd’hui les échanges oenologiques que nous avons eu entre Gabriel, Roger et moi.

Vous trouverez déjà aujourd’hui ci-dessous la réponse de Gabriel sur ce thème (à venir ma réponse à Gabriel et celle de Roger !).

Bien sûr, je vous encourage vous aussi à contribuer à ce débat autour du vin en postant directement vos commentaires sur ce blog. Au plaisir de vous lire ! ;o)

Be cool, be open.

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Bonjour,

je ne l’ai pas vu et il est probable que je ne le verrai malheureusement pas, malgré l’intérêt qu’éveille ce docu. Il n’empèche que sa sortie a été largement couverte par les média à la fin de l’année dernière, à tel point que le docu semble largement éventé.

Je vous livre une petite réflexion autour du même thème.

D’abord un peu de provocation, auprès d’un collègue de travail, natif du cru, à savoir, de Dijon. Je lui déclarai : « le vin , c’est aussi un produit de grande consommation, quoi ! » Et là, brusquement, son visage s’est fermé. C’est péjoratif. Le vin ne peut pas à la fois relever de la catégorie « Marchandise » et de la catégorie « Tradition, art de vivre ».

Mais que met-on au fond dans ce mot valise qu’est « Le Vin » ?

La réponse n’est pas simple, car le vin a la complexité de son âge, soit plusieurs milliers d’années ; il est profondément imbriqué dans notre patrimoine culturel. Ca vaut aussi la peine de démêler un peu les écheveaux de cette imbrication, qui à les yeux fait la richesse du vin.

– La marchandise, dans certains cas, est devenu oeuvre d’art, ou du moins symbole d’art de vivre

Vin_amphore2_1– Mais la généralisation est difficile : le vin a été , est souvent un produit de négoce, obéissant aux règles de la concurrence, où certains ont pu pousser des produits faciles et bon marché, voire cracher du rendement ou frelater leur produit pour maximiser les profits. il n’y a pas que des amoureux de la vigne et du travail bien fait. Refaisant l’histoire, il est intéressant de noter les surproductions chroniques auxquelles la vigne s’est adaptée à grands coups d’arrachage de plans, depuis l’empire romain, signe d’un appétit lucratif ancré aussi profondément qu’un cep de vigne !

– La pression de certains regroupements vinicoles pour changer les lois en leur faveur ne sont pas sans évoquer une adhésion à une logique de marché que ceux-là même n’ont pas de honte à dénoncer en même temps

– La cohabitation a été plutôt fructueuse sur le long terme. Nos grands crus n’ont pas toujours été aussi bons et complexes. Le plaisir du consommateur (éduqué ?) n’y est pas pour rien

– Plus généralement, on aime le vin parce qu’on le trouve bon. C’est con, dit comme ça, mais ça montre que c’est d’abord le goût du consommateur qui fait le vin de demain.

– Les goûts changent avec l’espace et le temps. Tous les vins sont soumis à cette loi. Ceci implique que le travail du vigneron pour améliorer le produit de sa vigne n’a pas de fin

– Un de mes principaux plaisirs s’agissant du vin, et peut être le vôtre également, réside dans le fait de trouver un mariage réussi avec d’autres mets.

Tout ça pour dire que ce n’est pas un, mais des produits, qu’ils sont en devenir permanent sous l’effet du gosier et que c’est de la variété desdirections dans lesquelles ces produits évoluent que nous tirons le plus de plaisir (à qualité égale).

Vin_bas_relief_1Ce qui me paraît intéressant également, c’est que le vin est en quelque sorte le modèle réduit de notre civilisation européo-méditerrannéenne pluri-millénaire. En étudiant le vin, son histoire, les actions humaines autour de lui, c’est en fait toute notre civilisation qu’on observe.
Ce qu’il se passe dans le monde du vin aujourd’hui est exactement en ligne avec de nombreuses préoccupations d’aujourd’hui.

Les mécanismes du marché ont contribué pour partie à faire de vin ce qu’il est aujourd’hui, un produit souvent de haute qualité, fruit d’un grand savoir faire. Je ne parle pas de la passion du vin, qui évidemment ne relève pas du marché (mais peut être de la présence d’alcool et d’autres choses à définir).

Ces mêmes mécanismes aujourd’hui produisent un risque d’appauvrissement de la variété. Ca vaut le coup de les étudier afin de comprendre plus précisément la cause de ce retournement. (tiens ça rappelle la crise du disque et les OGM, la question de la variété…)

Le vin est il finalement victime de son succès d’image ? Peu se sont en effet plaints des exportations de grands crus français. Au départ, on les coupait au coca cola, mais à présent…. La généralisation de l’accès au vin a-t-il pour effet de rendre ce produit lucratif au point que des financiers s’y engagent au delà du mécénat (qu’on est content d’avoir) ?
Tiens, parlons d’Europe : il paraît que les vins de Hongrie sont excellents, bio et abordable… Qui en refuse ? Comment combiner partage et variété ?

M… je pensais faire une petite réflexion et voila que je m’étale.
C’est dire si le Vin est un prisme exceptionnel sur notre monde.

j’espère ne pas vous avoir ennuyé. Au plaisir de lire vos réactions.
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Gabriel

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Légendes des photos anciennes : Amphore romaine et Bas-relief romain représentant une scène de vendanges.

« Mondovino » et débat autour du vin

Affiche_mondovinoSur la recommandation pressante de notre caviste-sommelier-formateur de Nicolas (celui de la place de Breteuil, 15ème arrdt à Paris), Marie et moi partimes voir il ya 2 semaines un film documentaire qui s’appelle Mondovino.
Comme son nom l’évoque, il s’agit d’un documentaire sur le vin et plus particulièrement le monde du vin.

Est-ce qu’on a aimé ? Ben oui finalement, et ce malgré quelques longueurs.

Parce que cela dit, par la bouche de vignerons (de tous les pays d’ailleurs, du Languedoc à l’Argentine en passant par la Californie et la Bourgogne…) des choses intéressantes sur le vin, sur la vinification sans rentrer du tout dans les aspects techniques.
Parce que, même si on ne connaît pas bien le vin et le monde qui gravite autour (les oenologues-conseils par exemple), on apprend des tas de trucs sur le vin. En particulier on sent cette chose « immatérielle » qui fait du vin un « produit » si particulier et si spécifique.

Cela donne souvent à écouter de magnifiques perles du genre :

“Le vin est mort. Soyons clairs, le vin est mort.
Et pas seulement les vins, mais aussi les fruits. Les fromages…
Le vin, c’est une relation quasi-religieuse de l’homme
avec les éléments naturels. Avec l’immatériel.
C’est un métier de poète, de faire un grand vin.”
AIMÉ GUIBERT
40 hectares,
Appellation Mas de Daumas Gassac (Aniane, Languedoc)

Ou bien encore, celui-ci qui nous donne le vertige par sa simplicité, son ton direct qui nous projette à travers les siècles et les siècles :

“Nous ne devons pas nous laisser distraire par les chimères
d’un progrès qui n’apporte que ruines à lui-même et à la nature,
et souffrances aux autres. Ici en Sardaigne, on a une culture
millénaire. Nous devrions vivre en paix sur cette terre.
Et il y a de la place pour les autres.”
BATTISTA COLUMBU
1 1/2 hectares,
Appellation Malvasia di Bosa (Sardaigne – Italie)

Et enfin, celui-ci qui est absolument sublime de poésie et de puissance dans son message :

“Où il y a de la vigne, il y a de la civilisation.
Il n’y a pas de barbarie.”
HUBERT DE MONTILLE
Famille de Montille, 8 hectares,
Appellations Volnay, Rugiens, Pommard (Bourgogne)

MondovinoSi vous avez été sensibles à ces extraits de Mondovino, courez-y le voir.
Bon, il reste peu de salles qui le passent à l’heure qu’il est. Mais vous passerez un agréable moment !
Et puis il y a (anecdotiquement) une histoire de chiens que le réalisateur a filmé, une sorte de fil rouge impossible à raconter et qui est très drôle. ;o)

Voir ci-dessous le site du film Mondovino (ou cliquez sur les images de l’affiche de Mondovino) ci-dessus:
http://www.mondovino-lefilm.com/

Be cool, be open.