Mis à nUU en cinq actes

Raaah la la… qu’est-ce que j’aime pas les chaînes.

Après le premier coup asséné par Condorcée , puis le strip-tease de Marie-Dan’ [rien de choquant je vous rassure] puis la nomination unilatérale par Môssieur Jlhuss en personne, ben je m’y colle. Finalement.

Rassurez vous, je ne désignerai personne à mon tour, cherchant simplement à tarir cette chaîne très égocentriquement.

Alors quoi, qu’est-ce qu’elle a ma vie de particulier ?

Au départ, un malentendUU [de ma part] me laissait croire qu’il fallait raconter de l’inavouable.

Bon ben là, non, c’est pas possible. Hein, y a des enfants qui pourraient me lire. Alors…

Alors quoi ? Des choses extraordinaires ?

Euh ben, rien de de vraiment extraordinaire non plus, ma vie.

Juste le regard simple sur la beauté du quotidien, comme me l’a fait découvrir douce Marie à travers Mémoires d’une jeune fille rangée, ouvrage [de Simone de Beauvoir] infiniment poétique à sa manière.

Une chose vue par personne, faite par personne, mangée par personne ?

Une suite inédite du Kama-sutra ?

Un onzième commandement ?

Le premier être humain à se baigner sur une plage inconnue de tous ?

Ben non, rien de glorieux dans ce sens là.

Puis j’ai réalisé que c’était des choses à vous révéler que vous ne saviez pas encore sur moi.

Pourtant, y a déjà une catégorie spécialement égo-centrée sur mon blog.

Mais bon, rien de très marrant.

Alors, allons y.

Lâchons nous.

1. Je transpire des pieds. D’où les MACs [nan, j’rigole, les MACs n’ont rien à voir avec mes pieds].

2. De confession bouddhiste, j’ai été interviewé par un magazine… catholique [La Vie]. C’était en janvier 2004 à l’époque où l’on parlait beaucoup de discrimination positive, etc. Des succès et échecs de l’intégration à la française. 3 ans après, ça m’a fait drôle de relire l’article hier soir. La citation de mes dires [celle en fin d’article] m’a fait sourire. De joie. De bonheur. Je crois que je sais ce que je veux, mais le chemin est encore long.

3. Je détiens le record absolu de nombre de bols de riz ingurgités sur un repas, ainsi que celui de nombre de parts de pizzas [à l’époque où Môman faisait des pizzas maison]. Ze Big Bro doit encore s’en souvenir.

4. On ne dirait pas mais j’ai vraiment mauvais goût. J’adore le pain brioché, grillé, tartiné de vrais rillettes du Mans puis trempé dans un bon chocolat chaud Nesquik.Toute mon enfance se retrouve dans ce machin que beaucoup d’entre vous doivent trouver absolument répugnant. Aujourd’hui encore, je pourrais m’en régaler.

5. Enfin, je suis très amoureux de douce Marie. Parfois mais ça n’a rien à voir, je l’admire tant sur le plan personnel que professionnel. Ce que vous ne saviez pas, c’est que je ne sais pas vraiment lui dire.

Voilà, ma messe est dite. Amen[es le sel – il est tout juste midi passé].

Be cool, be open.

UU

La pensée du vendredi #19: Le rire, ambroisie des couples heUUreUUx

[Le Concours des Meilleurs Mots lUUs s’interrompt le temps d’une note qui s’impose à moi, comme souvent d’ailleurs – voir à la fin de la note. Rappel: Pour celles et ceux qui veulent participer, c’est possible tant que le dernier Meilleurs Mots lUUs ne sera pas publié. Les règles pour joUUer, c’est toujours …]

Hypothèse de travail : Le secret du bonheur [en couple] pourrait reposer sur quatre piliers fondateurs (*) dont le rire.

Prologue

Rire
Se poiler
Se marrer
Faire une blague
Se fendre la poire…

Introduction

Nous nous sommes rendus avec douce Marie et Choupi aux noces de diamant des grands-parents de douce Marie. Dans le pays gersois.

60 ans de mariage… Ca laisse rêveur…
Une question récurrente : Comment ?
Un corollaire : Pourquoi ?
Le secret de la longévité du bonheur [en couple] serait-il dans le rire ?

Aujourd’hui, j’appelle Bergson à ma rescousse [il apporte la plupart des éclairages philosophiques qui sous-tendent l’analyse du rire ci-dessous ; pour le reste, c’est une simple réflexion personnelle…]. Il va m’aider à vous expliquer ce pourquoi du comment…

1ère idée: Le rire donne un sens à l’élan vital de notre esprit.

Ce que j’adore quand on est en pays gersois [outre les victuailles], ce sont mes discussions avec le grand-père.

Des jeux de mots.
Des jeux de mots d’esprit.
De vraies pitreries, croyez moi.
Qui tournent à de véritables joutes verbales quelquefois.
Définitivement, le rire fait aborder la vieillesse avec plus de sérénité.

2ème idée: Le rire est profondément humain. Il côtoie le tragique.

L’Amoureuse

Elle est debout sur mes paupières
Et ses cheveux sont dans les miens,
Elle a la forme de mes mains,
Elle a la couleur de mes yeux,
Elle s’engloutit dans mon ombre
Comme une pierre sur le ciel.

Elle a toujours les yeux ouverts
Et ne me laisse pas dormir.
Ses rêves en pleine lumière
Font s’évaporer les soleils
Me font rire, pleurer et rire,
Parler sans avoir rien à dire.

Poème de Paul Eluard, in Capitale de la Douleur.

Derrière son apparence de superficialité, le rire permet d’accéder [mon hypothèse] au sens secret des choses. Il permet par le recul apporté d’aborder les sujets les plus graves. Et dans un couple, il y en a une ribambelle lorsqu’on a décidé d’ouvrir les yeux pour de bon.

Le rire, symbole démocratique du bonheur conjugal ?

Savoir pratiquer l’alternance, non pas politique, mais celle du rire et du tragique : voilà une idée de démocratie conjugale. C’est d’ailleurs la seule qui puisse, selon moi, valoir sur du long terme.

Car il est profondément nécessaire de voir la vie avec légèreté. Il est aussi nécessaire de l’affronter en restant droit, sans (trop) fermer les yeux. L’un permettant l’autre et réciproquement, comme deux siamois…

3ème idée: Le rire permet l’accès au plus profond de l’âme.

Alors pourquoi ?

Le rire est une rupture. Rupture par rapport à un continuum social. Par rapport à une masse homogène de rites sociaux partagés collectivement.

Le rire, en ce sens qu’il provoque cette cassure dans le masque que nous revêtons tous, à des degrés divers, permet la remise en cause. Permet la mise en perspective. Permet l’abolition de l’aliénation de notre sujet par rapport à nos angoisses, notre passé psychologique.

Le rire est l’antithèse de la vanité, de la rigidité mentale. Il corrige la pente glissante de la raideur sociale qui nous guette tous. Il remet ainsi la vie en mouvement grâce à cette plus grande fluidité qu’il apporte au quotidien. En cela, le rire nous écarte de la mort.

4ème idée: Le rire, pour décider librement d’être heureux et pour longtemps.

Le rire est alors symbole de liberté au sein du couple et incarne la prise en main de l’individu par rapport à son destin conjugal.

Car ne nous leurrons pas, le bonheur se construit. Il n’est que rarement servi sur un plateau.

N’est heureux que celui qui le veut et qui activement cherche à l’entretenir.

Selon Bergson, le rire manifeste un degré de détachement par rapport au seul souci de survie. Il y a, selon lui, dans l’humour comme dans la musique ou la peinture, une sorte de gratuité. Cette manière de regarder l’homme de manière détachée, c’est exactement ce qui convient pour regarder l’homme comme une œuvre d’art.

Le rire, très loin d’être fUUtile, apporte alors cette légitimité esthétique qui s’inscrit de façon pérenne dans le temps. Il apporte ainsi, selon moi, la démonstration que le rire au sein du couple lui donne alors un caractère durable voire atemporel. Et contribUUe à son bonheUUr.

 

 

Voilà en quelques mots, ma réponse à Juliette et à sa note.

Voilà en quelques mots pourquoi je sous-entendais chez Marie-Dan’ la confusion des genres entre amour et amitié. Car douce Marie est celle avec qui je me marre le plus, celle avec qui je m’entends le mieux. Comme une meilleure amie, l’amour en plus…

Bon ouik’ à toutes et à tous. Qu’il soit doux, romantique et … poilant ;o)

Be cool, be open.

UU

ps: Vient d’être mis en ligne le sondage ad hoc… [en haut à droite de ce blog]

(*) Les trois autres étant :
– le partage d’une même vision du monde [non pas au sens géopolitique, mais au sens des valeurs]
– la capacité de communication en son sein [aussi bien dans sa dimension d’écoute que la clarté de l’expression – fondamental pour gérer autant le quotidien que le long terme]
– l’aptitude au bonheur [cela passe notamment par une connaissance de soi profonde, de ses angoisses mais aussi de ce qui nous émerveille, l’un et l’autre – indispensable pour traverser les inévitables *crises de croissance* du couple]

13ans.jpg

[Légende photo: Célébration des 13 ans de notre premier baiser, Octobre 2006]

Un cri, un seul

Une histoire vraie.

Un jour, j’ai crié.

Vraiment.

C’était excessif.

Violent.

A croire que des cordes vocales avaient poussé en travers de mes tripes.

J’ai crié pour savoir si c’était la vie qui allait en sortir.

Ou non.

Je ne souhaite à personne de pousser un tel cri.

Il remue trop de choses en soi pour ne rien en faire.

Même si moi, ce cri, il m’a sauvé…

Je m’en rappelle encore.

C’était un soir d’automne en l’an 2000.

C’est à ça que j’ai pensé lorsque j’ai lu chez Mariedan’ « Je criais contre la vie ou pour elle. ».

Be cool, be open.

UU

note : Rassurez vous, ça va bien. Malgré le ton de cette note. Laquelle est sortie toute seule. De mon clavier. Comme un… petit cri, finalement.

ps : la bande sonore est un bootleg intitulé Godless in Kyoto [dandy Warhols vs. Air].

Une nounou viêtnamienne

J’en ai les larmes aux yeux.

Douce Marie y croyait pourtant, elle.

Depuis le début.

Elle n’a pas arrêté de me pousser, de me dire de me bouger.

Et tout d’un coup, tout s’est débloqué.

Après des dizaines d’entretiens téléphoniques…

Après un paquet d’entretiens en face en face avec des nounous potentielles…

Françaises.
Africaines.
Portuguaises.
Marocaines.
Viêtnamiennes [on en a vu 2 seulement]…

On vient de trouver la perle rare. Enfin, je crois.

Croyez moi, avec tous les critères que nous avions, on commençait à désespérer.

Ne serait-ce que sur la question de la sécurité dont il faut faire preuve pour garder un bébé…

On vient ainsi de confirmer notre proposition d’embauche.

Samedi prochain, on signe le contrat de travail.

On sera parents-employeurs…

D’une nounou viêtnamienne

parlant français
parlant viêtnamien
qui sait lire le français et le viêtnamien
qui a passé avec succès les tirs de barrage de nos 30 questions [véridiques…]
dont plusieurs questions pièges sur la sécurité, l’hygiène, les capacités d’initiative
qui a de l’expérience de garde d’enfants [10 ans]

qui semble aimer les enfants, du moins qui a de la tendresse pour eux
qui est formée et diplômée [institutrice en maternelle]
qui accepte de se déplacer dans le 9-cube, chez nous quoi
qui a la nationalité française et qui est donc en situation régulière
qui a des références qu’on a pu vérifier
qui a donc des anciens employeurs satisfaits
qui a déjà gardé des enfants eurasiens [père viêt et maman française !…]

enfin qui a réussi à enseigner le viêtnamien rudimentaire – celui que je parle – à ces derniers

On a cru rêver avec douce Marie…

J’avais écrit dans une note du 2 juin 2006: "Si seulement Choupinette pouvait parler [le viêt] comme moi, le pari serait gagné."

Aujourd’hui, cette douleur [de perdre ma langue ou plutôt de ne pas réussir à la transmettre] s’estompe.

Et ça me donne les larmes aux yeux.

Pas pour moi.

Pour Choupinette.

Des larmes de joie donc.

Car désormais, il sera *probable* qu’elle puisse plus tard parler viêtnamien.

Be cool, be open.

UU

ps: pour fêter ça, je commence aujourd’hui un cycle de photos que j’ai prises lors de mon voyage au Viêtnam en 2004.
Vn2004paysage1

[Légende photo: Jeu d’enfants sur une barque, dans la baie d’Halong]

      

De la fraîcheur, de son odeur et du mois de Juin, suspendu comme un jardin

[Légende musicale : Janis Joplin a la voix suspendue au dessus des cieux lorsqu’elle chante ‘Summertime’, ne trouvez-vous pas ?]

A cette époque de l’année, je devenais parfois mélancolique [je ne me rends compte de cet état que maintenant].

Epoque paradoxale de l’année où les cours prenaient fin très tôt en raison du brevet des collèges ou du baccalauréat ou plus tard encore des concours divers et variés. Mais période charnière où l’on ne partait pas encore en vacances.

On partait en fait peu en vacances. Parmi les souvenirs les plus heureux de mon enfance, ceux issus de notre maison [celle de mes parents] à la lisière des coteaux toulousains figurent en bonne place.

Faut dire qu’on n’avait pas le sou. Pas miséreux, non. Mais juste démunis par la rupture violente de la fin de la guerre du Viêt-Nam. On partait donc peu à cette époque où les liens ne s’étaient pas encore renoués avec les autres membres de la famille [les frères et sœurs de mes parents] aux Etats-Unis ou au Canada. Et avant que le pouvoir d’achat ne se reconstruise petit à petit, de façon besogneuse, année après année, pour pouvoir enfin reconstituer un noyau familial… outre-atlantique.

Avec les premières chaleurs et ces longues  journées prodigieusement belles [un ciel clair de Juin a un bleu si intense, n’est-ce pas ?], mon nez commençait à être titillé par un doux parfum si spécifique, annonciateur des grandes vacances.

Volets

Cette maison, celle de mon enfance, dégage un parfum si particulier [reconnaissable entre mille mais pourtant indescriptible] lorsqu’on ferme tous les volets, au nez et à la barbe de l’immense soleil rayonnant du Midi. Le bois surchauffé se mettait alors à embaumer nonchalamment à travers les portes fenêtres du salon plongé dans la pénombre. Et d’affirmer que la fraîcheur avait alors une odeur.

Cet instant est bien marqué dans le rythme des saisons et pourtant il flotte en apesanteur dans mes souvenirs en raison de ces sensations particulières.

Voyez vous, de la même façon qu’il existe des jardins suspendus, je trouve que Juin est un mois suspendu. Là, entre tous les mois. Au milieu de tous les autres. Jean Baudrillard ne dit pas autre chose, finalement, lorsqu’il écrit ceci :

Cool_memories_v_2
« Avec la chaleur de l’été revient ce hiéroglyphe plus mystérieux que la circulation du sang ou de la marchandise: le vol stochastique en ligne brisée de la mouche au centre  de la pièce, sous le lustre ou dans les rayons du soleil. » in Cool Memories V [2000-2004], de Jean Baudrillard.

Be cool, be open.

UU

Reflets de la vie

Vitres_paris

Vitre donnant sur le boulevard de Picpus, en face de chez Gudule, bon p’tit café dans le 12ème arrdt – Photo prise il y a qq jours, en fin d’après midi

 

Cette photo, j’ai essayé de la prendre une dizaine de fois, alors qu’on dînait à la terrasse du café. Constamment, mon regard revenait dessus, sur ces reflets.

Je ne voyais pas consciemment quel magnétisme ces fenêtres pouvait exercer sur l’objectif de mon appareil.

Hier, cela m’a sauté aux yeux.

Ces carreaux sont à la fois tous identiques et tous différents. Comme nos vies. Comme nous. Tous humains, mais si différents en raison de nos parcours, de nos expériences, des illusions qui nous bercent et nous font avancer.

Cette réflexion là est venue certainement [naturellement] à la suite de vos nombreux commentaires sur ma précédente note.

La chipie [commentatrice sur la précédente note] le disait : une chose nous réunit et nous rapproche tous, c’est cette réflexion [un jour ou l’autre] sur nos origines. La réponse qui est donnée par chacun est différente à chaque fois, suivant chaque cas particulier comme dirait notre chère Martha from London.

Et ces reflets d’être tous différents. Et heureusement [finalement].

HaïkUU des
reflets de la vie

Bercées
d’illusions
Nos vies
reflètent nos peurs
Comme un murmure…

Be cool, be open.

UU

ps : pour les personnes au fait de la religion, il y a certainement une inspiration bouddhique dans les mots utilisés pour ce haïkUU…

La pensée du vendredi #14 : La douleur de perdre sa langue

« Mais il en va d’une œuvre comme d’un arbre : plus les racines s’enfoncent dans la nuit dense de la terre, plus grand est le morceau de ciel que la ramure peut embrasser. »

De fil en aiguille, cette citation de Michel Tournier que j’ai dédicacée à Chantal pour son  commentaire sur ma précédente note, a fait son bonhomme de chemin. Pour s’arrêter sur un sujet difficile, pour ne pas dire douloureux.

Pour le coup, j’ai des sueurs dans les mains en écrivant cette note.

Parce que j’ai peur. Peur de ne pas arriver à transmettre ma langue maternelle. Cette langue que je parle avec un fort accent français.

Choupinette, saura-t-elle un jour parler viêtnamien ?

Oh que j’espère que oui. Pas pour moi. Mais pour elle. Bien des choses sont envisagées dès maintenant : douce Marie m’a légèrement rassuré en me disant qu’on pourra toujours faire prendre plus tard des cours de viêtnamien à notre Choupinette. Et qu’en sera-t-il si elle refuse ? Qu’elle rejette tout *ça* ?

La lecture ce matin de cet article du Monde, intitulé « L’impossible oubli de sa langue maternelle » [en date du 31 mai 2006 : lien grand public, lien abonnés],  a aussi contribué à aggraver mon angoisse.
[Merci à douce Marie de m’avoir signalé cet article, que je conseille vivement à tous ceux qui s’intéressent à cette question. L’article est clair et présente un bon travail de synthèse sur le sujet].

Car je crois une chose : que la langue est le véhicule d’une culture. De n’importe quelle culture.

Ainsi, comment expliquer le respect des personnes âgées et le culte de l’autel des ancêtres quand on ne sait pas [savoir – dans son assertion de « ressentir »] qu’il n’y a pas un mot pour dire « Non » en viêtnamien. Tout est en ellipse. « Oui, mais cela ne sera pas possible ». C’est ce qu’il y a de plus explicite pour dire « Non » en viêtnamien.

Et bien, je vous dis que ce micro-détail linguistique tient à lui seul un chapitre fondamental de la culture confucéenne.

Attention, le viêtnamien n’est bien sûr pas la seule langue où le « Non » explicite n’existe pas. Je ne le prétends pas… Je dis seulement qu’il forme un tout, indissociable les valeurs confucéennes – valeurs fondamentalement ancrées dans la culture viêtnamienne.

Pourtant moi même, j’ai rejeté cette langue pendant des années. Privilégiant, comme le décrit si bien l’article du Monde, l’intégration dans une nouvelle société plus moderne, plus contemporaine de mes nouvelles aspirations scolaires, académiques puis sociales.

Aujourd’hui, j’en suis revenu. Mon copain Lof, l’autre jour, me faisait remarquer [je n’en avais pas conscience] que depuis mon retour du voyage au Viêtnam en février 2004, je parlais systématiquement viêt dans les restos viêt. Même en faisant des fautes, c’est vrai que je ressens ce besoin de renouer des liens avec ma langue.

Si seulement Choupinette pouvait le parler comme moi, le pari serait gagné. Mais je le parle trop mal pour lui apprendre seul.

Ainsi, je ressens maintenant un besoin impérieux de défendre les restes [ruines ?] d’une langue maternelle dont je ne perçois la valeur que depuis quelques années. Auparavant, j’étais jeune et con. Aujourd’hui, il est trop tard pour pleurer. Même si cette envie ne manque pas.

Allez, bon ouikende cependant à toutes et à tous. Le temps s’éclaircit tout de même…

Be cool, be open.

UU

Bouddha_chinois_guimet

Légende : Bouddha chinois – Période [me rappelle plus…] – Vu au musée Guimet il y a qq semaines