Chronique polynésienne du 30 juillet 2007 – Ua Huka

[Note en aparté / Communiqué par Ossiane que je soutiens vivement dans sa démarche: « Depuis plusieurs jours, un mouvement de protestation s’est levé parmi un certain nombre de blogs du Monde et les visiteurs car Le Monde a voulu introduire dans nos blogs un nouveau type de publicité.
Le bandeau publicitaire qui se trouvait en haut de la page de nos blogs n’était pas une publicité classique mais une « publicité contextuelle » qui cible les visiteurs. Un robot analyse les articles publiés, les commentaires déposés de chaque page de nos blogs pour trouver des mots-clés qui l’intéressent afin de réaliser la « meilleure » publicité possible.
Il est anormal d’avoir à subir ce type de publicité dans une formule payante alors qu’elle est d’habitude réservée aux plateformes gratuites de blog.
Je ne sais pas si vous avez remarqué mais depuis hier, le petit encart publicitaire qui se trouvait dans le coin supérieur droit de nos pages de blog, a disparu suite à notre mobilisation. C’est un bon premier pas.
Cependant, il reste des inconnues quant à leur nouveau projet d’affichage de liens publicitaires sur nos blogs. En attendant des nouvelles du Monde, nous restons vigilants.
Si vous voulez nous aider, relayez les informations autour de vous, rédigez des articles sur le sujet, ou envoyez un ticket à partir de votre blog.
– Ossiane »]

*** DébUUt de ma note ***

Un balcon à la française, au bord du rocher.

Un clin d’oeil.

Plutôt un pied de nez.

D’une nature qui contiendra toujours les excès de l’homme.

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L’homme… Ce terrible prédateur aux pulsions dévastatrices…

Mais je m’égare.

Quand même… Comment résister à l’envie de se poser certaines questions ?

Comme celle-ci: L’homme – celui de sexe masculin – est-il impuissant face au mythe ?

Les Marquises ont été pour beaucoup la transfiguration de l’Eden perdu.

Pour beaucoup d’autres, ces femmes polynésiennes transfiguraient au sens premier une Eve fantasmatique que l’homme (encore lui) cherche incessament à re-posséder depuis le péché originel.

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On dit aussi que pour s’attirer leurs faveurs, il est souhaitable de leur offrir un coeur. (*)

Qu’il suffirait d’un coeur… de boeuf.

Aussi, je tends mon bras et en saisis un.

A pleines mains.

Oh rassurez-vous, rien de bien sanguignolant.

Là bas, aux Marquises, les coeurs de boeuf poussent sur les arbres .

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« A quoi tu penses ?

– A rien. »

Et si c’étaient ces femmes peintes qui avaient raison.

Et si c’était la Vérité.

Celle qu’on ne comprend qu’après bien des égarements.

Après bien des questionnements.

Des remises en question.

Et si ces mots – qui ne sonnent pas si creux que cela – formaient une porte dérobée.

Vers un Non-Lieu.

Un Non-Evénement.

Etre sans paraître.

Etre tout simplement.

Etre sans avoir rien à Faire.

Et si le Rien aboutissait au Tout.

Alors ne serions nous pas simplement plus sereins ?

Plus pleins [au sens de plénitude] ?

Plus en Vie ?

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Ce soir là, après avoir rejoint l’Aranui qui avait jeté l’ancre pas loin de la plage, on se préparait à la grande soirée polynésienne du bateau.

Tous les passagers étaient invités à s’habiller « polynésien » du mieux qu’ils pouvaient.

Et à faire spectacle (danses polynésiennes principalement, mais quelques danses hawaïennes également, en raison des passagères qui en sont originaires).

L’ambiance était festive.

Enjouée.

Pour ma part, avant que les festivités ne commencent vraiment, j’avais proposé à l’équipe organisatrice de la soirée de faire une lecture.

Une lecture introductive.

Une lecture représentative.

Une lecture symbolique.

De la force et de l’intensité que douce Marie et moi avons ressenti aux Marquises.

Alors, j’ai lu.

Devant la centaine de passagers.

Devant les dizaines de membres d’équipage.

J’ai lu et j’étais ému.

Parce que ce que je lisais était véritablement ce que je ressentais de plus en plus aux Marquises, au fil des jours qui passaient.

Je lisais parce que j’avais besoin de le dire.

Lire par nécessité en somme.

Ou mieux: par amour des Marquises.

« Térii ne cherchait point à dénombrer les saisons depuis lors écoulées ; ni combien de fois on avait crié les adieux au soleil fécondateur. — Les hommes blêmes ont seuls cette manie baroque de compter, avec grand soin, les années enfuies depuis leur naissance, et dʹestimer, à chaque lune, ce quʹils appellent leur âge présent » ! Autant mesurer des milliers de pas sur la peau changeante de la mer… Il suffit de sentir son corps agile, ses membres alertes, ses désirs nombreux, prompts et sûrs, sans sʹinquiéter du ciel qui tourne et des lunes qui périssent. — Ainsi Térii. » Extrait tiré des Immémoriaux, de Victor Segalen [cliquer sur ce lien pour lire les 5 premières pages du roman]

En fait, le grand sorcier marquisien, il était déjà en moi.

C’était lui qui disait ces mots à travers ma bouche…

Be cool, be open.

UU

(*) Ma façon à moi de me raconter des histoires, hein. Rien de bien véridique dans ce paragraphe outre mon imagination.

NdUU: Une note écrite en particulier pour Brig’ , pour la remercier de sa fidélité à mon blog et sa capacité à se fondre dans mes mots. Aussi abscons qu’ils puissent être – comme aujourd’hui. ;o)

6 commentaires sur “Chronique polynésienne du 30 juillet 2007 – Ua Huka

  1. merci pour les mots flatteurs, mais yeux battus encore de sommeil, cerveau en cours d’étirement matinal, Brigetoun ne trouve là que la sagesse réelle des femmes polynésiennes (une amie : fermeté douce et loin d’être sans pensée, mais elle ne se formule qu’en actes) et le plaisir de retrouver les Immémoriaux (avec le roman de Gauguin ce qui me vient à l’esprit quand je rêve aux Marquises)
    Revenir quand j’aurais émergé ?

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  2. >UU: j’ai enfin osé m’aventurer vers d’autres rivages et je ne suis pas déçu; j’avais peur sans doute de me noyer et de me perdre dans l’immensité de l’océan qui n’ ade pacifique que le nom mis à part l’hospitalité fréquente des archepiliens.
    Je pensai à La Pérouse perdu corps et bien à Vanuatou, je revoyai Gauguin mais aussi Paul émile Victor
    eh puis il y a Brel qui comme jamais les a chanté , les marquises. Alors je me hausse, je me hisse et j’ose, je tisse et je forme le voeu de ne pas mourir sans aller un jour m’y receuillir et y ceuillir à la rosée du matin la beauté sauvage et dans la forêt me prosterner devant les pierres des anciens et sans pouvoir déchiffrer les glyphes qui malgré les griffes du temps sont toujours visibles même si déchiffrables que par quelques rares initiés.

    Et quand Segualen qui a si bien réhabilité les Maoris est appelé à la barre, je tressaille, je vacille, c’est une référence absolue à une tradition qui plonge dans la nuit des temps et pour me convaincre encore une fois que je ne rêve pas , je me décille et j’oscille
    conscient de cette communion aux manes des ancétres
    et je comprend tout le caractère sacré qu’y s’y rattache.

    Merci à toi et à bientôt sur le blog d’ossiane

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  3. Brig’>> Brume du matin annonce généralement un bel après midi ensoleillé. Du moins dans des contrées avantagées par la nature comme le Comtat Venaissin. ;o)
     
    Thierry> Très bienvenUU par ici. Merci de partager ici tes émotions et tes références personnelles. Oui, les Marquises portent une empreinte indélébile à celles et ceux qui font la démarche d’aller à leur rencontre. Un truc dingue difficile à expliquer, mais je m’y efforce dans mes notes.
    Jour après jour, mes chroniques marquisiennes semblent devenir plus « ésotériques », mystérieuses ou même vaguement « planantes ».
    Mais c’est cette empreinte indélébile justement que j’essaie de retranscrire. Et qui se renforce alors que le temps nous éloigne inéluctablement de ce périple.
     
    LaTartine>> Ah la bibliographie polyénsienne… Elle est « toute faite » dans un cadeau que m’avait fait Annie-Claude, très gentiment. Cet ouvrage regroupe un grand nombre de références littéraires au sujet des voyages en Polynésie. A partir de là: tu découvres tout le reste par toi même. Mais les grands titres auteurs restent Segalen et Herman Melville (Taipi, notamment).
     
    Djamel>> Ben alors. Chat va pas ? Bon, je m’en vais te rendre une p’tite visite… Gros bisoux à vous trois…
     
    Cliquer .

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