Chronique polynésienne du 29 juillet 2007 – Tahuata

« Je vous salue, Marie, pleine de grâce »…

Dite en maohi, la prière a de quoi surprendre.

Sans parler du Pater Noster.

Mais bon, avec les vitraux peints à la mode locale, tout cela se fond bien dans une atmosphère relativement joyeuse avec les chants et la guitare omniprésente durant la messe. Et finalement très respectueuse de la chose religieuse.

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Mais la vraie allégeance, j’aurais tendance à dire qu’elle est ailleurs.

Envers la culture maohi.

Il n’y a qu’à voir la vigueur, la force voire la rage que mettent quelques jeunes dans les villages à danser le haka.

Celui là va sur ses 7 ans.

Il a 7 ans et il va guider la troupe des hommes de son village au prochain festival des Marquises à Ua Pou.

Il a 7 ans et il va diriger une bande d’hommes forts, costauds comme il faut pour soulever leur pirogue avec un petit doigt.

Il a 7 ans mais son coeur porte les mille ans d’une culture transmise oralement depuis la nuit des temps.

Croyez moi ou non, cet âge ancestral se lisait dans son regard.

Et dans cette photo aussi.

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Remis de nos émotions de danses marquisiennes, nous partîmes à la plage des coraux.

Non mais parce que faut pas lire tous mes récits en diagonale.

Les Marquises, c’est pas le plus beau Paradis sur terre.

C’est un paradis certes.

Mais ça manque sacrément de plages avec du sable blanc.

M’enfin, ceux qui me connaissent auront déjà compris qu’on ne vas pas aux Marquises pour ses plages de sable blanc [y en a pas vraiment], ni d’ailleurs pour ses plages de coraux qui piquent les pieds et les fesses [ça, y en a pourtant un paquet].

On va aux Marquises, pour les Marquises.

Pour toucher du doigt un paradis qui nous reste inaccessible.

Et c’est cette dualité entre proximité et distance qui rend les Marquises si attachants.

[Ouh ouh… y a encore des lecteurs qui suivent là ?… ;o)]

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Peu après, l’Aranui avait jeté l’ancre en contrebas.

Nous étions partis loin derrière les autres passagers pour cette courte promenade.

Cela nous a permis de nous retrouver seuls avec Sweet Mary en haut de ce belvédère.

Et nous laisser aller à la contemplation béate de la beauté du paysage marquisien.

Coincé entre la rudesse de la montagne et l’arrogance de l’océan.

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Il m’était alors apparu aux Marquises que notre expérience sensible du monde semblait ainsi se structurer par une succession de dualités que nous sommes amenés à affronter – à l’insu de notre plein gré parfois.

Est-ce là une explication du sens donné aux Marquises, en maohi: « Te Fenua Enata » ? Autrement dit « La Terre des Hommes ».

J’aurais bien aimé trouver à qui poser cette question.

Un grand sorcier marquisien assurément.

Be cool, be open.

UU

9 commentaires sur “Chronique polynésienne du 29 juillet 2007 – Tahuata

  1. toute contente là – tu es discret comme une violette (pardon pas trouvé la comparaison masculine) mais je viens de te voir sur « as tu bien pris tes comprimés » – j’étais un peu frustrée.
    Impeccable mon cher, y compris dans ta façon d’exprimer ta possibilité de regard différent.
    toute fière en te regardant et t’écoutant – me demande bien pourquoi

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  2. UU, joins-toi à nous en rédigeant une note et en envoyant un mail au Monde pour protester contre ces publicités envahissantes. François vient de rédiger un billet de protestation sur son blog. On peut fait bouger les choses à condition de s’y mettre tous ensemble. Pour ma part, je mets un lien sur mon blog vers tous les articles consacrés au sujet. Il faut que la liste s’allonge. Bien à toi.

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  3. N’y a-t-il qu’un seul passager de cette croisière en cargo mixte qui puisse continuer à gaver le Monde de ce phantasme de Paradis ?

    IGNORANT LA TRAGEDIE QUASI FATALE POUR CE PLEUPLE JUSQU AU MILIEU DU XXIEME SIECLE ?

    IGNORANT CE QUE BREL A CHANTE

    eST-ce que parce qu’il paie plus de 2000 euros son voyage, le touriste a tous les droits consuméristes et de se laisser aller à tous les clichés, à tous les stéréoptypes ?

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  4. Djamel>> Soyons précis. Tu parles d’acide chlorhydrique ?… ;o)

    Brig’>> Ravi de te voir toujours présente. Prompte au commentaire !

    Sweet Mary>> Merci ! Quand tu veux, tu reviens ici ;o)

    Ossiane>> Euh oui, je suis d’accord. Le temps me manque un peu. Dans ma prochaine note, j’en ferai part. Promis.

    Purutaa>> Au fait bienvenu ici, sur ce blog. Bon, là, ça devient plus complexe comme commentaire. Je ne suis pas sûr de tout comprendre dans tes allusions.

    Pour ma part, douce Marie et moi avons été très touchés par la quasi extinction du peuple des Marquises au début des années 1900 (sauf erreur de ma part, autour de 1920, on dénombrait environ 1200 âmes aux Marquises, contre 100 à 150.000 âmes marquisiennes qq siècles auparavant, après leur découverte fin 16ème siècle). Aujourd’hui, la population s’élève à qq 10.000 habitants, je crois.

    Et en effet, le renouveau de la culture marquisienne est quasiment un miracle au regard de cette tragédie humaine (maladies, alcools, armes à feu, guerres, souvent « importés » par les Européens). Lequel renouveau se voit heureusement avec le succès du festival des Marquises. L’existence de précieux travaux d’archéologues allemands menés au cours du 19ème siècle et début 20ème y est pour beaucoup aussi puisque c’est grâce à eux que l’art du tatouage a pu être « retrouvé ».

    Bon cela dit, j’espère que mes clarifications te permettent de mieux comprendre notre point de vue, à douce Marie et moi. Encore une fois, je ne suis pas sûr de comprendre tous les tenants et aboutissants de ton commentaire, cher Purutaa…

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  5. vous savez vous pouvez tous garder vos commentaire car sur les marquises il faut vivre ou au moins y séjourné quelques temps pour pouvoir apprécié ce peuple ces magnifique paysage et ces somptueuses églises car la sensation que l’on éprouve moi je vous le dit il n’y a pas de mot ni de sensation juste du bonheur ancré en nous pour toujours.

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