Marche funèbre pour des lendemains qui ne chantent plus

Depuis bien des années, notre monde [occidental] vivait de manière relativement paisible… jusqu’au 11 Septembre 2001.

Le lendemain, nous nous sommes tous réveillés, avec la gueule de bois mais surtout avec l’impression d’avoir fait un terrible cauchemar…

Les lendemains ne chantent plus, mais ce silence insupportable
et déchirant que j’ai vu, entendu en allant moi même sur le site de
Ground Zero en 2004, devait absolument être rempli par de la [belle] musique, précieux  pansement de
l’âme meurtrie.

Pas d’images.

Trop vues partout.

Presque insupportables.

Place au silence.

Place à la musique.

Place au recueillement.

Le morceau musical que vous pouvez écouter est le Troisième Mouvement de la Symphonie n°1 "Le
Titan" de Gustav Mahler, repris dans son intégralité, soit environ 10
minutes [car ce morceau là, il faut l’écouter non pas sur
l’ordinateur mais sur la chaîne de votre salon, avec un dispositif qui
prenne soin des profondes notes graves de ce superbe mouvement].

Cette marche funèbre, particulièrement impressionnante, en reprenant le gimmick enfantin de Frère Jacques, montre ô combien notre monde a grandi d’un coup, en l’espace de quelques heures.

Un choc traumatique qui fait oublier d’un coup l’insouciance de l’après Guerre Froide.

Commençait alors une nouvelle ère avec ses promesses de fidélité éternelle, de responsabilités assumées… et qui aurait dû nous faire passer directement à l’âge adulte.

Un âge où notre monde prendrait soin de lui même, aurait plus confiance en lui et saurait paisiblement s’épanouir en se pardonnant. Et surtout en n’ayant plus peur de l’avenir.

Il n’en a pas été grand chose. Notre monde reste empêtré dans cette phase d’adolescence rebelle où on ne veut assumer ses propres choix.

C’est bien triste.

Comme lorsque vous vous asseyez à côté de votre meilleur ami et que vous vous rendez compte que vous ne pouvez plus rien pour le réconcilier avec lui-même.

Le haïkUU des lendemains qui ne chantent plus.

Marche funèbre
L’âme effondrée et blessée
Nous sommes poussières

Be cool, be open.

UU

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29 commentaires sur “Marche funèbre pour des lendemains qui ne chantent plus

  1. oui UU tant de tristesse et j’écoute Mahler… n’ai pas le coeur à en écrire plus, d’autant que même si je parle d’amours, à lire entre les lignes mon texte n’est pas aussi optimiste qu’il n’y paraît…
    Bisous à la Choupinette

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  2. Malher pour les victimes, leur peur, l’effroi, le courage des sauveteurs, et silence.
    Quoi pour ceux qui en ont immédiatement profité pour retrouver une guerre, un fractionnement de nous êtres humains en deux camps ?

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  3. Je ne comprend pas pourquoi il faut être triste…

    Que sommes nous sencés attendre de l’age adulte ? La fameuse fin de l’Histoire ? Non merci.
    Oui les hommes s’entretuent, et dans des proportions bien moindres qu’au debut du siecle, ou encore du siecle precedent. 11 septembre ou pas 11 septembre.

    La seule nouveauté, c’est la dilapidation de nos ressources limitées, et la degradation des conditions de vie à moyen terme. Et cela ne date pas de 2001, ni meme de 1989. Le niveau de prise de conscience augmente au fil des générations. Peut être qu’il est déjà tard, et que les générations ont déjà beaucoup perdus, mais bien malin celui qui pourrait dire que tout est perdu.

    Pour moi, à coté du probleme climatique, la menace terroriste, ou meme le fanatisme religieux n’est qu’un epiphénomène. 11 septembre ou pas.
    Le terrorisme vit sur l’exagération de son processus. Et bien méprisons les

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  4. Visite de New-york dans les années 90, merveilleux souvenir de cette ville multi-culturelle et ethnique…
    Même si les US sont excessifs parfois dans leur comportement, cet évènement qui pour moi dépasse l’entendement m’a rempli d’effroi, …il ne faut pas oublier ces victimes là, même si toutes les êtres opprimés dans le Monde sont à considérer en intégralité.

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  5. marie.l>> Je t’ai répondu chez toi… en lisant entre les lignes, on ressent autre chose en effet.

    chère brig’>> merci d’avoir répondu à Benjamin…

    Augustin>> Ben oui, c’est par cycle. Euh, sinon je suis plein de bonheur [heureusement] grâce à notre Choupi… Même si ça ne se lit pas, là.

    doc Huff>> Ouais, t’as raison. En fait, j’ai plutôt hésité entre Mahler et Stéphanie de Monaco ‘Comme un ouragan’ [Katrina…sic]

    Benjamin>> Le relativisme systématique n’est pas une solution non plus. On ne peut relativiser en raison du nombre de morts. En cela, le tsunami devrait sinon être plus grave que le 11 Septembre. Oui et non. Bien sûr que le drame humain crève les yeux après le tsunami. Bien sûr le Sida est un scandale éhonté en Afrique [du Sud – ces derniers temps].

    Mais la volonté de détruire qu’il y avait derrière un acte planifié de terrorisme a un côté effroyable, l’antithèse d’une civilisation.

    Quand tu compares par rapport à des conflits passés, je comprends que partiellement ton commentaire. Notre histoire se construit avec le temps. Et la démocratie aussi par la même. Et on ne peut tolérer au fur et à mesure que nous sommes moins « barbares » de tels comportements humains.

    Je ne sais pas ce que tu ressentais le 11 ou le 12 septembre en regardant ces images. Personnellement, j’avais envie de pleurer. Tout simplement.

    Pour ces raisons là, il n’est pas déplacé d’être triste.

    Et ce, quand bien même il faudrait acheter un bouquin à GW Bush : « Diplomacy and International Affairs for Dummies ».

    Les américains ne sont pas tous comme Bush. Pour cela, il faut témoigner comme le fait Brig’ un respect à l’égard des survivants, des familles des morts et des sauveteurs [au péril de leur santé au demeurant].

    Myblogforyou>> On ne pouvait faire plus symbolique avec NY. Je ne connais personne qui n’ait pas été enthousiaste après un séjour new-yorkais.

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  6. Oui naturellement, le 11 septembre est un drame humain et de civilisation. et moi même j’ai été profondement choqué.
    Mais ensuite il y a la reaction : elle doit être reflechie et sans concessions par rapport à ses valeurs.
    Et cela implique également de prendre la mesure de ce qu’est le terrorisme. d’où mon discours. et mon mepris. Si je n’avais qu’un mot, cela serait celui de Cambronne.

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  7. Je partage pour partie l’opinion de Benjamin. Moins de catastrophisme, que diable, mon cher UU ! ;)))
    Il est vrai que l’on n’a guère de quoi se réjouir facilement de l’état du monde et de notre pays dans l’actualité, surtout au vu du traitement qu’en font les médias journaliers, qui recherchent uniquement les drames et ce qui frappe les esprits. Du populisme, et de l’efficacité « en barre » quoi, pour nos cerveaux (supposés) fatigués de complexité.

    Du coup, on n’a guère accès facilement aux bonnes nouvelles, sauf à lire des articles de fond dans des mensuels, magasines spécialisés divers, études diverses…
    Bref, ne cédons pas au catastophisme des médias, que tu critiques souvent. Ce serait faire leur jeu, et subir leur manipulation. Entrons en résistance !

    On a besoin d’un peu d’optimisme au contraire. Halte à la théorie du déclin, ou on va tous finir par sauter par la fenêtre ! (même s’il faut aussi avoir le courage de regarder en face la triste réalité, lorsqu’elle est triste).
    L’optimisme (mais pas l’angélisme) et le volontarisme, ce sont justement les qualités que devraient avoir, à mon sens, les nouvelles personnalités politiques et notamment ce fameux messie que tu appelais de tes voeux récemment dans une note.

    Pour en revenir au 11 septembre et pour ne pas se contenter de relativisme (comme tu le dis justement), cet attentat avait un côté absolument glaçant d’horreur, de par cette froide folie planificatrice et suicidaire, nourrie par la haine.
    L’homme qui dirige les instruments de progrès contre ses frères, et contre lui même, puisqu’il s’agit d’un acte kamikaze. Tiens, je viens justement de lire aujourd’hui dans une revue pour parents débutants 😉 qu’une des premières règles à inculquer à un enfant est le respect de soi, et l’interdiction de se mettre en danger soi même. Mais arrêtons les digressions.

    Je disais donc que l’homme détourne un progrès technique, qui concourt au bien être pour en faire une arme de mort, de destruction (relativement) massive.
    Son côté volontairement symbolique et frappant a tout à fait atteint son but.

    Quand on voit ces images, on se prend effectivement à se dire que l’humanité est barbare.
    Et l’homme n’étant pas (seulement) un animal, il ne peut que réitérer son effroi devant chaque acte de barbarie. S’habituer à la barbarie et ne plus s’en horrifier serait absolument terrifiant. Le début de la fin. Gardons intact notre capacité à nous horrifier de la barbarie, comme au premier jour (quoiqu’acquis ou inné, il y aurait là matière à débat…). Ta note, en la matière va tout à fait dans ce sens.

    Mais comme le dit Benjamin, malheureusement, ce n’est pas la première fois, ni la dernière que l’humanité est barbare, même si on souhaiterait juguler et encadrer cette barbarie.
    On a bien tenté de déclarer la guerre hors la loi, on s’est même dit que c’était formidable et qu’on atteignait un degré supérieur d’humanité, mais on constate malheureusement, que quelques années à peine après ses beaux édifices juridiques internationaux, la fin a justifié les moyens et que les beaux préceptes ont été foulés par les puissances, à commencer par les USA, en Irak par exemple.
    Bien sûr, tout n’a pas été effacé, et il en reste quand même l’idée que les USA ont enfreint une règle, et que donc, c’est mal !

    Quant à la question du sens de l’Histoire, que tu sembles adopter dans ta note, par ta métaphore de l’Histoire qui devrait suivre la croissance et le développement d’un être humain (enfance, adolescence, âge adulte), c’est effectivement une théorie qui existe, comme d’autres penseurs estiment qu’il n’y en a pas vraiment.

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  8. Deux visions du même monde…

    Bon, je vais dormir, réfléchir au long commentaire de douce Marie, ainsi qu’à ta réponse, Benjamin. Parce que pourquoi dire m**** ? Et à qui ?…

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  9. Selon ses orientations politiques, on peut aller très loin dans le m**** !

    Il peut être simplement destiné aux terroristes, voir aux systèmes politiques qui les soutiens, ou encore au système médiatique, voir la société du spectacle de Guy debord.

    Ce que voulais simplement dire : les terrorismes n’attendent que le catastrophisme spectaculaire; sachons leur répondre les remettre à leur place par des mots appropriés. Et laissons les victimes en paix.

    pour comprendre une partie du fond de ma pensée voir sur le blog de ckck :
    http://la_page_de_ckck.blog.lemonde.fr/la_page_de_ckck/2006/09/premires_impres.html

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  10. Benjamin>> Merci Benjamin pour le lien. Je n’avais pas encore vu cette note de Ck…

    Je comprends mieux ton point de vue. Cela dit, et là, je crois que tu vas me trouver lourd avec mon sens de l’Histoire, l’évolution vers la société de l’image est irréversible.

    Notre société a intégré aujourd’hui totalement ses dimensions de société de l’information [instantanée] et de l’image. Ces deux axes formant le terreau dans lequel a germé le projet du 11 septembre.

    On peut critiquer la société, notre société, pour ses dérives pour le spectaculaire. Mais ce sont ses membres qui en demandent et en redemandent.

    Qui n’a pas la télé ? Qui n’a pas Internet [1 Français sur 2 je crois maintenant] ?

    Pour être informé, pour être abreuvé de trop d’infos, de trop d’images.

    Par ailleurs, Las Vegas existe parce qu’il y a des touristes pour y aller. Et idem pour ce foutu journal de 13h sur TF1. Si seulement il n’y avait pas de spectateurs…

    Ton argument est louable et se respecte.

    Comme l’écrit douce Marie [qui fait aussi écho à tes justes remarques], il faut donner un cadre à tout ça. Malheureusement, le droit pénal international a bien du mal à décoller. Plus dure est la chute.

    Cela dit, il faut de tout pour faire un monde. Douce Marie donne dans son commentaire à mon avis le point de vue d’équilibre.

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  11. Pour le droit international publique ou pénal, je pense aussi qu’il ne faut pas trop vite les enterrer.
    Et des progrès énormes ont été effectués depuis leur début.
    Le simple fait que certaines attitudes ne soient dersormais considerées comme inacceptables. cela montre une prise de conscience, et une evolution des esprits.

    Et si les resultats de l’ONU peuvent decevoir, et qu’elle peut être critiquée par son obsolescence; on oublie que c’est déjà essentiel qu’il y ait cette sphère de dialogue depuis maintenant 60 ans, qui previent énormément de conflits, par simple jeu des rencontres. ce n’est pas rien.
    N’oubliez pas dans quel monde d’autistes nous vivions en 1914.

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  12. Moi je n’ai pas la télé.
    Et si j’ai internet ce n’est pas pour y zapper.
    Ne confondons pas : ce ne sont pas les techniques qui changent l’homme mais l’homme qui invente les techniques qui lui plaisent.
    L’époque est au jeunisme, au je-m’en-foutisme et au zapping ado, tu as parfaitement raison, UU, grâce à la génération 68 (cf.livre de Patrick Rotman et x, « Generation ») – celle qui, aujourd’hui, nous fait leçon de moralisme partout. On n’a que ce qu’on mérite, au fond.
    Ne regardez plus la télé, laissez les images aux manipulateurs d’émotions. Réfléchissez, comme tu le fais, UU. Bon exemple. Ce sera déjà ça.

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  13. douce Marie>> ça y est, je viens de finir de te lire… ;o)

    Je me range à tes côtés et à ceux de Benjamin quant à donner une autre image médiatique du monde.

    Dans el lien donné par Benjamin, on y lit qu’il souhaite qu’on ne fasse pas que dénoncer l’horreur et la misère, mais qu’on puisse aussi faire la promotion, disons de valeurs positives.

    Je ne peux qu’abonder dans ce sens. Pas d’angélisme non plus. Mais c’est vrai qu’il n’y a pas que des mauvaises nouvelles.

    Pour le sens de l’histoire, disons que je ne vois de façon inéluctable une évolution positive de l’Histoire.

    je ne crois pas les yeux fermés à la théorie ni du déclin, ni du progrès continu de notre civilisation humaine.

    Pour autant, je ne crois pas non plus à sa stagnation.

    Ce qui importe finalement, et peut-être est-ce une façon de mieux formuler ma pensée, que l’Histoire, si elle évolue ainsi par le passé, c’est qu’il y a un sens. Plus précisément, c’est même un devoir moral que de donner un sens à l’Histoire.

    Je crois avoir trouvé un endroit qui le formule clairement: lire le paragraphe Wiki sur la perspective kantienne de l’Histoire.

    Disons

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  14. argoul>> des fois, malgré mon âge [encore modestement jeune], j’ai l’impression d’être un vieux con, de pas être dans cet air du temps qui nous étouffe [société du spectacle, de l’apparence, du consumérisme, pire du moindre effort, etc.]
    C’est grave docteur ?

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  15. Je suis assez d’accord avec l’idée d’une perspective kantienne, à ceci près que cela ne doit être une négation de la diversité culturelle.
    En donnant un sens, il y a toujours le risque dele faire en niant d’autres sens.
    Il faudrait une perspective kantienne relative ?

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  16. douce Marie>> Attention, tu approches la zone grise… je vais devoir bannir ton IP car sinon le modérateur dumonde.fr va me remonter les bretelles pour propos provoc’ sur mon blog !! ;o)

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  17. ô argoul il y a plusieurs générations de 68, la mienne n’était pas au zapping mais au repli sur un groupe, à la déconnexion du monde marchant… sauf moi parce que j’avais besoin de bouffer et rien derrière.
    Mais en désertant, ou en choisissant un militantisme tout aussi coupé de la vie courante, nous avons en effet laissé la place aux publicitaires en tout genre.
    pas de télévision, zapping sur le net au début parce que la distraction est un outil de survie par moment, je reste imperméable au jeunisme sauf dans l’espoir que je mets dans certains jeunes

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  18. Après lecture de ta note UU et des nombreux commentaires, je suis de plus en plus satisfaite d’avoir choisi, en accord avec Roméo, de refuser la télé (cf une note ancienne sur le sujet)…. Tous les 11 septembre j’ai toujours une tristesse particulière à me souvenir du 11 septembre 1973 qui a marqué la chute programmée par les USA de Salvador Allende le démocrate chilien et l’horrible répression qui a suivi avec la prise de pouvoir du général Pinochet… Ne l’oublions pas
    amitiés, Juliette

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  19. Je prends enfin le temps de lire, note et commentaires.
    Mon apport ne va pas changer grand chose aux arguments échangés, bigrement intéressants.

    Ce qui m’a marquée ce fameux 11 septembre, et les jours qui ont suivi, c’est que le monde occidental n’était absolument prêt à cette nouvelle forme de guerre. La guerre partout, invisible, permanente. Tout autre chose que les tanks, les missiles, les généraux, etc. sur lesquels s’appuient toutes les armées « normales ». Les terroristes ont bien compris que tout peut devenir arme, à condition que l’évènement soit médiatisé.
    En gros, si je caricature, l’occident et sa téloche pris à son propre piège. Le culte occidental de l’image au service de causes terroristes. Donc le monde à l’envers. Et ça, « on » n’est pas prêts à s’en remettre.

    Et puis, on a le droit d’avoir des émotions. Je peux le dire ici ?
    La première fois que je suis allée à New York, les tours étaient en construction (impressionnant, les étages du bas étaient quasimment finis que la structure du haut était encore en plein chantier). Le guide qui nous accompagnait pendant le tour de Manhattan en bateau insistait bien sur le symbolisme de ces tours.
    Et puis, quelques décennies plus tard, plaf. J’aurais pu regarder en boucle ces images de tours qui s’écroulent, et comme d’autres j’étais incrédule et surtout émue.

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