MAC 37 (2ère partie) – « Au milieu de l’hiver, j’apprenais qu’il y avait en moi un été invincible » – Grand concours 2005 des meilleurs mots lus

[Suite de la 1ère partie…]

Une note hommage à Elisanne (aka double je) et à son MAC (le MAC#37 !).
Hommage à ses beaux mots sur son blog.
Hommage à son éloge écrit du monde sensible, de la vie en général.
Hommage qui met donc naturellement en avant les mots.
Les mots dans toutes leurs assertions [du moins celles qui ont traversées mon esprit].
Une note complexe.
Sans queue ni tête.
Prenez votre temps.
Et surtout partagez vos mots [Le grand concours 2005 des meilleurs mots lus !!!].

Sommaire de la 1ère partie [publication précédente]
Mot dit
Mot pensé
Mots cherchés
Le prénom relatif
Les mots du MAC 37

Sommaire de la 2ème partie [publication d’aujourd’hui]
L’Annonciation : des mots sous la forme d’une peinture
L’anthropomorphisme des mots
Mots chantés
Mots rêvés
Mots lus
Et pour conclure : Grand concours 2005 des meilleurs mots lus

L’Annonciation : des mots sous la forme d’une peinture
Le mot sous la forme d’une image.
Pas n’importe laquelle.
Une peinture.
Pas de n’importe qui.
Fra Angelico.
La grâce.
La sérénité.
L’apaisement.
L’illumination.
Sous son pinceau.
Annoncer. Dire. Partager.
Finalement, parfois, il n’y a pas besoin de mots. Parfois.

Fra_angelico_annonciation_san_marco_flor
Légende : L’Annonciation – Fra Angelico – Couvent San Marco (Florence)

L’anthropomorphisme des mots
Marche_empereur_1La Marche de l’Empereur est devenue aux Etats-Unis le symbole de la lutte active que mènent les fervents défenseurs de l’Intelligence Design.
Prêter la voix d’un homme (celle de Morgan Freeman) à des manchots, quand bien même ils sont empereurs, a suffi pour que les créationnistes y voient la preuve de l’existence de Dieu.
Bon d’accord, je simplifie et exagère.
Quoique…
Des mots anthropomorphes, signes tangibles des mots divins ?

Avec le centenaire de la respectable loi de 1905, peut-on réinventer notre société en instaurant une véritable séparation des mots ?
D’une part, ceux à usage de l’humanité et d’autre part, ceux à usage des fanatiques.
Ces derniers seront alors moins dangereux à ne plus pouvoir parler à mots couverts.

Mots chantés
Cet été, douce Marie et moi nous promenions à travers les vagues arides des Crete Senesi. On avait en tête de nous arrêter à San Quirico d’Orcia. Lieu rêvé pour ses splendides couchers de soleil toscans.

Mais arrivés sur place, cUUrieux de la foule amassée devant cette Collegiata que nous voulions visiter, nous nous informions de l’événement. Un récital. Des Lieder de Schumann plus précisément. Après je ne sais plus quel concerto de Mozart. Peu importe. Car l’émotion fut bien au rendez-vous de ces mots chantés, pas de Mozart.

La Dichterliebe, inspirée à l’origine par Heinrich Heine, forme un ensemble poétique de 16 tableaux chantés, 16 Lieder, 16 panneaux poétiques.

Trois extraits. Pour partager notre émotion.
[N’oubliez surtout pas de cliquer sur chaque Lied. Une surprise sonore vous y attend.]

Listen and enjoy.

Lied #1. Im wunderschönen Monat Mai, [1. En ce merveilleux mois de mai]
Als alle Knospen sprangen, [Où naissent les bourgeons,]
Da ist in meinem Herzen [Voici que dans mon coeur]
Die Liebe aufgegangen. [L’amour s’est éveillé.]

Im wunderschönen Monat Mai, [En ce merveilleux mois de mai]
Als alle Vögel sangen, [Où chantent les oiseaux,]
Da hab’ ich ihr gestanden [Voici que de ma flamme]
Mein Sehnen und Verlangen. [Je lui ai fait l’aveu.]

Lied #10. Hör’ ich das Liedchen klingen, [10. Lorsque j’entends la chanson douce]
Das einst die Liebste sang, [Que naguère chantait ma mie,]
So will mir die Brust zerspringen [Mon cœur se briserait]
Vor wildem Schmerzendrang. [Tant la douleur l’étreint.]

Es treibt mich ein dunkles Sehnen [Là-haut, bien loin dans la forêt]
Hinauf zur Waldeshöh’, [Où me mène un obscur désir,]
Dort löst sich auf in Tränen [De ma peine infinie]
Mein übergroßes Weh’. [Me délivrent mes larmes.]

Lied #16. Die alten, bösen Lieder, [16. Ces maudites chansons du diable,]
Die Träume bös’ und arg, [Ces maudits rêves de malheur,]
Die laßt uns jetzt begraben, [Qu’on les porte aussitôt en terre!]
Holt einen großen Sarg. [Allez chercher un grand cercueil!]

Hinein leg’ ich gar manches, [Car bien des choses j’y mettrai]
Doch sag’ ich noch nicht, was; [- Quoi: vous le saurez tout à l’heure.]
Der Sarg muß sein noch größer, [Et qu’il soit grand, et plus encore]
Wie’s Heidelberger Faß. [Que la tonne de Heidelberg!]

Und holt eine Totenbahre, [Allez donc chercher une bière]
Und Bretter fest und dick; [Faite de planches bien épaisses;]
Auch muß sie sein noch länger, [Qu’elle soit longue, plus encore]
Als wie zu Mainz die Brück’. [Que le fameux pont de Mayence!]

Und holt mir auch zwölf Riesen, [Allez chercher douze colosses,]
Die müssen noch stärker sein [Et qu’ils soient forts, et plus encore]
Als wie der starke Christoph [Que le saint Christophe qui orne]
Im Dom zu Köln am Rhein. [La cathédrale de Cologne!]

Die sollen den Sarg forttragen, [Ils emporteront ce cercueil]
Und senken ins Meer hinab; [Et le jetteront à la mer;]
Denn solchem großen Sarge [A un coffre de cette taille]
Gebührt ein großes Grab. [Il ne faut guère d’autre fosse.]

Wißt ihr, warum der Sarg wohl [Maintenant voulez-vous savoir]
So groß und schwer mag sein? [Pourquoi ce cercueil pèse tant?]
Ich senkt’ auch meine Liebe [C’est parce qu’avec lui je noie]
Und meinen Schmerz hinein. [Mon fol amour et mes souffrances.]

Source de la traduction : Auditorium du Louvre

Mots rêvés

Le langage est l’équivalent pour la bouche vide du rêve pour les yeux fermés.

Pascal Quignard, in Vie secrète, 1998.

Mots lus
Du pouvoir des mots.
Lire Camus et pleurer.
Ce pouvoir est terrible.

Des mots.
De l’importance des mots.
Pourquoi écrire un mot ?
Pourquoi faire un mot ?
Comment se fabrique un mot ?
Comment un mot tisse-t-il un lien entre les êtres ?
Que s’y trouve-t-il en son for intérieur pour qu’il ait ce pouvoir ?

En vous offrant cet extrait quelques mots plus bas, je comptais initialement vous parler de bien des choses.
Parler des sens.
Parler de la lumière.
Parler de la Méditerranée.
Parler des mythes.
Parler des métaphores.
Parler du rythme, du glissement.
Parler du contenu, de la puissance de ce texte.
Tel un cri originel, un cri sourd et primal à la fois, de l’Homme au monde.
De l’Homme révolté par ce qu’il a vu.
Révolté par ce dont ses semblables sont capables.
Révolté par l’horreur de leurs actes qui ont précipité notre monde aux portes d’un enfer.

Finalement, je n’en ferai rien. Laisser parler Camus.
Et le lire en version originale.
Les yeux embrumés.
Sans filtre.

A midi, sur les pentes à demi sableuses et couvertes d’héliotropes comme d’une écume qu’auraient laissée en se retirant les vagues furieuses des derniers jours, je regardais la mer qui, à cette heure, se soulevait à peine d’un mouvement épuisé et je rassasiais les deux soifs qu’on ne peut tromper longtemps sans que l’être se dessèche, je veux dire aimer et admirer.

Car il y a seulement de la malchance à n’être pas aimé : il y a du malheur à ne point aimer. Nous tous, aujourd’hui, mourons de ce malheur. C’est que le sang, les haines décharnent le cœur lui-même ; la longue revendication de la justice épuise l’amour qui pourtant lui a donné naissance. Dans la clameur où nous vivons, l’amour est impossible et la justice ne suffit pas. C’est pourquoi l’Europe hait le jour et ne sait qu’opposer l’injustice à elle-même. Mais pour empêcher que la justice se racornisse, beau fruit orange qui ne contient qu’une pulpe amère et sèche, je redécouvrais à Tipasa qu’il fallait garder intactes en soi une fraîcheur, une source de joie, aimer le jour qui échappe à l’injustice, et retourner au combat avec cette lumière conquise. Je retrouvais ici l’ancienne beauté, un ciel jeune, et je mesurais ma chance, comprenant enfin que dans les pires années de notre folie le souvenir de ce ciel ne m’avait jamais quitté. C’était lui qui pour finir m’avait empêché de désespérer. J’avais toujours su que les ruines de Tipasa étaient plus jeunes que nos chantiers ou nos décombres. Le monde y recommençait tous les jours dans une lumière toujours neuve. Ô lumière ! c’est le cri de tous les personnages placés, dans le drame antique, devant leur destin. Ce recours dernier était aussi le nôtre et je le savais maintenant. Au milieu de l’hiver, j’apprenais enfin qu’il y avait en moi un été invincible.
Albert Camus, in L’Eté, (extrait du Retour à Tipasa), 1952.

Grand concours 2005 des meilleurs mots lus
Le récent espacement de mes notes est propice à un nouveau jeu.
Que dis-je ? Ce n’est pas un jeu… Plutôt un concours.
Ou mieux une anthologie.

Un concours qui prendra plus de temps que d’habitude.
Mais qui fera la part belle aux mots.
Ces mots qui sont si importants pour nous blogueurs. ;o)

Et voilà donc, le « Grand concours 2005 des meilleurs mots lus ».
Cela consiste à publier la page lue que vous avez préférée en cette année 2005.

Règle 1 : Vous devez avoir lu cette page en 2005.
Règle 2 : La longueur doit être significative et former un ensemble. Une page, une demi-page, un tiers de page, un quart de page… A éviter : les citations, les maximes, les phrases isolées.
Règle 3 : La longueur maximale est une page de livre.
Règle 4 : Le style est libre. Cela peut être drôle, émouvant, épique, surréaliste… Cela peut être un essai, un roman, un polar, une poésie, une biographie, une nouvelle historique, etc.
Règle 5 : Ne pas oublier de citer l’auteur et l’ouvrage. Facultatif : vous pouvez commenter, motiver votre choix. Mais le commentaire est facultatif. On peut ne pas avoir envie de d’expliquer pourquoi… Ca se respecte.
Règle 6 : Pour participer, il suffit de m’envoyer par émile vos mots. La boîte de réception est ouverte 24h/24, comme dans les grands hôtels : huuan@yahoo.com.
Règle n°7 : Vous pouvez m’envoyer tout ça à partir d’aujourd’hui et ce jusqu’au 18 novembre 2005. Date jalon : mon blog aura 9 mois ce jour là. Une gestation symbolique. Qu’en sortira-t-il à cette date ? Que mettra au monde mon blog ce jour là ?
Règle n°8 : La forme de publication de vos mots lus n’est pas encore arrêtée. Au fil de l’eau ou un grand lâcher de ballons le 18 novembre 2005 ?
Règle n°0 : Il y aura un cadeau. Symbolique. Un jury sera constitué. Tout cela sera communiqué en temps voulu.

Note : Considérez que mon extrait de Camus de l’Eté est ma participation à ce concours. Ben quoi ? Moi aussi, j’ai le droit de participer pour gagner ce cadeau ! ;o)

Be cool, be open.

UU

19 commentaires sur “MAC 37 (2ère partie) – « Au milieu de l’hiver, j’apprenais qu’il y avait en moi un été invincible » – Grand concours 2005 des meilleurs mots lus

  1. Cher UU,
    Touchée et émue car je retrouve tout ce que j’aime dans cette note et l’hommage à Camus me chavire, moi qui suis allée à Tipaza la stèle qui lui est dédiée à côté des ruines devant un panorama superbe, la mer étincelante,porte cette inscription
    « Je comprends ici ce qu’on appelle gloire, le droit d’aimer sans mesure  »
    Merci pour tes mots très sincèrement…

    Elisanne

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  2. Elisanne>> Ravi que tout ce que j’ai pu écrire (sur la base de ton joli MAC) résonne autant entre nous. Je t’avoue que je ne m’attendais pas à effleurer d’aussi près ce qui te tient tant à coeur. Tant mieux… ;o)

    Ma référence à Tipasa est une coïncidence. A moins que… ;o)

    En tout cas, il y a une telle force, une telle volonté de vie dans ce bouquin de Camus. La belle citation que tu as lue, sur cette stèle à Tipasa, en est encore l’illustration.
    « Aimer sans mesure… » : j’ai envie d’aller à Tipasa pour y apprendre ce secret. Un jour…

    à tous>> Ce n’est pas parce que j’ai déblogué et espacé mes notes que je ne m’enthousiasme pas pour vos MAC !… [y a bien que Bourrique pour croire que je fais la grève… des MAC]

    La galerie des MAC est toujours là et attend votre contribution ! [appel du *pied* à dear Mireille from London, et aussi à Annie Vahiné qui n’ose plus me les envoyer, ses MAC ;o)]

    Bourrique>> Lu ou relu. Les règles ne le précisant pas, tu peux m’envoyer ce que tu veux. Même un scan d’une page de Fluide Glacial [le n° où tu as été en couverture par exemple ;o)].

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  3. Zut alors, j’arrive à peine et obligé de filer chez le médecin. Peux pas te lire au calme . juste écouté 1 lied. Quelle beauté cette note . Bon dieu, c’est bien quand ti t’en vas quelques jours et que tu nous revuens comme ça , habillé en Dimanche !!
    Oh que c’est beau, que c’est bien, je vais y penser sur la route .

    amications zàcesoires.

    db

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  4. Bonsoir à tous

    Je surenchéris sur la note de UU pour vous conseiller très chaleureusement la lecture de L’été de Camus.
    Beaucoup de pépites qui donnent à penser et émeuvent, bousculent, transportent.
    Après avoir fait partager mon émotion à UU, qui m’a fait, en m’offrant ce livre, un inestimable cadeau, j’espère que l’extrait cité par UU saura vous toucher.

    Cela fait bien longtemps que je n’avais pas lu un texte qui m’apparaisse aussi fondamental.
    Peut-être un question d’âge : la trentaine. L’âge d’entrer dans le monde des adultes et ses déconvenues. L’âge où les espoirs et convictions heurtent leurs premiers murs. Et où il faut se relever…ou abdiquer. Je souhaite éviter l’abdication…D’où ce livre qui a fait un bienfaisant écho.

    Beaucoup de passages pleins d’humanité, par un homme qui aime ses semblables en entier (avec leur grandeur et décadence) et la vie et qui tente de toutes ses forces de garder l’espoir et la foi en l’avenir en plein déchirement de 1939-1945. Très beau de voir l’évolution de ses textes avant guerre et après guerre et le recul qu’il prend avec les années qui passent.

    Un texte précieux. Précieux parce qu’on a la chance de suivre concrêtement un grand homme, et le fil de ses pensées dans leurs différentes phases (espoir et enchantement face à la vie, inquiétude puis désespoir, et enfin, renaissance de la vie, sur les ruines…) et au fil des années. Une sorte de séance de travaux pratiques en sorte, sur la vie et ses moments sombres, vue par les yeux d’un homme engagé et optimiste. Ou comment ne pas devenir un homme résigné et aigri ! Ouf, ça peut être utile.
    Bouleversement assuré.

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  5. UU:
    Comment on fabrique un mot ? Mais on les fabrique pas , mon bon – comme dit l’autre à Fernand mondain – Les mots, c’est le silence qui les fabrique . Tout seul. Empêtré qu’il est dans son incapacité à s’autoperpétuer , il lui faut accoucher de l’Autre (le mot)pour renaître à nouveau de cet autre. Et raviver tout autant la couleur de sa robe que la permanence de son arôme.
    Ou la la : y a du vent chez toi : je m’envole.
    Pour sweet Mary:
    Camus ?
    Ma découverte, comme tout un chacun ou presque s’est faite par L’ETRANGER. Une écriture froide.Clinique. Comme exténuée d’avoir trop dit, trop parlé. Une écriture qui va à l’essentiel. Et puis, page je ne sais plus trop combien ( si je trouve je cite sinon je cite pas, hein ? attends : je reviens )J’ai trouvé, page 91 et 92 chez folio : juste après, donc une écriture aussi volontairement clinique, en lame de rasoir : un presque feu d’artifice lyrique.
    « C’était le même éclatement rouge……3 etc etc . Allez : file à ton folio. A ce moment là Camus l’a pas vu mais il s’est mis à peindre. Et pas au couteau !

    Le concours ?
    Il m’intéresse . Pas parce que c’est un concours . M’en fous. J’aimerai bien lire l’anthologie des lecteurs de MONCUUQ.En PDF.
    J’y participerai donc.

    amications pédéheffes et bises poussièresdemer pour Mary
    db

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  6. Quel souffle dans cette note en hommage aux mots qui touchent, réconfortent ou interpellent. Les mots dans tous les sens, sous toutes les formes et dans tous leurs états. On ressort enrichi de ta réfexion profonde ainsi que de celle de Sweet Mary. Je n’ai pas lu ce roman de Camus mais je vous sens tellement bouleversés que je vais le glisser dans ma liste de livres à acheter. Il y a des monuments qui laissent des empreintes indélébiles dans une vie. Quant au concours de mots, pourquoi pas. J’essaierai de trouver quelque chose. Bonne fin de soirée et mon amitié.

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  7. Lu en 2005 ? il ne reste pas beaucoup de temps …. Mais çà m’intéresse, moi qui ai tant de méfiance par peur des mots qui tuent, tant de problèmes à utiliser les mots, les choisir – le bon au bon moment – et mettre le ton – les enrober, les habiller, les associer, les faire chanter, etc.
    Alors, oui, je vais chercher, et …. trouver quelque chose qui m’inspire, m’émeut, me ressemble. Merci à toi UU.

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  8. Dibrazza

    Il est vrai que j’ai lu L’étranger il y a bien longtemps, et franchement, j’avais moyennement aimé.
    Le style de l’Eté (c’est antérieur à l’étranger) est tout différent, d’autant qu’il ne s’agit pas d’un roman, mais d’un recueil d’essais.

    Voila voila pour quelques précisions…

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  9. Seeeeet Mary

    Je suppose que comme moi tu as en premier lieu découvert l’etranger en mileu scolaire .
    Cette découverte là, si c’est le cas( c’était le mien )ne compte pas.
    Il faut lire l’Etranger à partir de la trentaine.
    J’avais 35 ans lorsque j’ai lu ce livre.Je n’en avais aucun souvenir. J’y ai découvert des lignes imprimées aussi tranchantes qu’une lame de rasoir.
    Il faut être un peu fakir pour écrire comme ça.

    Mais bon, si tout le monde aimait la même chose ( baaaaaillement ) on épouserait sa photocopieuse et on aurait beaucoup de petits rakxeroxes : pas spécialement ragoutant.

    J’essaierai l’Eté un de ces jours. C’est noté.

    bises quatresaisonnes

    db

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  10. Très beau texte UU.
    Il faut prendre le temps de le lire, et de le relire, mais le jeu en vaut la chandelle…
    Merci pour ces quelques vers en Allemand (et bravo pour la traduction), qui prouvent que cette langue n’est pas seulement celle des braillements belliqueux et haineux des nazis, mais qu’elle sait également se faire douce et belle.
    Et puisque je parle de jeu, je vais tenter de participer au grand concours 2005 des meilleurs mots lus… tenter car je me souviens toujours des livres dans leur globalité, et ce n’est pas mon fort d’en extraire un passage bien précis!

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  11. UU tu es un vrai grand bonhomme !!
    Superbe ta dédicace à Elisanne et ô combien méritée !!!
    Merci aussi pour ton amical salut chez Ossiane. Je te le renvoie doublement !!
    Le concours est obligatoirement sur un auteur lu en 2005 ?
    Merci,
    Toutes mes amitiés,
    OLIVIER

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  12. cher di Brazza>> J’aime ta réponse sur la fabrication des mots avec le silence. Je reste persuadé que le mot se charge lui même d’un sens que lui donne l’Histoire, ou bien l’histoire de tout un chacun. Avec ou sans silence.
    Le même mot pouvant avoir une charge émotionnelle différente en fonction de celui qui le lit ou l’entend.
    Ne serait-ce que le mot « Avant » par exemple.

    Guess Who>> Fô que je retrouve mes notes. Il me semble difficile à trouver en France, ce Dichterliebe (trouvé sur Amazon.fr mais pas sur Fnac.fr…).

    sehr geehrte franco-teuton suisse>> Je viens de rétablir la vérité. Je ne maîtrise pas tant la langue de Goethe… ;o)
    Ajout de la source de la traduction…

    Olivier>> Merci pour ta joie ! ;o)
    Pour le bouquin, idéalement, ce serait mieux que ce soit lu en 2005. Mais le jUUry est plutôt cool, m’a-t-on dit.

    à tous>> J’ai reçu la 1ère participation hier au Grand concours 2005 des meilleurs mots lus ! Allez y… Ca vient tout juste de commencer ! ;o)

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  13. Moi, « Noces » suivi de « l’été » de Camus, en folio, les premiers folio, je l’ai et relu, jamais je n’ai autant lu et relu un livre, je l’ai mangé, je l’ai bu, je l’ai adoré… et j’ai tout annoté dedans, quasiment tout… il est des livres comme ça qui sont comme des aliments, indispensables à la survie de l’homme…

    Bon, mais quand même, tu nous fais trop travailler Uu!…

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  14. Excellente idée ce concours de mots lus!!! je m’y attèle…
    je vais éviter les extraits du « Guide de la femme enceinte » et de « J’élève mon enfant » 😉

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