Quale calzone ! È bella, no ?

Calzone_milano
Légende : Photo prise à Milan le 31 juillet 2005 – à la terrasse d’une pizzeria traditionnelle (Casio)

J’aime la calzone
Parce qu’elle est différente
Et que ça se voit
Reconnaissable entre mille pizze.

C’est rare que je ne la choisisse pas
Mais je suis souvent déçu
Il faut le dire
Haut et fort.

La pâte doit être bien cuite
La farce doit être bien garnie.
Mais, s’il vous plaît, point trop n’en faut !
Du goût, du goût, du goût…

Sur le chemin de la Toscane
Arrêt à Milano.
Raté pour le shopping fashion.
Ben oui, c’était dimanche. Trop dure, la vie.

Mais quelle merveilleuse rencontre.
C’est simple.
La meilleure calzone de l’Univers.
Rien que ça.

Mais point trop n’en faut.
Rucola [NdT : roquette]
Prosciutto di Parma
Mozarella di Buffala

Parfois la vie, le bonheur ne tient qu’à cela
Une bonne pizza
Et le reste vous importe peu
Ah si… douce Marie était là. ;o)

Steiner_une_certaine_ide_de_leuropeNote complémentaire : L’apparition en force de l’italien [hmm, je suis bien prétentieUUx aujourd’hui ;o)] a été quelque peu suscitée par cette phrase, cette pépite, trouvée cachée au beau milieu d’un court ouvrage de Georges Steiner, dont je viens d’achever la lecture. Voici ce qu’il dit. A méditer. Veiller tout de même à ne pas léviter si vous êtes en appartement. Cela provoquerait une douleur crânienne indésirable.

« Le génie de l’Europe, c’est ce que William Blake aurait appelé « le caractère sacré du détail infime ». C’est celui de la diversité linguistique, culturelle et sociale, d’une mosaïque prodigue qui fait souvent, d’une vingtaine de kilomètres, une division entre deux mondes. (…) Chaque langue contient, articule et transmet non seulement une charge unique de mémoire vécue, mais encore une énergie élaboratrice de ses temps futurs, une potentialité pour demain. La mort d’une langue est irréparable, elle diminue les possibilités de l’homme. »

Illustration in situ de la division entre deux mondes, milanese et napolitano : En 2002, lorsque nous fûmes à Napoli, ma douce Marie et moi, nous assistâmes à une projection impromptue de cinéma en plein air, sur une des collines surplombant le golfe, entre le Vésuve et Capri. Ce film, j’ai oublié son nom, était en italien non sous-titré. Ce dont je me souviens, c’est la trame dramatique : Un couple napolitain fêtait l’heureux événement de la naissance de leur fille. Mais ils déchantèrent rapidement car au fur et à mesure que les années passaient, ils se rendirent compte que leur bambina parlait italien avec l’accent milanais, avait une préférence marquée pour la pâtisserie également de Milan, ainsi que ses escalopes de veau. Le drame familial napolitain par excellence… ;o) L’audience autour de nous, à 99% acquise à la cause napolitaine, se tapait littéralement la rate par terre. Tous écroulés de rire. Et nous avec, finalement.

Be cool, be open.

UU

ps : Lisez le bouquin de Georges Steiner (Une certaine idée de l’Europe, Actes Sud). Ca vous prendra deux heures et vous serez époustouflés. Une superbe vision apolitisée de l’Europe, celle qu’il faudrait mettre dans les rêves de toutes les petites têtes blondes européennes, en particulier en France. Une Europe pour laquelle on a envie de voter.

23 commentaires sur “Quale calzone ! È bella, no ?

  1. Comme c’est magnifiquement ecrit ! comme j’ai envie d’y emmener mon mari, comme j’ai envie de lui « donner » une culture, de l’Italie mais aussi de l’Europe, autre que politicienne.
    Une fois encore la magie a opere. Merci.

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  2. Là, tu attaques fort. Un championnat Naples-Milan…. Et çà n’a pas saigné ?
    Les calzone ? sublime, divin. Mais surtout si : goûteux, odorant, moelleux à l’intérieur, et avec une pâte bien cuite, c’est essentiel.
    En résumé, c’est bon si c’est bien fait, avec un petit Chianti rafraichi, des lumières de tomber du jour, un soupçon de musique dans le lointain et une douce compagnie. Souvenirs de vacances, n’est-ce pas ???

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  3. Bon, ok pour pour toute l’Italie, la mozzarella buffallo, Rome et le petit salé, la levure sur l’huile d’olive et l’origan, les larmes du chianti sur les volcans du sud, mais s’il vous plait, pas autant de jambon !
    C’est quoi LLEGRINO ?

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  4. à Toutes et Tous>> Ben *chat* alors… Je ne pensais pas susciter un tel enthousiasme avec ma calzone. Ravi de voir que la calzone vous a donné des envies ;o)

    dear Mireille from Wimbledon>> Thank you dear… A sudden blush on my cheeks… ;o)

    Clem>> Oui, il faut être exigeant. Pour le développement durable de la bonne calzone à domicile. C’est quand la manif’ ?

    Jlhuss>> Ah le jour où j’ai découvert les lentilles pas en boîte qui n’avait pas le goût de celle de la cantine de mon lycée… C’était remarquable aussi. Ok, je valide le petit salé aux *vrais* lentilles.

    Annie-Claude>> pour te répondre, j’ai ajouté la légende à la photo.

    holoturie>> Llegrino… C’est de l’eau bénite pétillante. De l’eau de pèlerin. De notre pèlerinage en Italie. ;o)

    ckck>> euh comment te le dire sans que tu baves… Ce fut bon, très bon, remarquable, excellent, succulent, terriblement gourmand. Est-ce plus clair avec cette ultime précision ? ;o)

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  5. Raaaahh, nooon, c’est pas çaaaa: ce n’est pas « la mort d’une langue, qui est irréparable (et qui)diminue les possibilités de l’homme», c’est, derrière, la mort de la culture qu’elle portaaaiiit. La « disparition » de la langue bretonne n’est rien en soi, mais on a perdu toutes les « possibilités que portait en elle la culture bretonne. Scrogneugneu…:)

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  6. Ouille, spécialiste de la sémantique disjonctive : Mon extrait semble pourtant être en accord avec ton propos. On parle, au delà de la langue, de « charge unique de mémoire vécue ». On peut aussi appeler ça, la culture.
    Dans le cadre d’une réflexion sur la transmission d’une culture à ses enfants (notamment viêtnamienne), cela passe, je crois, par l’apprentissage de la langue. Bcp de choses non écrites passe par ce savoir oral non formalisé, non conscient. Je le parle encore (le viêtnamien) mais mal. Mais j’ai pu comprendre grâce à cela des choses auxquelles je n’aurai jamais pu avoir accès en lisant tous les livres du monde : des souvenirs familiaux, des « détails infimes »…
    On est d’accord ou pas, alors ? ;o)

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  7. Je suis plutôt d’accord avec toi UU. Tu es sans doute très concerné par le sujet car même si tu vis en France, tu as forcément des attaches linguistiques très fortes ne serait-ce que par tes parents. Pour moi, une langue représente la diversité d’un pays et d’un peuple avec toutes ses sensibilités, accents et traditions. Elle reflète également l’évolution d’un pays à travers le temps. Quand on transmet une langue, on transmet tout un patrimoine. Mais peut-être parlais-tu davantage de la culture orale transmise par tes parents. Et dans ce cas, la voix avec toutes ses subtilités joue aussi un grand rôle pour faire passer des choses « infimes ». Bonne journée.

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  8. J’ai jamais vu une Calzone comme celle là!!!! Désolé de ne pas apporter ma contribution au débat, certes plus intéressant sur le language et la culture, mais ventre affamé n’a pas de cervelle… et là avec ta pizza tu m’as affamé!!!!

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  9. Ossiane>> Je parlais des deux cultures, celle d’un pays mais aussi celle d’une famille. C’est donc bien vu… ;o)

    Djamel teuton>> Mais moi non plus, je n’en avais jamais vu des comme ça ! Même que je me rappelle que nos voisins de table (une famille de 4) se sont retournés une bonne dizaine de fois pour admirer nos Calzone, jaloux qu’ils étaient de ne pas l’avoir su avant…

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  10. UU>> On est bien d’accord, juste que la dernière phrase de Steiner est un peu trop….un raccourci. Mais je chipotte, je chipotte…C’était pour faire avancer le Schmilblick 🙂
    A propos de CULture, « quale calzon » tu portes aujourd’hui ? /°° Ouais, je sais, humour Crétinois, seule trace dévoyée de feu la culture crétoise 🙂 (à moins que ce soit celle de Créteil ?)

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  11. UU>> Che chai pas, on ne nous a pas présenté, et ch’crois qu’il a été réchamment inchinéré (Hi hi hi, on pêche par où on a péché, comme dichent les crétinois…)

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  12. Ouille>> « Calzon » c’est intime ces choses là. Je ne répondrais pas, par respect du modérateUUr.
    Par contre, cherches sur Meetic.com : tu le trouveras peut-être par là, le Prométhée. Il a le feu actuellement… ;o)

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  13. Impressionnante…et délicieuse !
    UU ne vous a pas dit que c’était une pizzeria plus ou moins bio/produits du terroir (et oui, ça existe !).
    Du coup, je vous dis pas le goût de la mozza di buffalla, de la roquette et du jambon ! Tout juste si on n’a pas lêché l’assiette (et non pas l’écran, ck) et autant vous dire que l’assiette n’a pas été pleine longtemps !

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  14. Une belle citation de Georges Steiner, qui fait réfléchir, et qui est profondément vraie. l’Europe, finalement, c’est la richesse de la mosaïque : il faut être loin pour la voir. Ce pour quoi les nonistes ont voté sans savoir. Dommage.

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  15. Argoul>> Merci de partager ta réflexion. J’ai en effet comme une certaine angoisse quant à l’avenir européen qui dépasse (malheureusement) ce vote noniste. Comme la perte d’un rêve européen qui ne fait plus rêver.
    C’est pour ça que je me pose la question de quel beau projet unificateur européen peut-on bien leur mettre dans la tête des gamins d’aujourd’hui. La génération actuelle au pouvoir a comme qui dirait eu un désenchantement européen qui n’augure rien de très rassurant…

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