Luberon – 3ème promenade : le TOUCHER

C’est à une promenade bien particulière que je vous invite aujourd’hui, toujours dans le Luberon. Après la vue et l’ouïe, c’est maintenant au tour du toucher, bien que le blog ne permette pas, encore, une matérialisation physique des choses.

Mais cela nous aurait été de toute manière inutile car ce que nous allons toucher du doigt est bien insaisissable… Le Mistral, non, ne se capture pas. Et pourtant, il est si palpable certains jours de l’année. Ce vent, par sa puissance et sa droiture, est la quintessence même de la liberté, traçant son chemin par monts et par vaux, sillonnant entre les silhouettes des arbres, de tous les arbres !… Un nom définitivement inséparable de la Provence.

C’en est presque devenu une connaissance intime tellement il nous a entourés, soufflés, bousculés ou tout juste caressés sur les sentiers des Monts de Vaucluse ou dans le Luberon. On l’a aimé sous le soleil des mois d’Août, mais on l’a aussi haï, de toutes nos forces, quand il jouait à redoubler la force des orages du mois de Mai qui nous transperçaient de toutes parts sur les hauts plateaux du pays de Sault.

Lisez l’extrait ci-dessous du guide de François et Claude Morenas. Vous serez sûrement envoûtés, vous aussi, par sa force.

Be cool, be open.

UU

Luberon – 3ème promenade : le TOUCHER
Luberonmorenas_2[‘Le promontoire des hautes plaines’, extraits, in Découverte du Luberon – guide écrit par François et Claude Morenas depuis le début des années 60 et sans cesse mis à jour depuis]

Luberontoucher_cornicheA 3 km 500, vous êtes sur la crête et vous trouvez le GR6 au Bastidon du Pradon. Buis, thym, lapiez… Aujourd’hui les cavales sont échevelées sur les crêtes, le mistral sauvage mène un train d’enfer et ce ne sont pas les quelques buissons coriaces qui feront écran. Les nuages s’effilochent au dessus de l’étang de Berre au loin, phosphorescente tache de lumière. Les montages sont transparentes, d’un bleu noyé, léger, de plus en plus diaphane. Les courbes se chevauchent, meurent en vagues et se dissolvent. Il est presque impossible de se tenir debout. Il faut s’arc-bouter, donner de l’épaule contre la formidable poussée qui vous déporte et vous emporte. Plus rien ne compte que ce souffle puissant dont chaque accalmie, l’espace d’un instant, redouble la tempête. Cette fureur convient au paysage limpide et démesuré, comme une dimension de grandiose.

Luberontoucher_corniche3S’avancer sur le promontoire qui se prolonge au dessus des vallons de Roumiguié et de l’Aigado, comme une presqu’île sur l’océan en bataille. Les récifs des montagnes tourmentées forment un cirque qui se referme derrière vous. Tout est excessif, emporté, violent, brutal. Malmené, taraudé, bousculé, on marche sans oser s’aventurer au bord de la falaise, à-pic vertigineux, dangereux aujourd’hui. Yeuses, filarias, cistes, rouvet, genêt de Villars, brachypodes, en îlots dispersés. La Durance, Sainte Victoire, les Alpilles, la mer. Avant l’extrême pointe de cette proue, un passage fait brèche dans le biais de la falaise que l’on dévale rapidement en petits lacets pentus et l’on perd vite de l’altitude. Après hurle-vent, c’est la pause.

10 commentaires sur “Luberon – 3ème promenade : le TOUCHER

  1. Là où le bât blesse c’est quand je lis la liste des oplantes méditerranéennes. Si je n’ai pas ma « botaniste préférée » à mes côtés, je suis dans l’impossibilité de « nommer » une seule plante, hormis les 5 ou 6 premières au hit parade.
    C’est une vraie tare . Je n’ai jamais rien fait de sérieux pour y remédier.
    Va falloir que je me soigne.
    Pour l’Ouïe c’est fait.
    Enfin, je croyais . Moi j »avais voté Ouïe et c’est le non qui est passé.
    Nota : quelque part dans libé un petit filet sur « le chant des dunes ».

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  2. Ben ouïe – pareil… ;o)

    Je m’étais fait cette même remarque de tare de naissance qu’est la mauvaise connaissance botanique.
    Alors, depuis 4 ans, on fait nos randonnées avec un bouquin sur la flore du Luberon.
    Et la découverte la plus émouvante grâce à ce livre a été (par hasard, au pied de notre nappe de pique nique) une orchidée naine qui pousse dans quelque recoin du petit Luberon. Superbe et tellement délicate.
    Et puis on s’est aussi procuré celui sur la faune. Tant qu’à faire. Et on a reconnu in situ le grand corbeau, peut-être l’aigle de Bonelli mézonépassursurkecélui, une couleuvre de Montpellier, etc.

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  3. Ben alors, z’êtes bien érudits, vous tous, nasske moi, quand je me promène, je n’ai pas envie de me confronter avec mon inculture crasse.
    Alors je zieute, je hume et pppffffrrruuuuiiiiiiitttt, je savoure.

    Je sais juste reconnaître les morilles mais c’est parce que je suis gourmande!

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  4. De belles lectures bucoliques avant un week end à Francfort… Nous avons toutefois ici un très grand jardin botanique qui me permettra certainement de progresser aussi en la matière. Ce week end le « Rosen und Lichtfest » y est justement organisé Le principe est simple, le parc est ouvert toute la nuit et chacun vient pour y pic niquer avec des bougies chauffe-plats qu’il dispose à même le sol et allume la nuit tombée… Le parc est alors illuminé par ces milliers de loupiotes et c’est réellement magique !
    Merci pour ces instants d’évasion cher UU… vite la suite !!!

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  5. je viens de faire ma balade dans le pays du toucher, j’ai caressé les pierres, les herbes folles, me suis penchée sur l’orchidée naine, senti le vent dans mes cheveux, je ferme les yeux, je suis dans le Lubéron…
    (en lisant le commentaire de Dibrazza, un jour j’ai fait un texte poétique sur le thème « J’ai entendu une dune chanter »
    bonne journée à tous…

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  6. ludecrit>> Quel est le lien à ta note éponyme (chant des dunes…) ? ;o)

    dibrazza>> Merci bienveillant dibrazza pour le lien à Libé !

    Tous>> Le voici le surprenant article sur le chant des dunes, tiré du Libé online du 9 juin 2005, mélangeant physique de l’acoustique et poésie lyrique. ;o)

    ***

    Questions à… Stéphane Douady, professeur de physique à l’Ecole normale supérieure En bougeant, le sable dunaire chante. Le plus musical, couleur rouille, se trouve au Maroc.
    Pourquoi les dunes chantent-elles?

    Par Frédéric FAURE
    jeudi 09 juin 2005 (Liberation – 06:00)

    Ce type de chant apparaît lors d’une avalanche de sable assez grande sur le flanc d’une dune. C’est un son envoûtant, puissant, de basse fréquence et monotone. Il se produit lors du mouvement à l’unisson des grains de sable dans l’avalanche. Les grains, en coulant, passent les uns par-dessus les autres, comme à saute-mouton, avec une certaine fréquence. Ils se mettent à bouger parfaitement en même temps ; et la couche de sable se dilate et se contracte donc avec régularité. Ainsi, elle émet le son exactement comme la membrane d’un haut-parleur, qui avance et recule dans l’air. Lors de la contraction, tous les grains s’entrechoquent également au même moment et cela produit une onde sismique, que l’on ressent très bien dans les pieds, même de loin. Reste alors à savoir pourquoi ces grains-là se mettent à marcher au pas, et non à couler anarchiquement, comme dans une avalanche «normale»… Une explication, encore à l’étude, parle d’une sorte d’autosynchronisation des grains qui s’accorderaient sur leur propre écho, un peu comme les lucioles qui se mettent à flasher toutes en même temps. Le caractère musical de ces sables correspondrait à la transmission particulière du son dans les grains.

    Le phénomène s’applique-t-il à tout type de dunes ?

    En réalité, toutes les dunes ne chantent pas, loin de là. Même celles qui chantent le font plus ou moins facilement. Il existe toutes sortes de cantatrices : en forme de croissant (barkhane) ou d’étoile, mais aussi linéaires ou sinueuses. Le long de falaises, on trouve même de simples dépôts de sable qui chantent. De toute façon, outre le caractère musical du sable, de grandes pentes sont nécessaires pour faire de belles avalanches…

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  7. C’est très modeste, ludecrit. Parce que c’est plutôt joli ce que tu as écris sur les dunes. Et encore, c’est un euphémisme !
    [On exclut ici les politesses de circonstances. J’écris ce que je pense, enfin ce que je ressens.]

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  8. merci ,je m’exprime également de manière spontanée
    en fait, je trouve que les deux textes se rejoignent de manière fort différente, l’un scientifique,l’autre romantique pour exprimer la même chose
    entendre une dune chanter…

    bonne fin d’après-midi

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  9. Bonjour,
    le chant des dunes ou de certaines, a t-il pu servir pour la méditation, pour soigner, apaiser, dynamiser. Dans l’affirmative, quels populations l’utilise à cette fin ?
    Est-ce envisageable ? ,
    Merci beaucoup .

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